reçu le nom de Catina, à cause de sonpeu d’importance. D’après ces histo-riens, caton, en langue phénicienne,signifie petite. Les avantages de laposition de cette ville, située sur ungolfe qui formait, dans l’origine , unport commode au centre des côtesorientales de la Sicile , près du Syme-thus, le fleuve le plus considérable del’île, et la fertilité des campagnes en-vironnantes devaient compenser riche-ment la crainte qu’inspirait ce vol-can. Les éruptions étaient très-raresalors, puisque l’on compte plus de huitcents ans entre la première rapportée àl’époque de la fondation d’Athènes , etla seconde qui, selon Thucydide , eutlieu vers la soixante-treizième olym-piade , c’est-à-dire sept cent soixante-dix environ avant Jésus-Christ . LesChalcidiens furent chassés de cette villepar Phalaris d’Agrigente. Ce nom seulrappelle la plus atroce tyrannie ! Gé-lon, à la mort de ce monstre, s’en ren-dit maître, y envoya une colonie , et,voulant détruire jusqu’au nom de Ca- ;lina, lui substitua celui d’Ætna qu’elleconserva peu de temps. Par suite des :victoires de Ducetius, roi des Sycules, ^les anciens liabitans de Catane retour-nèrent dans leur ville, et formèrent un ^nouveau corps de peuple. C’est à cette .époque qu’eut lieu la célèbre et mal- 'heureuse expédition des Athéniens enSicile : ils pénétrèrent dans Catane , r.grâce à la réputation d’éloquence d’Al-cibiade. Celui-ci, s’étant rendu auj^théâtre pour haranguer le peuple,j*toute la ville s’y porta en foule. Thu-^1cydide rapporte que les gardes même*,abandonnèrent leurs postes pour venir ^écouter l’élève de Socrate. Nicias , pro- kfilant de cette circonstance, fit avancer tsa flotte et s’empara de la place. Denis 'll’ancien, ayant traité avec Carthage et ~apaisé les séditions de Syracuse , fit ~N.
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laconquétede trois villeschalcidiennes,Naxos , Léontium et Catina. Plus tard,Mamercus le tragique, aussi mauvaiscitoyen que poëte médiocre, osaasservirsa patrie, qui ne dut sa liberté qu’à Ti-moléon, le vengeur des droits des peu-ples. Depuis cette heureuse époque,elle se gouverna par ses propres lois,jusqu’à l’arrivée des Romains, l’an de .Rome 549. Yalerius Messala , au nom-bre des dépouilles qu’il emporta decette ville, envoya à Rome une horlogesolaire qui fut placée prés de la colonnerostrale, et fit long-temps l’admirationd u pe uple-roi. Ma rcell us,j al oux de faireoublier aux Siciliens le pillage de Syra-cuse , bâtit à Catane un gymnase dignepar sa magnificence de la réputation dufondateur. Cette ville n’échappa ni àl’avidité de Verrès, ni aux dévastationsde Sextus Pompée ; mais Auguste re-leva ses murs et y envoya une coloniequi, jusqu’au temps de Théodose , futune des plus florissantes de la Sicile .Depuis la mort de ce prince, Catane devint une arène sans cesse ouverteaux Grecs du moyen-âge, aux Sarra-sins et aux Normands. En 1169, unviolent tremblement de terre la ren-versa sans laisser une seule maison.Quinze mille habitans y périrent.Guillaume le Bon la fit reconstruire,mais le cruel Henri VI la détruisit pres-que entièrement, et passa au fil del’épée tous les habitans soupçonnés d’a-voir tramé contre son autorité. Unerévolte plus réelle lui attira le mêmechâtiment sous l’empereur FrédéricBarberousse , digne fils de Henri. Lapeste qui ravagea toute la Sicile eni 348 dépeupla cette malheureuse cité.Enfin, en 1669, elle avait repris toutson premier éclat, lorsqu’un immensefleuve de feu, sorti des flancs entr’ou-verts de l’Etna , dévora les campagnesvoisines , et, s’étendant sur une surface