CÀTANJE.
mais uni à celui de Catanc, un liommeà qui l’antiquité eût élevé des statues,sinon des autels, véritable ami dessciences etdes lettres, protecteur éclairédes arts, et, ce qui est mieux encore,le bienfaiteur, le père de ses conci-toyens, don Ignazio de Palernù, princede Biscari , découvrit ces précieux res-tes et consacra sa vie entière à tirer Ca-tane de ses ruines. Sans lui, peut-êtreignorerai t-on encore l’existence du tem-ple de Cérès, dont parle Cicéron , en re-prochant àVerrès d’avoir enlevé de nuitla statue de la déesse, profanant ainsi cesanctuaire qui n’était ouvert qu’auxvierges et aux matrones. C’est encore àce savant infatigable que l’on est rede-vable de la découverte du laconicunqde l’bypocaustum, du sudatorium, etd’autres salles, des thermes, des aqué-ducs, de la basilique, du forum, dessépultures publiques et d’un grandnombre de bains particuliers et de ci-ternes, que son génie savait découvrirsous les masses de laves et de terre quiles cachaient. Enfin il ne laissait échap-per aucun fragment, aucune pierre quipût attester l’antique splendeur de sapatrie, employant avec libéralité sonimmense fortune à ces curieuses inves-tigations. Le monument le plus pré-cieux qu’il ait laissé est assurément leriche musée recueilli par ses soins etsa longue persévérance ; collection quipeut soutenir avantageusement la com-paraison avec les plus belles du genre.Les anLiques ne sont pas les seuls ob-jets qu’il ait rassemblés; on voit chezlui un beau cabineL de physique et unautre d’histoire naturelle.
La moderne Catane s’élève sur lescombles des anciens édifices : ce n’estpas sans raison qu’on en a comparé lasituation à celle de Portici . Les mursen furent construits par Charles v .Les monumens publics offrent une
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sotte profusion d’ornemens de mauvaisgoût, qui font regretter la noble sim-plicité des édifices antiques. On y re-marque deux places principales; l’unecarrée (PI. ioo), est entourée de por-tiques et de monumens publics , parmilesquels on distingue le palais de l’uni-versité, fondé en 44°, par Alphonse v,roi d’Arragon et de Sicile . La seconde(PI. 100), moins régulière, est plusvaste et plus magnifique. Au centres’élève une belle fontaine de marbreblanc surmonté d’un obélisque de for-me octaèdre, ce qui est assez rare, etsupportée par un éléphant de lave d'untravail moderne. Je ne pense pas non]dus que l’obélisque soit d’une anti-quité bien reculée ; on croit néanmoinsqu’il ornait la spina du cirque décou-vert en 1820,mais dont on a été obligéd’abandonner les fouilles commencées,à cause des dépenses exorbitantesqu’elles nécessitaient.
On ne peut passer sous silence lecouvent des Bénédictins , construitvers le milieu du siècle passé, sur lesdessins de Contini. La richesse de cevaste monument et la noblesse de sonescalier de marbre le placent au rangdes plus beaux monastères de l’ordrede Saint-Benoît , le plus riche commeon sait de toutes les communautés reli-gieuses. On y admire l’orgue de l’église,chef-d’œuvre d’un modeste prêtre ca-labrais, qui demanda pour seul ré-compense d’être enseveli au pied deson ouvrage: belle pensée, qui peintbien tout l’amour que l’artiste mit àson œuvre ! La bibliothèque, le muséed’antiques et d’histoire naturelle, mé-ritent d’être visités avec attention.L’université possède aussi de bellescollections, et en outre un médaillerprécieux. Ces musées publics ne sontpas les seuls de la ville ; plusieursmaisons particulières sont riches dans