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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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ce genre. Je ne citerai que les baronsRécupero et Gioeni. Dans aucune villede Sicile , la passion des lettres et dessciences n’est aussi vive qu’ici. L’acadé-mie, dont les principaux travaux ontpour but l’histoire de la nature, jouitd’une réputation qu’en langue du jouron nommerait européenne. On compteà Catane de cinquante à soixante millebabitans. Le commerce et l’industriey fleurissent, surtout les manufacturesdé soie et d’ambre dont l’exportationaugmente chaque jour. Capitale de laprovince qui porte son nom, riche enmonumens, en églises somptueuses ,en musées, bibliothèques, académies,siège d’un évêché et d’une université ,c’est à juste titre qu’on la regardecomme la troisième ville de Sicile , sion ne la place au second rang.

Depuis mon arrivée à Catane , lescirocco , vent du sud-est, avait amon-celé sur l’Etna une masse de nuagesqui en cachait la cime. Enfin, un orageéclata, fut suivi d’une averse abon-dante, et je pus apercevoir ce montcolossal dans toute sa majesté, et espé-rer de jouir d’un spectacle que je mepromettais depuis bien long-temps.Un matin, profitant d’un ciel favora-ble, je partis de Catane vers dix heu-res, n’ayant pu trouver plus tôt unguide et des mulets. Dès ma sortie dela Ville, je fus frappé des eflèts ef-frayans de la lave de 166g : souventelle s’étend sur une largeur de troislieues, et couvre une étendue plusgrande que tout Paris ensemble. Elleavait dévoré les faubourgs, franchi lesmurailles dans les endroits bas , et lesavait tournées , compie un général ha-bile, lorsqu’elles étaient plus élevées.On attribue ce phénomène à la colonned air, qui se trouve comprise entre lesmurs élevés de Catane , et forme unremparl contre l’invasion de ce fleuve

de feu. Cet effet est fréquent : l’églisedelà Torre del Greco , au pied du Vé-suve , et d’autres édifices, en présententdes exemples que le fanatisme a sou-vent exploité au détriment de la crédu-lité populaire. A quelque ^stance de lal'oute qui conduit à Messine , on atteintun immense lit de lave qui occupel’ancien port d’Ulysse, qui ne pourraitaujourd’hui offrir un abri au moindrebâtiment. Jusqu’à Nicolosi , la campa-gne bien cultivée est parsemée de vil-lages et d’habitations nombreuses,agréablement situées en amphithéâtre.Nulle part, même dans la Campanie ,la fertilité ne m’avait présenté tant derichesses. Nous aperçûmes, dans ladirection de Nicolosi , un cratère dontle double sommet me rappela le Vé-suve . C’est le monte Jîosso , produitpar l’éruption de 1669, qui dura qua-tre mois. De ce gouflre sortit cet océanembrasé qui détruisit Catane . Lesrouges scories dont ses flancs sont cou-verts l’ont fait nommer ainsi. Ce nou-veau volcan épouvante encore,par seséruptions, les trois mille babitans deNicolosi qui vivent au pied. On comptequatre lieues de Catane à ce bourg ;nous avions mis trois heures et demiepour les faire : aussitôt après un mo-deste dîner, ayant pris de nouvellesmontures, nous nous remîmes en route.Nicolosi est le dernier point de larégion inférieure de l’Etna . Les gensdu pays en distinguent trois de Ca-tane au sommet du volcan : ils nom-ment celle-ci reggione coltwata , Nousentrâmes ensuite dans la région boiséenemorosa , séparée de la première parune petite plaine de sable, ou plutôtde cendres vomies du monte Jîossoqu’on laisse à gauche. La pluie abon-dante de la veille avait rendu ce che-min fort agréable, et nous quittâmesà regret ce sable pour traverser un