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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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n’y pouvais croire. Je voyais, dansune eau trouble, presque bourbeuse ,qui s’échappe de conduits dégradés,quatre à cinq lavandières plus noiresque leurs sales haillons, barbotant, etjetant sur nous des regards hébétés , àtravers de longues mèches de cheveuxqui leurinondaientlevisage.Bicn triste,je m’en fus en murmurant ce vers dePétrarque :

Yedova sconsolata in vesta negra.

Olu veuve inconsolable en noirs habits de deuil !

Son Alphée avait disparu. Ne cher-chez plus ces amans qui mêlaient lesbaisers de leurs ondes pures. Incor-ruptarum miscentes oscula aquarum,

( Ausone. )

Ce début m’avait découragé ; je visi-tai pourtant la cathédrale dédiée à laVierge. C’est l’ancien temple de Mi-nerve, presque aussi méconnaissable.J’allai voir des fragmens de l’enceintede Tychè , le théâtre dont l’aspectpittoresque mérite seul la visite del’étranger, tant les siècles et les maçonsde Charles-Quint ont dégradé ce mo-nument si célèbre par les triomphes deTimoléon. Mais sous Charles, la Si-cile comprenait - elle Timoléon ? Onprétend que l’on voit encore les tracesde dix-huit portes de l’ancienne Syra-cuse : je n’ai pas été si heureux de lesapercevoir. Il faut avouer qu’il y a desarchéologues merveilleusement doués :c’est ainsi, par exemple, que celui quim’accompagne n’hésite pas à recon-naître , dans un mauvais foSsé circu-laire qui entoure un terLre de vingtpieds carrés, les circonvallations quidéfendaient le palais de Denys.

Ici, comme à Pompeï , comme àIlerculanum, c’est dans le fond de laterre qu’il faut chercher les vestiges dela vieille cité. Des aquéducs souter-rains, souvent à trois étages, parcou-

rent cette ville et la partagent en desramifications nombreuses qui portaientl’eau dans les différentes rues. Mais leslatomies « les carrières » sont ce quisurprend davantage. Ainsi que Paris ,Rome et Naples sont sorties de leurscatacombes, Syracuse est sortie de seslatomies. « Admirable ouvrage des» rois et des tyrans, » dit Cicéron aprèsles avoir visitées, « profondeurs im-» menses creusées dans le rocher par» des bras innombrables. Vainement» on voudrait imaginer une enceinte» plus escarpée, plus sure, et mieux» gardée. » Un autre passage des Ver-rines : Càrcer ille qui est a crudelis-simo tyranno Dionysio factus Syracu-sîs quai Latomiœ vocantur , nous indi-que l’usage véritable de ces carrièrestransformées en prison. Là périrentdes milliers d’Athéniens , malheureuxrestes de l’expédition de Nicias . Une deces carrières, car on en compte jusqu’àdouze répandues dans Acradine Nea-polis et Tychè , porte encore le nomde latomie du philosophe, de Pliy-loxène, dont la noble franchise osabraver dans le tyran l’amour-propredu poëte. Qui ne connaît ce mot :qu’on me ramène aux carrières ! Cesvastes excavations, la plupart à cieldécouvert, ont souvent cent cinquantepieds de profondeur, et s’étendent àplusieurs milles. On y voit de distanceen distance des masses perpendiculai-res , isolées, telles que de hautes tours.A droite et à gauche, sont d’autrescavités en forme dè grottes, dont lacoupe conique se termine en pancoupé, et quelquefois en arête^ tellesque l’oreille de Denys (PI. ioi). Leslatomies ayant été disposées poury ren-fermer des prisonniers^ on fut obligéd’y conduire des eaux : plusieurs res-tes d’aquéducs subsistent encore ; on amême cru voir des instrumens de tor-