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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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SYRACUSE . 3o3

347 avant Jésus-Christ , il parvint àreconquérir sa puissance, qu’il ne gardacependant que deux ans : Timoléon , àla tête des Corinthiens , alliés fidèlesde leur colonie, chassèrent Denyspour toujours. Forcé d’abandonner sestrésors, il vint exercer sur les enfans deCorinthe la tyrannie qu’il ne pouvaitplus exercer sur des hommes. Syracuse jouit pendant vingt ans de la liberté,jusqu’à ce qu’Agalhocle, sorti de l’ob-scurité comme les Denys, vint enchérirsur la tyrannie de ces derniers. A samort, cette ville respira quelque tempssous le règne de Iliéron II. L’allianceque ce prince avait contractée avec lesRomains mettait Syracuse à l’abri dela cupidité de ces conquérans ; mal-heureusement Epicyde et Hippocrate,ses successeurs , moins prudens quelui, préférèrent l’amitié de Carthage ,eL furent cause de la ruine totale de leurpatrie.

Claudius Marcellus fut choisi parle sénat pour châtier l’alliée infidèle.Depuis trois ans entiers , le génieseul d’Archimède opposait une bar-rière aux légions romaines ; lors-qu’unenuit, les Syracusainscélébrantles mystères de Diane, leur divinitéprotectrice , les assiégeans, qui entre-tenaient des intelligences dans la place,profilèrent de la négligence des gardeset s’emparèrent de la ville qui fut, pen-dant trois jours, abandonnée à la ragedu vainqueur. Rome , embellie de sesdépouilles, conserva Syracuse sous sapuissance jusqu’à l’invasion des barba-res. Au démembrement de l’empire, laSicile fit partie de l’empire d’Occident :elle en suivit la fortune. Justinien lareprit aux Vandales ; les Sarrasins auxempereurs grecs ; enfin, à l’époque dela fondation de la dynastie normande,elle forma un nouveau corps de nationindépendante. L’histoire de Syracuse N.

n’a cessé, depuis ce temps, d’être liéeà celle de Sicile .

J’arrivai à Syracuse vers six heuresdu soir; mes yeux cherchaient vaine-ment sur la côte les restes de cette ville,jadis si imposante : ils n’aperçurentque la triste Sirausa sortant de la mersemblable à un sarcophage immense ,au milieu d’une ceinture de bastions,ouvrage de Charles V , bien plus me-naçant que terrible. Peu de villesprésentent d’abord moins de vestigesde leur grandeur passée. A cela prèsdu théâtre, de l’amphithéâtre , et d’unpetit nombre de colonnes bien frustes,ses ruines ne sont plus que poussière ;les fragmens mêmes ont disparu. Apeine quelques ornières creusées parles chars indiquent-elles de loin enloin la trace des rues où se pressait lafoule des liabitans d’une ville qui fitcouler les larmes du vainqueur.

Sicanio prætenta sinu jacct insula contraPiemmyrium undosum ; nomen dixere prioresOrtygiam. Aîphæum fama est hue Elidis amnemOccultas cgisse vias subter mare; qui riuncOre, Arethusa , tuo Siculis confunditur undis.

Æneid. , liv. m.

En face de Plemmyre assailli par les mers,

Une Hc est élevée au sein des flots amers:

Orlygie est le nom qu'elle eut aux premiers âges;

Ce nom lui reste encor. C’est sur ces beaux rivagesQti’Alphée, amant fidèle et voyageur heureux,

Suivant secrètement son penchant amoureux,

Et, quittant sans regrets l’Elîde sa patrie,

Sc glissait sous les eaux vers sa nymphe chérie:

Tous deux au même lit murmuraient leurs amours;

Tous deux dans la meme onde allaient finir leurs cours.Leurs berceaux sont divers; leurs tombeaux sont les memes.

Trad. de Delille.

Je savais qu’Aréthuse était bienchangée , la beauté même des nymphesest si passagère! Je voulus pourtantque ma première visite fût pour elle.•Mon guide me dirigea à travers desrues sales, à l’extrémité méridionalede l’île, sur les bords d’un cloaque in-fect. C’est là, me dit-il. —Où donc?.— Ici même. Et je regardais, et je

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