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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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SYRACUSE .

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tare clans des anneaux fixés aux parois.Le temps ici, loin d’avoir étendu sesravages, a tellement embelli ces lieuxpar les plantes qui croissent sur unelégère couche de terre végétale, etdans les fissures des rochers, que lesgens du pays leur ont donné le nom deParadiso.

C’est pourtant dans ce paradis ,quel contraste ! que se trouve l’o-reille de Denys , cette invention in-fernale. On prétend que le tyran,caché dans l’ouverture qu’on aperçoitau sommet, et qui correspond à lavoûte de la grotte, profitait des aveux,des menaces que la douleur arrachaità ses nombreuses victimes, et se délec-tait à entendre leurs gémissemens.Peut-on savourer ainsi la cruauté ? maisnon, soyons justes même avec les ty-rans , repoussons cette fable atroce quel’antiquaire Mirahella a faussementappuyée de l’autorité de Michel-Ange de Carravage qui jamais n’a été enSicile . La configuration de cette grotteprofonde, exactement semblable à celledes anciens serpens de nos églises , etla propriété qu’ont les parois de ré-percuter les sons, produisent un reten-tissement , un écho qui en fait un vais-seau acoustique colossal et le pluspuissant qu’on connaisse. Les hommesprédisposés à accueillir l’extraordinaireen tous genres, ont adopté la fable quifit de celieu un observatoire de torture ;enfin, si l’on veut voir dans la configu-ration de cette grotte la forme d’uneoreille, ce ne peut être que celled’une oreille d’âne. Un autre phéno-mène dont on n’a pas assez parlé, c’estl’effet de la lumière dans les vastes si-nuosités de cette grotte. Les moléculeslumineuses y font naître des accidensplus merveilleux que les vibrationsdes ondes sonores. Tantôt, tombant enriches faisceaux, elles contrastent .avec

d énormes masses d’ombres, et tantôt,se divisant à l’infini, elles frôlent cesparois lisses et humides, s’y réfléchis-sent, viennent rejaillir en teintes dou-ces et produire toute la richesse har-monieuse du clair obscur, bien plusadmirable que l’effet des voix ou ladétonation d’une arme à feu qui reten-tit ici comme la foudre dans les gorgesde l’Etna .

Les latomies des Capucins (PI. ioi),dans Acradine, sont pour le peintreun sujet non moins digne d’étude etd’admiration. Sur le bord d’un litde calcaire, profondément excavé, setrouve le saint asile des religieux. Ondescend par une rampe dans les jardinsdu couvent qui occupent le fond deces anciennes carrières, où la patienceet l’art ont vaincu la nature , et trans-formé en séjour délicieux une valléede douleur et de larmes. Peu à peul’industrie des cénobites a recouvertde terre ce tuf infertile. Les durs ro-chers ont reçu dans les interstices l’o-range , le cédrat, l’olive, la vigne etle grenadier, qui maintenant tapissentde verdure des rocs jadis brûlés dusoleil. Des gazons arrosés parles eauxqui s’échappent des conduits antiques,des bosquets de jasmins, de roses odo-rantes, des treilles que la vigne enlacede ses élégans méandres, embellissentaujourd’hui les cruelles prisons où lessoldats d’Athènes gémissaient au sou-venir de la douce patrie qu’ils avaientquittée pour toujours. Comme les la-tomies de Néapolis, celles-ci sont flan-quées de vastes cavités : on y voit detemps en temps gravés sur le roc descaractères grecs à peine lisibles. L’ima-gination s’efforce d’y retrouver les versd’Euripide , quelesmalheureux captifschantaient pour implorer un soulage-ment à leur misère. Quelques-uns fu-rent assez heureux pour fléchir leurs