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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

maîtres; et, (le retour en Grèce , ilsvinrent rendre hommage au poëte de laliberté que ses vers leur avaient méritée.Presque au milieu des latomies desCapucins, s’élève un des rochers gigan-tesques dont nous avons parlé. Desrestes de constructions antiques le cou-ronnent. On dit que là se tenaient dessentinelles, prisonnières elles-mêmes,veillant à la garde des captifs : victimesdes tyrans, elles servaient d’instru-ment à la tyrannie !

C’est surtout en présence des monu-mens que la voix de l’histoire est puis-sante; c’est là qu’elle fait retentir ànotre âme des notes qu’on ne peut ou-blier. Une page de Plutarque , lue dansles latomies, se graverait en caractèresindélébiles dans l’âme de l’être le plusoublieux. Assis à l’ombre de ces rochersà pic, j’éprouvais un plaisir indicibleà me rappeler les souvenirs que Polybe nous a conservés.

Quatre cent cinquante ans avantnotre ère, les Athéniens, brûlant de serendre maîtres de la Sicile , cette richecontrée , rassemblèrent sous les ordresde Nicias , d’Alcibiade et de Lamaque,l’armée la plus puissante et la flotte laplus nombreuse qu’ils eussent jamaismise en mer. Tel fut le zèle des Athé-niens pour cette entreprise, que plu-sieurs s’enrôlèrent volontairement ;d’autres équipèrent des vaisseaux pourleur propre compte, et tous calculaientà l’avance les profits de la conquête.Les généraux, d’accord avec l’aréopage,avaient déjà décidé du sort des vaincus,et le plan du nouveau gouvernement del’île était arrêté. Les citoyens de Syra-cuse et de Sélinonte devaient être traî-nés en esclavage , et des tributs consi-dérables imposés aux autres villes.

Les généraux, accompagnés d’unefoule immense de citoyens et d’étran-gers, conduisirentl’armée au Pyrée que

l’on avait choisi pour le point de départ.Tout le port était rempli de vaisseauxdont les proues étaient décorées d’or-nemens guerriers et de trophées. Desnuages d’encens s’élevaient au ciel, desparfums de toute sorte brûlaient dansdes vases d’or et d’argent qui bordaientle rivage, d’abondantes libations necessaient de couler pour rendre lesdieux propices à l’entreprise. La flottemit à la voile, toucha l’île de Crète , semontra à Tarente , à Métaponte , etdans les autres parties de la grandeGrèce . Cette nombreuse armée débar-qua à Rhège en Calabre , dont elle in-vitales habilans à prendre part à l’ex-pédition. Elle fut accueillie par leshabilans de Naxos , et força ceux deCatane à contracter une alliance avecAthènes contre Syracuse .

Alcibiade , ayant été rappelé pourrépondre à une accusation dirigée con-tre lui, se réfugia à Sparte ; les deuxgénéraux ses collègues furent seulschargés du commandement. Ils se di-rigèrent sur Egeste , s’emparèrent deprime-abord de la petite ville Hycare,et, ayant obtenu des Egestains unesomme assez considérable , ils retour-nèrent à Catane . La première bataillefut gagnée par les Athéniens; maiscette victoire leur coûta la perte d’unde leurs généraux; Lysimaque y reçutla mort. Les Syracusains ayant obtenuun puissant renfort de Lacédémone , etles autres villes de Sicile ayant équipétous les bâtimens capables de tenir lamer, ils résolurent de risquer une ba-taille navale. La première action futindécise, et chaque parti s’attribua lavictoire; celles qui suivirent furentfatales aux Grecs. La peste se répanditdans les rangs de ces derniers , dont lecamp avait été assis dans une situationmalsaine. Démosthènes , que les pre-miers désastres avaient attiré en Sicile ,