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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

Lattre ; d’autres accrochaient les bâti-mens ennemis au moyen de grapins ,etforçaienllesAthéniens de semesurerhomme à homme ; souvent après avoirpassé au Gl de l’épée un équipage , ilsse servaient du vaisseau pour en atta-quer d’autres. La confusion devint gé-nérale ; on ne pouvait ni entendre lescommandemens , ni voir les signaux :alors chaque chef en particulier obéis-sait à ses inspirations. Les gémissemensdes blessés , les chants religieux quis’élevaient des murailles, les exhorta-tions des spectateurs, leurs cris de joieet de tristesse , suivant les vicissitudesdu combat, le choc des vaisseaux quise précipitaient les uns contre les au-tres , ou s’échouaient sur le rivage, lesmonceaux de morts et demourans, lesdébris des vaisseaux fracassés flottantsur les ondes, tout contribuait à formerun tableau le plus terrible et le plusimposant que l’imagination puisse en-fanter. Les Syracusains ne perdirentque huit vaisseaux, soixante de ceu?des Athéniens furent coulés à fond, etle reste brûlé. Après ce désastrç, l’ar-mée essaya une retraite par terre; maisla route de Catane ayant été fermée parl’ennemi, une partie fut contrainte dese rejeter sur la plaine d’Helorus. Làils furent resserrés entre le fleuve Asi-narus et l’armée des Syracusains quiles attaquaient ; dix-huit mille furenttaillés en pièces, et sept paille, chargésde chaînes, furent enfermés dans leslatomies. Nicias etDémoslhènes furentcondamnés à mort peu de temps aprèspar les Syracusains .

Dans l’enceinte d’Acradine se trou-vent encore les catacombes « le grottedi san Cjovanni. ;» Oh veut à touteforce les distingjier des latomies. Jepense que, dans le principe, les uneset les autres étaient des carrières quine différai en t que parle mode d’exploi-

tation. On a vu que les latomies sontà ciel découvert : on sait que les cata-combes se composent d’une suite desouterrains. Quant] à leurs usages,quelle en est la dissemblance? Les cata-combes devinrent des sépultures pourles morts , et les latomies des tombeauxpour les vivans ! Restait-il en eliet auxprisonniers aucun espoir d’en sortir ?On peut descendre d’une haute mu-raille , à l’aide de cordes ou de drapsliés ; Benvenuto Cellini , le baron deTrenk, Latude , de nos jours, et tantd’autres l’ont fait ; mais qui tenta ja-mais de gravir des rochers escarpés decent cinquante pieds de hauteur !

L’histoire ne nous aurait conservé au-cun témoignage de l’immense popula-tion de Syracuse , ses catacombes seulesen fourniraient la preuve. Cette ville,je parle des catacombes, car on peutlui donner ce nom, quoiqu'habitée pardes morts, étend ses profondes ruessouterraines à plusieurs milles au-des-sous d’Acradine, de Tyché et de Nea-pblis. On y descend ordinairement parfescalier de l’église de Saint-Jean horsdes murs, temple pauvre, délabré,abandonné aux soins d’un misérableermite. Une petite église souterraine,en forme de croix grecque, forme l’en-trée principale d’une des quatre cata-combes de Syracuse . Les ornemensdénotent une ignorance complète desarls du dessin. Tout respire ici le mau-vais goût des bas temps. Berceau duchristianisme en Sicile , cette chapelleest dédiée à saint Marcian , qui cimentade son sangles bases de la religion qu’ilvenait de poser. Ces murs ont vu sonsupplice.

Telle fut la destinée des cafacombes,creusées au sein de collines calcairesqui fournirent à la construction desvilles qui les couvrent; elles servirentde sépulture aux premiers habitans.