Plus tard elles offrirent un asile auxreligieux mystèi’es, aux partisans desnouvelles croyances qui vinrent sousces voûtes obscures adorer, mourir etreposer au lieu de leur supplice. Sil’on excepte les catacombes d’Egypte ,on trouve dans toutes les autres, à Pa-ris, à Rome, à Naples et à Syracuse ,des signes nombreux du séjour desnremiers fidèles qui ne réussirent pastoujours à effacer les traces laisséespar leurs prédécesseurs. Ainsi l’on voitla colombe et le rameau d’olivier, paci-fiques symboles, remplacer ici les ima-ges des gentils; oubienle monogrammedu Christ, sur le revers de la tabletteoù sont gravées des prières aux dieuxmânes : car ici-bas, comme au-dessus,les générations se succèdent.
La crainte de s’égarer dans un laby-rinthe de rues, de places , d’impasses,de carrefours et de ruelles, éclairésseulement à de longs intervalles par deprofonds soupiraux, a empêché deparcourir entièrement cet asile de lamort. Aussi ignore-t-on s’il communi-que avec les trois autres catacombes.Sur les côtés de ces vastes souterrainssont pratiqués des caveaux, les uns car-rés , d’autres circulaires et des nichesd’inégales dimensions pour déposerdes urnes ou des sarcophages. On yvoit des tombes isolées dans de longscorridors qui en contiennent plus decinquante. Souvent les voûtes sontplates, quelquefois en arceaux ou enarêtes , sans qu’aucune règle soit ob-servée. De la première ville on descenddansuneautre qui se trouve au-dessous.Dans ces crypites tout est merveille!D’autres murs, d’autres places, d’au-tres souterrains qui se perdent dansl’obscurité silencieuse, composent lesecond étage de cette nécropole qu’ar-rosent, le croirait-on! des aquéducset de nombreuses fontaines.
Cinq heures passées dans ce dédalede tombeaux m’avaient inspiré milleidées sombres qui pesaient sur monâme. Je voulus les dissiper par desimages riantes : je gagnai donc le borddelà mer, et, traversant le grand port,je fis gouverner vers l’Anapis. Cefleuve s’épanche par une embouchurede cinquante pieds garnie de joncs, decannes, de roseaux et d’autres plantesaquatiques, dontlesteintes, réfléchiespar les eaux , présentaient le plus beaumirage. Les cris et le vol des troupesd’oiseaux, chassés de leur retraite parle bruit des rames , animaient ce char-mant tableau. L’eau d’une pureté sanségale coule lentement sur un lit desable fin parsemé de jolis coquillageset de pierres diversement colorées, oùse jouent mille petits poissons. Lesbords se rapprochant peu à peu, àquelques cents pas plus loin nousnaviguâmes au milieu d’une forêt deplantes, oû nous nous frayions unpassage en les écartant de la main.Les plus élevées se recourbaient surnos têtes en voûtes mouvantes, et for-maient autour de la barque un boudoirverdoyant, qui changeait à mesure quenous avancions, et paraissait nous sui-vre. C’est ainsi que nous arrivâmes auconfluent de la rivière, de Cyanc. Ellecoule ombragée d’innombrables bou-quets de papyrus, dont les tiges élan-cées supportent une touffe élégantequi retombe en longs flocons de soie(PL 102).
Cyane, épouse chérie d’Anapis,s’opposa vainement au rapt de Proser-pine. Plutonla toucha de son sceptre,et ses beaux membres se fondirent enune onde lympide qui précipite sesflots silencieux dans le lit de son tristeépoux.
Que les jeunes écrivains , blasés(disent-ils) sur ces allégories qu’ils