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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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BIS G A11I.

que parcourut l’armée des Athéniensaprès la défaite de Nicias . A cinqmilles de Syracuse l’aspect du paysdevient plus sauvage. A neuf heuresnous déjeunions sur les bords du Cas-sabile, l’ancien Cacyparis. Un peuplus loin , on traverse l’Hercisus ,nommé Miranda par les gens du pays.Dans ses flots se noyèrent les débrisde l’armée de Nicias , poursuivis parles Syracusains sous les ordres deGylippe, général de Lacédémone .Quels souvenirs! un torrent, aujour-d’hui presque sans eau, engloutit lesrestes d’une armée qui devait conqué-rir toute la Sicile et peut-être le mondeentier. Pendant cinq milles, la mer estbordée de roches calcaires escarpées,jusqu’à l’embouchure de l’Hélorus, quidonne son nom à une ancienne villedont on voit à peine les traces. Cettecontrée, une des plus fertiles de l’île,est la Tempe héloricnne d’Ovide.Tout y rappelle Yexsupero prœpinguestagnantis Helori (Æneid., lib. III ),et l’on peut dire avec Fazello : Perpe-tuum ibi est ver , « ici règne un prin-temps éternel. » La canne-à-sucre ycroît dans son état natif. Les planta-tions du nouveau monde ont presquefait abandonner la culture de ce pré-cieux roseau. On n’en retire aujour-d’hui que du rhum nullement inférieurà celui de la Jamaïque, , et une espècede mélasse connue sous le nom demele nero. Nous avions traversé Avola et ses immenses plaines d’amandiers ;puis Noto , capitale d’une des troisgrandes divisions de la Sicile : le valdi Noto. Cette ville, bâtie jadis ausommet d’une montagne aride, a étéreconstruite dans la vallée depuisquelle fut renversée, ainsi qu’Avola ,parle tremblement de terre de i6q3.Il semble, à voir Noto , que les habi-tans n’aient songé qu’à expier les pé-N.

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chés quileur avaient attiré ce châtimentdu ciel, tant ils ont construit d’égliseset de couvens. Du reste , ici comme àCatane , on remarque dans les édificesune profusion d’ornemens sans goût.Nous employâmes le reste de la jour-née à visiter la ville, et le lendemainnous partîmes pour Rosolini , grosbourg de huit mille âmes, à quatrelieues de là.

Dès la pointe du jour, un guide quenotre hôte nous avait donné vint nouséveiller pour nous conduire au vald’Ispica . Nous parcourûmes pendantdix milles une solitude sauvage où desgaroubiers végétaient péniblement ,de distance en distance, dans un solpierreux. Mourant de soif, exténué defatigue, je cherchais de tous côtés lesdélicieux ombrages dont on m’avaitparlé. Déjà je commençais à craindreque notre cicerone ne nous eût égarés,lorsque tout à coup le terrain venantà manquer, mon œil plongea dans unvallon sinueux et étroit, dont la ver-dure, en serpentant, imitait le coursd’un fleuve. Nous mîmes pied à terreet descendîmes à cent pieds de pro-fondeur en suivant la pente rapide durocher. Un ruisseau limpide encaissédans le tuf répand dans cette cavée lafraîcheur et la fertilité. Le lentisque,le châtaignier, l’alateme, l’arbousier,le térébintlie, le troène, y forment decharmans bosquets. L’azérolier, le fu-sin, le sorbier, croissent sur ces riveset soutiennent des scolopendres, deslianes toujours en fleurs et des vignessauvages, dont les pampres éléganssebalancent d’un bord àTautre en guir-landes de fleurs et de fruits, et se ré-pètent dans les eaux.

Tou t entier au plaisir de ce tableau ra-vissant, j’avais oublié mes fatigues, etj’oubliais l’objet de ma visite dans celtesolitude, lorsque suivant le Bufaïdone,