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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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ce joli ruisseau qui l’arrose, j’aperçusà ma gauche des cavités nombreusesdisposées par étages, comme les alvéo-les d’une ruche : c’était la ville quej’étais venu voir; ville d’un- seul mor-ceau, qui contiendrait plusieurs mil-liers d’habitans sur une étendue dedeux lieues. Ces grottes, creusées dansle roc vif, sont incontestablement lespremières demeures des aborigènes dela Sicile . Leurs formes dénotent uneépoque bien antérieure aux construc-tions pélasgiennes , puisqu’on n’y voitnul indice des premières notions del’art de bâtir, nulle idée d’une figurerégulière, d’un cercle, d’un carré. Jene décrirai qu’une seule de ces curieu-ses demeures, située dans la partie laplus basse du vallon.

Dix ou douze chambres à la suite seprésentent d’abord : une dizaine de de-grés y donnent accès. Ce perron est à 8pieds du sol : il est donc nécessaire de seservir d’une échelle pour y parvenir,moyenemployé sans doute par les pre-miers babilans. L’échelle retirée , ils setrouvaient enfermés comme dans uneforteresse. On parvient de la chambred’entrée dans l’étage supérieur par uneouverture circulaire pratiquée au pla-fond, et de là on monte par un autrepuits dans le troisième étage. Des trouscreusés dans l’épaisseur du rocher ser-vaient à recevoir des morceaux de bois.Cet escalier curieux élail assez sem-blable aux échelles de nos poules.

Presque toutes ces demeures sontgarniesdes objetsde première nécessitépour un peuple pasteur. On y voit desauges, des mangeoires pour les ani-maux, de petites niches creusées dansle roc pour contenir les vases, les lam-pes et d’autres ustensiles, et de plusgrandes pour les couchers deshabitans.On reconnaît la place du foyer. Desanneaux grossiers ménagés dans le tuf

pouvaient servir à attacher les bestiaux.Je n’aurais pu croire que de notre tempsdes hommes vécussent dans ces antres,lorsque m’étant avancé davantage dansla vallée, je vis un groupe d’enfans, àpeine couverts de lambeaux de peauxde chèvres , s’enfuir à mon approche ,stagnant leurs retraites comme des sou-ris effrayées, en appelant leurs parensà grands cris. Ces gens sortirent et pa-raissaient nous considérer avec plusd’étonnement que de crainte. Ils nousprirent pour des marchands d’orviétanqui, disent-ils, viennent vendre descharmes aux habitans de Spaccafurno,le village le plus voisin. Plusieurs sefaisaient assez bien comprendre, maisle langage des plus âgés était tout-à-fait inintelligible. Quelques pièces demonnaie que j’offris aux enfans ne pu-rent les engager à se laisser approcher :voilà, j’espère, une preuve bien certaineque la civilisation n’a pas encore pé-nétré dans ces gorges. Pourtant unfoulard offert à leur mère parvint à1 humaniser, et son mari nous condui-sit dans les endroits les plus curieuxde la vallée. La planche io3 repré-sente ce qu’ils nomment le châteaud’Ispica : c’est en effet l’habitation laplus importante. Je passai quelquesheures fort agréables chez ces bravesgens. Ils me parurent plus sauvagesque farouches. Ils m’offrirent un repasque j’acceptai de grand cœur. Nullepart je n’ai trouvé le lait de chèvreaussi bon. Ils recueillent aussi du mielqui ne cède en rien à celui de l’an-cienne Ilybla, distante de trois millesd’ici. Les plantes aromatiques quicroissent sur les rocs répandent unparfum qui me rappela ce vers de laseptième églogue :

Nerine Galatea, thymo mihi dulcior Hyblæ.

Je quittais à regret ce séjour si sau-