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Gelliasjlejilus riche etleplushospita-lier des Agrigentins, vivait à cette épo-que. Des troupes < de domestiques sta-tionnaient sans cesse aux portes de laville pour engager les étrangers à se ren-dre chez lui. Cinq cents chevaliers deGéla ayant eu l’occasion de traverserAgrigentependant l’hiver, Gelliasnon-seulement les reçut et les logea chezlui , mais à leur départ il lit présent àchacun d’un riche manteau. La des-cription de ses caves et des vins qu’ellescontenaient surpasse l’imagination. Lafigure de ce généreux citoyen ne cor-respondait pas à la libéralité de sonâme, il était maigre et de petite taille.Ayant été chargé d’une ambassadepour la ville de Centuripæ , aujour-d’hui Centorbi, à son entrée dans l’as-semblée il fut accueilli par des éclatsde rire ; mais sans se déconcerter, il sutadroitement se venger par ce piquantsarcasme : « Messieurs, dit-il aux rieurs,Agrigente possède aussi des hommesLien faits et de belle apparence, qu’elledépute aux villes illustres de la Sicile ;mais aux républiques de peu de consi-dération , on leur envoie des hommesde ma taille ».
Leluxe et la molesse des hahitans dA.-grigente s’étaient tellement accrus, quependant le siège dont nous venons deparler, on publia un édit qui défen-dait à tout citoyen de garde dans la ci-tadelle d’avoir plus d’un matelas, unecouverture et deux oreillers.
Amilcardépouilla Agrigente de tou-tes ses richesses, de ses statues et deses précieuses peintures; les morceauxles plus curieux furent envoyés à Car-thage , et le reste vendu à l’enchère.Parmi les trophées conservés par lesvainqueurs, on remarquait le fameuxtaureau de Phalaris , que deux centsoixante ans plus tard Scipion renditaux Agrigentins.
Soixante-un ans après le siège d’A-grigente, ou trois cent quarante-cinqans avant J.-C., les Syracusains en-voyèrent une députation à Corinthe ,leur demander un chef capable de lesdélivrer de leurs tyrans étrangers etdomestiques, et de rétablir la paixet l’harmonie dans l’ile. La personnechoisie pour cette entreprise, fut lebrave et généreux Timoléon . Il pur-gea la Sicile de la foule des petits ty-rans qui la désolaient, chassa Denysle jeune , gagna une victoire signaléesur les Carthaginois , les obligea dedemander la paix , et de reconnaître lefleuve Lycus comme limite de leurspossessions. Assisté par Ceplialus, cé-lèbre législateur de CorinLhe, il revitles lois de Dioclès et jeta les fonde-mens de la prospérité future par desages règlemens et en appelant denouvelles colonies pour repeupler lesvilles abandonnées de la Sicile et sur-tout Agrigente . Après un gouverne-ment de près de neuf ans, ce braveguerrier, cet homme d’état intègre etdésintéressé, mourut à Syracuse , aiméet regretté de tous. Sa mémoire futhonorée et chérie par le peuple qui,cette fois, se montra reconnaissant. Unesomme d’argent considérable fut votéedans une assemblée publique pour sesfunérailles, et un anniversaire instituépour célébrer par des chants, des con-certs et des jeux funèbres, le nom etles vertus de Timoléon le vainqueurdes barbares et le libérateur de la Si-cile .
Trois cent neuf ans avant Jésus-Christ , pend .nt qu’Agathocles tyrande Syracuse, fesait la guerre en Libye contreles Carthaginois, les Agrigentinsconçurent le dessein d’asservir les au-tres villes de la Sicile , et de chasser lesAfricains de l’île. Ils choisirent pourgénéral Xénodicus et l’investirent d’un