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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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AGRIGENTE .

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tombeaux sont les plus puissans té-moins de sa grandeur passée.

Agrigente, dit Polybe , surpassepresque toutes les autres villes, non-seulement sous le rapport des avan-tages mentionnés, mais encore par laforce de ses murailles et par la richesseet le nombre des édifices qui la déco-rent. Eloignée seulement de dix-huitstades de la mer, elle possède tous lesavantages que produit cet élément. Lanature et l’art concourent à rendrecette place d’une sûreté sans égale ;car ses murailles sont bâties sur un rocque les travaux des hommes et les jeuxde la nature ont taillé à pic ; des ri-vières l’entourent de différons côtés :du côté du sud coule un fleuve quiporte le même nom que la ville, etl’Hypsa roule ses eaux au sud-ouest.La citadelle, qui occupe une hauteur,vers le nord - ouest , est défenduedans toute sa circonférence par uneprofonde vallée. Elle n’a qu’une seuleentrée du côté de la ville. Au sommetde cette colline est un temple dédié àMinerve, un autre est consacré à Jupi-ter Atabyrius, comme celui de Rhodes ;car les premiers Agrigentins descendentd’une colonie de cette île. Ce n’estdonc pas sans raison qu’ils donnèrentà cette divinité le même surnom qu’elleportait dans la mère-patrie. La villeest pareillement ornée de portiqueset de temples, parmi lesquels on dis-tingue celui de Jupiter Olympien ,qui, sans être achevé, égale en splen-deur, en étendue et en élégance tousles monumens de la Grèce .

SuivantDiodore, quatre cent six ansavant J.-C., Agrigente s’attira l’inimi-tié des Carthaginois, en refusant d’em-brasser leur alliance et même de resterneutres. Cette faute politique fut causequ’Annibal et Amilcar vinrent mettrele siège devant la ville. Le premier,N.

ainsi qu’un grand nombre de ses sol-dats y moururent de la peste produitepar les émanations .putrides qui s’é-chappaient des tombeaux qu’ils avaientdétruits pour en employer les maté-riaux. Néanmoins les Agrigentins,abandonnés à eux-mêmes et manquantde provisions, furent obligés d’aban-donner la ville et de se réfugier àGela , d’où ils se rendirent à Léontiumqui leur fut cédée par les Syracusains.

Avant ce siège, qui dura huit ans,on voit, d’après Diodore, que les lia-bitans, possesseurs d’immenses riches-ses , poussaient le goût de la magnifi-cence et du luxe au plus haut degré.Aucun territoire n’est plus agréable-ment situé, ajoute-t-il, les vignes ysont d’une beauté et d’une hauteurextraordinaires; mais la plus grandepartie de la campagne est plantée enoliviers qui fournissent une prodigieusequantité d’huile que l’on vendait auxCarthaginois ; car il y avait de ce tempsfort peu d’olives en Libye , et les Sici-liens retiraient de grandes richesses deCarthage par le commerce de ce fruit.C’est à l’aide de ces richesses que cetteville éleva ses superbes édifices ( icil’historien décrit le temple de Jupiteret les tombeaux). Tel était le luxedes Agrigentins, qu’ils élevaient destombeaux aux chevaux qui avaientremporté le prix dans les courses, etmême aux oiseaux favoris de leurs en-fans. Un habitant d’Agrigente , Exéne-tus , vainqueur aux jeux, rentra dansla ville sur un char accompagné d’unenombreuse cavalcade et de trois centschars traînés chacun par deux chevauxblanc de lait nourris dans Agrigente .Les enfans étaient élevés delà manièrela plus efféminée. Leurs jiabits étaientcomposés des tissus les plus fins et lesplus chers, surchargés d’or, d’argent etde pierres fines.