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cicnx, où l’aventure d’Hippolyte est ou d’Adonis. Je quittai Giruenli avecreprésentée ; d’autres voyageurs ont regret, mais le temps me pressait, ilcru y reconnaître la mort de Méléagre fallait partir.
Au lieu de suivre la route directe deSciacca , je pris un chemin vers le nordqui conduit aux curieux volcans desMacalubbi. A deux lieues environ deGirgenti,ontrouveune plaine de quatrecents toises d’étendue qui s’abaisse versle centre. Un vallon peu profond laborne d’un côté. Des collines calcairesla dominent de l’autre. On y remarqueplusieurs sources dont les eaux sontcouvertes de quelques gouttes d’huilede pétrole. Dans la saison des pluies,ces sources augmentent tellement quela petite plaine ressemble à un lac.L’eau dissout la craie dont le sol estcomposé et ce n’est bientôt plus qu’unvaste bourbier. De distance en distanceon voit surgir des jets d’eau ou de boue.La sécheresse arrive-t-elle, alors unecroûte se forme sur toute l’étendue,comme si le lac était gelé, puis cettesuperficie se crevasse, et de toute part,mais surtout du centre, on voit de petitscourans d’air souterrain élever cetteécorce terreuse, quelquefois jusqu’àdeux pieds de haut, puis elle se romptet les fragmens en sont jetés çà et là àl’entour du soupirail que l’air vient des’ouvrir. Alors la houe s’échappe decette ouverture, qui peut avoir quatrepieds de tour, et s’épand sur les paroiscomme la lave d’un volcan; car, eneffet , ce phénomène est un volcan oùl’air et l’eau produisent les effets dufeu. Souvent la croûte résiste quelquetemps aux eflorls de l’air; alors le
fluide s’accumule, finit par rompre sonenveloppe et fait entendre une fortedétonation. Si la pluie a été trop abon-dante pour que la croûte ne puisse seformer, ce petit lac est dans un étatd’ébullition continue. L’eau a une sa-veur salée et l’on y voit surnager desgouttes d’huile de pétrole qui répan-dent une forte odeur. Lorsque le dessè-chement est parfait, on trouve sur lesol une grande quantité de sel muria-tique déposé par les eaux. Si l’on pré-sente une bougie aux courans d’air , ils’enflamme à l’instant. Il est incon-testable que les Macalubbi, mot arabequi veut dire bouleverser, sont les tor-rens de boue dont parle Platon dansson Phédon . En effet, il arrive quel-quefois que ce phénomène se déve-loppe avec une violence terrible ettout-à-fai t analogue à ceux que présen lel’Etna pendant ses éruptions. On parleencore dans le pays d’un de ces débor-demens qui eut lieu en * 777•
Jusqu’à Sciacca , à quarante millesde là, la route est assez semblable àcelle que j’avais parcourue quelquesjours auparavant en venant de Biscari :elle longe le bord delà mer. Nous visitâ-mes en courant les ruines de Minoa,Héraclea, qui n’ont de beau que leursvieux souvenirs. Nous vîmes aussi deshabitations de Troglodites assez com-munes dans le sud de la Sicile ; maistout-à-fait abandonnées aujourd’hui.Sciacca est bâtie sur les ruines des an-