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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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AGRIGENTE .

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Bien qu’il ne soit pas achevé, onvoit pourtant avec quelle magnificenceil avait été construit. Lesautres templessont entourés de murs ou de portiques,celui-ci réunit l’un et l’autre genre.Des colonnes sont engagées dans l’é-paisseur des murs; elles sont déformésemi - circulaire ; la partie qui entredans le mur est carrée. Elles ont vingtpieds de tour à l’extérieur, et la pro-fondeur des cannelures est telle, qu’el-les peuvent contenir le corps d’unhoufme, le diamètre intérieur est dedouze pieds. Les portiques sont d’unelargeur et d’une grandeur prodigieuses.Sur la partie antérieure, sont représen-tés les combats des géans , morceau desculpture remarquable par sa dimen-sion etl’éléerance du travail. Du côté de

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l’occident, on voit la guerre de Troie ,où chaque héros est reconnaissable àses traits, et aux caractères propres àses actions. » (Diod . 1. xm. )

Ce passage de l’historien de Sicile prouve que de son temps le temple exis-tait encore ; depuis il a été ravagé parlesBarbares. Du vivant de F azello, en 1 4o i,trois géans encore sur pied avaientfait donner à ce monument le nom dePalais des géans. On dit que le roiMartin punit de mort le magistrat deGirgenti dont l’incurie avait laisséécrouler ces colosses. Les liabitans enavaient placé la représentation dans leblason de leurs villes avec cette devise :Signal Agrigentum mirabilis aula gi-gantium. Houël, Denon, le marquisHaus, Carelli, Cokerell, Kenze , Hit-torf et tant d’autres ont exercé leurimagination pour retrouver la vraieplace de ces figures. Je penche pourl’opinion de ceux qui les ont adosséesaux pilastres intérieurs qui formaientles portiques si admirés de Diodore . Ladescription de cet écrivain a fait voirque ce temple est du genre pseudopé-N.

riplère, c’est-à-dire, qu’il est environnéd’un faux péristyle, il est en totalitéun tiers plus grand que l’église de laMadeleine à Paris . On compte sur lesegment de cercle qui forme la partieextérieure des colonnes, onze canneluresqui ont vingt-trois pouces d’ouvertureà la base. Le fronton du pronaos s’é-levait sur six colonnes; il y en avaitsept au prosaïkon, la septième, man-quant dans la face antérieure, laissaitlibre l’entrée du temple.»Douze autresétaient placées de chaque côté. Les bas-reliefs dont parle Diodore ornaientprobablement la frise latérale des por-tiques. Des cariatides étaient placéesalternativement avec des atlas ou per-ses , comme on voudra les appeler. Gesfigures avaient vingt-quatre pieds dehaut environ ; l’architecte les avaitprobablement exhaussées sur des pié-destaux , afin qu’elles pussent soutenirl’architrave, puisque les pilastres n’a-vaient pas moins de soixante pieds.

Un artiste a réuni des fragmens d’unde ces colosses de manière à composerle dessin (PI. io4). x

On voit d’après ces détails, que c’estavec raison que Polybe , 1. g_, ch. 5, com-pare ce majestueux édifice aux plusbeaux temples de la Grèce . D’autresruines gisent encore sur l’emplacementde l’antique Agrigente : ce sont les dé-bris des temples de Castor et Pollux etde Yulcain. Des fragmens demurailles,de portes, de tombeaux, d’hippodro-mes, sont enfouis sous la végétation,et ressemblent plutôt à des carrièresabandonnées, qu’à des vestiges de con-structions détruites.

Les habitans de Girgenti conserventle goût pour les arts et les vertus hos-pitalières de leurs ancêtres. Plusieurspossèdent de beaux antiques trouvésdans le sol de l’ancienne ville. La ca-thédrale renferme un sarcophage pré-

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