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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALE RM E.

la Sicile à Pierre d’Aragon cjui y avaitquelques droits par sa femme. D’ail-leurs, on aurait recours, en cas debesoin, à Paléologue , empereur deConstantinople , et au pontife Nicolas,dont l’appui n’était pas douteux. Ilfaut lire dans les historiens anciens,dans Fazellius, par exemple, le ré-cit détaillé des démarches multipliées,des négociations habiles de Procida pour s’assurer les secours de ces deuxprinces. Il effraya l’empereur Paléolo-gue en lui faisant croire que les Fran-çais armaient contre sa puissance.Tranquille de ce côté , il revenait dansl'Italie apprendre aux conjurés lesuccès de ses entreprises, lorsqu’enchemin il apprend de la bouche dequelques matelots pisans que Nicolas,pontife romain, était mort dans unvoyage sur mer, et qu’il avait été rem-placé par Martin IY, tout dévoué àla cause des Français . Cette nouvellelui cause d’abord quelque crainte ;mais bientôt, reprenant courage, ilpoursuit sa route, et aborde à Tra-pani. Là , il confie aux grands de l’étatle secret de tous les projets qu’il avaitorganisés. Pendant ce temps, le roiPierre, pour éloigner les soupçons desautres princes de la chrétienté sur levéritable but de son armement, équipeune flotte, et proclame hautement leprojet d’une guerre sacrée. Cet arme-ment prenant toutefois une extensionfort considérable, le pontife Martin in-vita Pierre à lui en déclarer les motifsréels. Pierre répondit qu’il ne man-querait pas de les faire connaître dansl’occasion, et comme l’envoyé du papeinsistait auprès de Pierre : « Dites àvotre maître, répondit le roi impa-tienté, que je brûlerais ma tunique, etil la secouait avec violence, si elle étaitde moitié dans mes secrets. »

Le roi Charles fit à dessein des ou-

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vertures à Pierre : « Je vous offremon appui, lui mandait-il, si vousvous proposez de guerroyer contre lesSarrasins. — Je n'ai point encore ré-solu celte expédition, répondit Pierre,car je manque des secours d’argent né-cessaires pour l’entreprendre. » Char-les lui envoya , au récit des historiensfrançais , vingt mille écus d’or, lui pro-mettant une somme bien plus considé-rable encore si la guerre sacrée devaitavoir effectivement lieu. Tandis quePierre organisait ainsi une levée deboucliers, Jean Procida se rendit au-près des habitans de Palerme, de Mes-sine et des chefs de la Sicile . Il réslaavec eux le plan d’un complot d’exé-cution périlleuse, mais pleine degloire, disait-il. Il s’agissait d’exter-miner en un temps tous les Français qui se trouvaient alors en Sicile . Tousconsentirent à prendre part à cetteconjuration. Il fut convenu d’un com-mun accord que le jour de Pâques , auxpremiers tintemens des cloches de vê-pres, tous les Français , sans distinc-tion de rang, d’âge ni de sexe, se-raient massacrés. Après s’être exhortésmutuellement à la prompte et coura-geuse exécution de leur projet, lesconjurés se séparèrent, et Procida semit à parcourir les bourgs et les villa-ges afin d’exciter les Siciliens à la hainedu nom français . On prétend mêmeque pour remplir ce rôle de manière àn’éveiller aucun soupçon, il feignitune grande difficulté de parler, et seservit d’un roseau creux dont il appli-quait une extrémité à sa bouche etl’autre à l’oreille des passons , auxquelsil faisait ainsi parvenir la connaissancede ses projets et de l’époque précisede l’exécution du complot.

L’an 1282, le troisième jour d’avril,le signal du massacre des Français futA donné dans Palerme par les cloches