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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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par les dissensions intérieures , flétripar les anathèmes du pape , fatigué dedéjouer les complots de tous ses ad-versaires, Frédéric mourut non sansqu’on ait accusé quelques personnages,entre autres Manfred, un de ses filsnaturels , de l’avoir empoisonné. Néan-moins on n’a pas de raisons suffisantespour admettre la réalité de ce parri-cide.

Dès que la mort de l’empereur futconnue, le pape renouvela ses atta-ques , espérant trouver le royaume sansdéfense ; mais l’arrivée subite de Con-rad, fils et héritier de Frédéric, dé-joua tous les projets du pontife. Con-rad réprima les factions, s’empara deNaples et exerça les plus grandes cruau-tés contre ses adversaires. Son règnene dura que quatre ans , et sa mort estaussi attribuée par les écrivains ecclé-siastiques à Manfred, son ennemi mor-tel ( 1254 ).

Conradin , fils unique de Conrad,était en Allemagne au moment de lamort de son père ; le pape s’empara deson royaume ; mais le pontife en futchassé par Manfred, régent pour sonneveu. Le bruit se répandit que Con-radin était mort, et Mainfroy prit alorsles rênes du gouvernement en son pro-pre nom. Le pape reconnaissant la su-périorité des talens militaires de Main-froy , et voyant que ses anathèmesavaient peu de pouvoir sur un princequi affichait la plus grande incrédulité,prit une autre méthode, et offrit lacouronne de Sicile à tout prince quiparviendrait à chasser de ce royaumeVusurpateur excommunié qui l’occu-pait dans ce moment.

Le premier qui fut jugé capable deréaliser l’exécution dece plan, fut Char-les d’Anjou, frère de Louis IX ( saintLouis), roi de France . 11 accepta l’of-fre, soit qu’il y fût excité par son

ambition personnelle, soit qu’il fùLpoussé par la vanité de sa femme,Beatrix, qui désirait être reine commescs sœurs. L’une, Marguerite, avaiten effet été mariée, à Louis IX , roi deFrance ; l’autre, Eléonore, à Henri III ,roi d’Angleterre; et une troisième àRichard , comte de Cornouailles et roides Romains.

Charles d’Anjou pénétra dans leroyaume de Naples , et gagna sur Main-froy, à Bénévent, une bataille déci-sive dans laquelle ce malheureux princefut tué. Sa femme, Constance x épousapar la suite Pierre , roi d’Araeon( 1266 ).

Charles ne se vit pas plutôt affermisur ce nouveau trône, qu’il s’abandonnaà sa cruauté naturelle. Une pareille con-duite contraignit ses sujets à inviterConradin à venir reprendre l’héritagede ses ancêtres; mais ces louables in-tentions ne servirent qu’à accélérer lachute de la maison de Souabe . L’in-fortuné Conradin fut trahi, battu, pris,et enfin décapité. Toutefois sa mortneresta pas long-temps sans vengeance :Charles et les Français rendirent leurjoug si insupportable aux Siciliens,dont l’honneur , la fortune et la vie ,étaient devenus le jouet de leurs con-quérans , qu’en 1 282 , le mardi de Pâ-ques, le peuple de Palerme leva l’éten-dard de la révolte.

Il y avait alors en Sicile un hommerempli de ressources, et habile à con-cilier les esprits. 11 s’appelait JeanProcida, et jadis avait été seigneur del’île de ce nom. Les Français , au rap-port de Pétrarque , avaient outragé safemme. Dans l’espoir de la venger, etdé chasser en même temps les con-quérans étrangers du territoire de laSicile, Procida ourdit une conjurationavec les grands du royaume. 11 futconvenu entre eux qu’ils livreraient