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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALERME . 33q

qu’une conspiralion contre ses jourss’ourdit en peu de temps. Il fut assas-siné à Averse. Les historiens modernesprétendent que sa femme n’est pasétrangère à ce meurtre.

D

Le veuvage de Jeanne fut court.Louis de Tarente , du sang royal,prince doué des jdus brillantes quali-tés, fut son second mari. Bientôt a prèstous deux furent obligés de fuir devantle roi de Hongrie, maître de Naples ,et qui, pour venger la mort de sonfrère, avait envoyé à la mort plusieursgrands personnages du royaume de Si-cile . Le conquérant fut heureusementrappelé en Hongrie par des dissensionsintestines, et Jeanne put repasser enItalie . Son troisième mari fut Jacquesd’Aragon, et le quatrième Othon deBrunswick .

Cette princesse étant avancée enâge, et ayant perdu tout espoir d’avoirdes enfans, désigna pour son héritierCharles de Duras soncousin. Ce prince,qui suspectait les projets d’Othon , etredoutait l’inconstance de la reine ;d’ailleurs, impatient d’être en posses-sion de la couronne, rassembla unearmée, attaqua Naples , prit la reineet la fit, dit-on, mettre à mort (i382).

Lorsque Charles avait envahi les étatsde Jeanne, cette princesse était sansgénéraux expérimentés. Aussi à cetteépoque avait-elle appelé à son secours,et adopté Louis d’Anjou , fils de Jean,roi de France ; mais il arriva trop tardpour être d’aucun secours à sa bien-faitrice. Cependant il s’assura des pos-sessions qu’elle avait en France , etsans doute il serait parvenu à conquérirle royaume de Naples sans la mort quivint interrompre sa carrière.

Charles de Duras , qui demeuraitainsi paisible possesseur de ce royau-me, n’était cependant pas satisfait deson heureux sort ; il prêtait l’oreilleN.

aux mécontens de la Hongrie quiavaient conçu le projet de désignerMarie, le seul enfant de son ancienami et protecteur le roi Louis. Il écoutaleurs propositions , se rendit en Hon-grie où il fut proclamé roi. Mais peude temps après, le parti de la reine, re-venu de sa stupeur et de sa consterna-tion , l’assassina dans son palais ( 1 386).

Le royaume de Naples échut alorsen partage à son jeune fils Ladislaspendant la minorité duquel les trou-bles furent continuels. Lorsqu’il fut enâge de gouverner, il trouva les parti-sans du duc d’Anjou maîtres des troisquarts du royaume ; et, pour le retirerde leurs mains, il eut besoin de toutson courage et de tout son bonheur.Depuis ce temps, il joua un grand rôledans les troubles de l’Italie , fit la loi àRome , à un grand nombre de petitssouverains, et aspiramêmeàla conquêtede la Hongrie .

Le pape,alarméde tant de prospérité,appela contre ce prince, Louis II d’An-jou, qui battit Ladislas à Ceparano.S’il avait su profiter d’une pareillevictoire, il aurait pu ruiner sans retourle parti de son adversaire ; mais s’étantreposé au lieu de poursuivre les enne-mis défaits, il leur donna le temps dese reconnaître et de réunir des forcestrop supérieures pour qu’il pût leurrésister. Ladislas, délivré de cette ma-nière de ses ennemis étrangers et do-mestiques , s’abandonne aux plaisirs,et finit ses jours dans les excès de laplus avilissante débauche (

Jeanne, sa sœur unique, femme dis-solue , et la plus corrompue de toutesles princesses qui aient existé depuisMessaline , lui succéda : nulle vertu nebalançait ses vices. Sans cesse livrée àses désirs et aux favoris qui les ser-vaient , sa vie fut une longue suite dedébauches, de malheurs et de troubles.