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A l’âge de quarante-sept ans, les cla-meurs du peuple la forcèrent à con-tracter, contre son gré, un second ma-riage avec le comte de la Marche qui latraita avec autorité et même une extrê-me rigueur. Elle conspira alors avec unaventuriernommé Sforza, s’empara desrênes du gouvernement, et renvoyason époux en France . A peine Jeanneétait-elle libre, elle sentit le besoind’un appui. Louis III d’Anjoul’attaquaavec tant de vigueur , qu’elle fut obli-gée d’appeler à son secours Alphonse,roi de Sicileet d’Aragon,qu’elle adopta.Dès que les Espagnols eurent chasséles Angevins, on vit cette femme in-constante se dégoûter des princesquelle venait de choisir ; elle révoqual’acte d’adoption , et désigna pour sonsuccesseur Louis, son antagoniste,chassé par elle, de l’Italie .
Alphonse fut obligé de sortir duroyaume , et le cœur gonflé de colère etde haine, il méditait les moyens dejoindre Naples à ses possessions, lors-que la mort presque simultanée deJeanne et de Louis laissa une librecarrière à ses attaques. Mais ce nefut pas sans de grands obstacles,nisans de violens combats qu’il par-vint à achever une conquête si dési-rée (i435 .
La couronne des Deux-Siciles étantainsi réunie sur une seule tête, cettecontrée, désolée jusqu’alors par lesguerres civiles , commença à re-naître à la paix et à l’opulence. Al-phonse I er . mourut sans enfans légi-times , après avoir survécu deux ans àJeanne. La Sicile et l’Araejon échurentà son frère Jean, roi de Navarre; etpar un arrangement passé entre eux,Ferdinand , son fils naturel, régna surles Napolitains (i458).
Le règne de Ferdinand I er . fut long,mais agité ; des révoltes fréquentes
en troublèrent la paix , et malgré lesoin qu’il prit de faire mettre à mortles chefs des principales familles quitrempèrent dans ces complots, l’espritde rébellion leur survécut, il prépara etacheva la ruine de son successeur ( 1494) •
Alphonse II succéda à son frère. Apeine était-il maître du trône queCharles VIII , roi de France, en qua-lité d’héritier de la maison id’Anjou,marcha sur Naples , à la tête d’une ar-mée formidable. A son approche, Al-phonse fut saisi d’une terreur paniquesi violente, qu’il abdiqua sa couronne,la laissa entre les mains de son fils,et s’enfuit en Sicile , oubliant ainsi sagloire et ses intérêts (i4g5).
Ferdinand II se retira devant sonennemi impétueux, qui entrait entriomphateur dans Naples . BientôtCharles retourna en France , et Gon-zalve, surnommé le grand capitaine,réintégra Ferdinand dans toutes ses
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possessions. Malheureusement ce prin-ce ne put jouir long-temps du retourde sa prospérité.
Après sa mort, qui fut prompte,son oncle Frédéric monta sur le trône.C’était un prince bon , instruit, et di-gne d’un meilleur sort que celui quil’attendait. Il fut accablé par une li-gue formée entre Ferdinand le ca-tholique, roi d’Espagne, et LouisXII ,roi de France , qui se partagèrent sonroyaume avant même de l’avoir con-quis. Cette conquête en fut facile pourdeux monarques aussi puissans. Fré-déric , sans amis, sans espoir, se remitentre les mains de Louis XII , qui leretint prisonnier à Tours jusqu’à samort ; tandis que le reste de sa familleerrait abandonnée de tous, et dénuéed’asile (i5o4).
Bientôt la guerre s’alluma entre lesdeux conquérans. Les Français suc-combèrent , et Ferdinand joignit à ses