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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALERME . 343

ce n’est plus qu’une masse informe etsans harmonie. Le marquis de Vigliena,vice-roi de Sicile , éleva la façade quiregarde la mer. Don Juan de Vega, sousprétexte d’embellir l’aspect de la ville,fit démolir la tour Rossa dont le comteRoger avait flanqué un des côtés. Lecomte Santo-Stéfano fit décorer lasalle principale de peintures représen-tant le couronnement de Pierre d’Ara-gon , de médaillons ornés de sujetsrelatifs à l’histoire de Sicile , et des por-traits des vice-rois qui gouvernèrentcette île depuis 1488. On y conserveles deux célèbres béliers de bronzetrouvés à Syracuse . La porta nuova(à la droite du spectateur) , arc detriomphe érigé à Charles V , à l’occa-sion de ses victoires en Afrique , estadossée à un angle du palais. Ce mo-nument ayant été endommagé par lafoudre,futreconstruit en 1668 : àl’angleopposé, s’élèvela statue de Philippe III .

Les deux parties les plus inté-ressantes du palais royal de Palerme sont assurément la chapelle et l’ob-servatoire fondé par le prince deCaramanico , un des derniers vice-roisde Sicile . Il fit bâtir, en 1790, deuxsalles séparées par une terrasse -, l’unecontient le cercle, l’autre l’instrumentdes passages construit par Ramsden ,sous la direction du célèbre Piazzi, quise rendit exprès à Londres . On saitque sous le ministère de Pitt des mem-bres du parlement d’Angleterre s’op-posèrent vigoureusement à l’exporta-tion de ce précieux ouvrage. C’est àl’aide de cesinslrumens quele i cr . jan-vier 1801 Piazzi vit pour la premièrefois la planète de Cérès, et fit lesdécouvertes qui le placèrent au rangdes Herschell et des Araso.

La chapelle royale (PI. 109), paroissede toutes les personnes qui habitentle palais, est un des plus précieux rao-N.

numens des arts du douzième siècle. Lecomte Roger en jeta les fondemens en112g. Il en poussa les travaux avectant d’ardeur, que trois ans après ilsétaient complètement achevés. On yparvient par un escalier de marbreblanc de construction plus moderne.Une riche porte de bronze, d’une bellearchitecture, y donne entrée. Le fron-ton , décoré de mosaïques précieuses etde peintures du seizième siècle, an-nonce la richesse de l’intérieur du tem-ple. Il est de forme presque carrée etdivisé en trois nefs par des arcs enogive qui posent sur des colonnes an-tiques , de marbre, de granit ou de por-phyre ; car elles dilFèrent par la matièreet parleurs proportions. Ce sont autantde débris de divers édifices de la villeantique. Le bas des murailles est revêtude marbre blanc et de porphyre, ettout autour règne une riche frise depierres dures. Guillaume le Mauvaisfit embellir la partie supérieure deriches mosaïques dans le goût byzan-tin, représentant des passages de l’An-cien et du Nouveau-Testament. Cesouvrages, quoique très-faibles sous lerapport du dessin et de la composition,sont empreints d’un certain caractèresymbolique que l’on chercberait vaine-ment dans les productions des tempsplus modernes. L’éclat des couleurs,l’or répandu à profusion, la raideurmême des figures, qui sont plutôt destypes conventionnels que des représentâtions fidèles de la nature,, tout celainspire à l’âme un sentiment de respectbien favorable au développement desidées religieuses.

Le plafond est composé de poutresfort élégamment sculptées et recou-vertes de dorures éclatantes, de ri-ches peintures , de rosaces et de cais-sons dans lesquels on remarque desinscriptions en langue arabe disposées