de Roger , premier roi de Sicile ,ceux de l’empereur Henri VI , deConstance de Hauteville , son épouse,de Frédéric II de Hoenstanfen, leurfils, si digne du nom de grand, del’impératrice Constance d’Aragon qu’ilépousa en 1209, et de grand nombrede princes et d’archevêques. Ces der-niers occupent l’église souterraine dé-diée à tous les saints. Des statues deGagini, principaux ornemens de la tri-bune, la méridienne tracée par le sa-vant Piazzi et le riche tabernacle delapis-lazuli dans la chapelle du Saint-Sacrement, m’ont paru les objets lesplus précieux de l’église principale.
J’ai déjàdit queles plusgrandesbeau-tés du temple étaient à l’extérieur. Lafaçade méridionale (PI. 110) estsurtoutremarquable par la richesse et la bonneentente de son architecture. Un vasteparvis, entouré de balustrades et dé-coré de statues d’une pauvre exécution,sépare ce monument de la rue du Cas-saro. L’entrée de l’église s’ouvre sousun porche élégant composé de trois ar-ceaux en ogive savamment combinés,surmontés d’une frise et d’un tympanenrichis de has-reliefs d’un bon style etde quatre statues de marbre qui nemanquent pas d’un certain mérite.L’édifice est de forme oblongue et flan-qué de quatre tours élevées terminéesen aiguille. Toute cette constructionest composée de pierres carrées jointessans ciment, quoique leur dimensionne dépasse pas vingt pouces, ce qui meparaît sans exemple ou du moins fortrare.
Un nombre infini de colonnes dedifférentes matières, toutes précieuses,et un luxe bien entendu cl’ornemensdécorent cet édifice, terminé par uncouronnement crénelé qui contribue àlui donner un caractère tout particu-lier. Le fini des détails est cl’une cléli-
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catesse telle que l’on croirait plutôtavoir sous les yeux l’œuvre d’un or-fèvre que d’un sculpteur. L’on est stu-péfait d’une si grande profusion d’or-nemens qui ne produit ni confusionni lourdeur, et l’on a peine à se ren-dre compte de la richesse et de lasolidité, de l’abondance et de la varié-té, de la légèreté et de la grâce, de l’o-riginalité et de l’élégance qui régnentdans toute cette composition architec-tonique : si bien que la vue et l’âmesont à la fois occupées sans fatigue etdiversifiées sans confusion. Mais il nefaut pas chercher dans cet édifice legrandiose de l’art égyptien, ni l’ingénuesimplicité des Grecs, ni la noblesseélégante des Romains, mais un goûtplus pompeux, plus fastueux que pur,et plutôt oriental qu’italien ou grec.Comme dans tous les ouvrages desépoques de transition qui participentà la fois du goût qui s’éteint et de celuiqui va naître, on reconnaît ici le styledes Sarrasins mêlé à celui des artistesdu Nord. Aussi peut-on avec raisondonner à cette architecture le nom d’a-rabo-normande.
Lorsque je sortis de la cathédrale,il pouvait être cinq heures après midi :c’est l’instant de la journée où les Pa-lermitains, ayant achevé la sieste etfait leur seconde toilette, sortent, lesuns pour leurs aflaires et les autres,c’est le plus grand nombre, pour leursplaisirs. Encore habitué au silence età la solitude des villes de la province,je fus frappé de la quantité de voitureset de l’immense population qui rem-plissaient le Cassaro. Il est vrai quel’approche de la fête de sainte Rosalie,si tumultueusement célébrée à Paler-me, avait attiré un grand nombre d’é-trangers; mais néanmoins, je me sou-viens que la première fois que je viscette ville, en venant de Naples ,