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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

ma dernière excursion. Cette petiteville, siège d’un archevêché, est éloi-gnée de deux lieues au plus de Palerme .Une belle route, bordée de bancs demarbres, de fontaines et de trottoirs ,traverse des champs et des vergersrians et fertiles. A peu près à moitiéchemin on aperçoit la torre délia Cuba ,ancien palais des émirs, habité par lespremiers rois normands et transformédepuis en quartier de cavalerie.

ün parvient au monastère par unemontée rendue facile par des travauxqui coûtèrent mille onces d’or à l’arche-vêque Testa. Cette pieuse fondationremonte au milieu du règne de Guil-laume II. La Sainte-Vierge lui avantapparu en songe , lui découvrit un tré-sor et lui ordonna d’élever sur l’empla-cement d’une ancienne forteresse desMaures , une église dont elle - mêmetraça le plan. Le dévot monarque sehâta de remplir les volontés de la Mèrede Dieu, fit jeter en i i^lesfondemensde l’église que l’on voit aujourd’hui, yadjoignit un monastère de bénédictinset obtint du pape Alexandre III lacréation d’un évêché dont le titulairedevait toujours être choisi parmi lesfils de saint Benoit. L’abbé du célèbrecouvent de la Cava près de Salerne ,sur la demande du roi, envoya centmoines de son ordre , en accusant d’unton bien piteux la perversité des tempsqui ne lui permettait pas d’en rassem-bler un plus grand nombre pour cettecolonie.

La cathédrale de Montréal (PL 113)est bien digne de la magnificence deGuillaume le Bon. Le nom de l’ar-chitecte ne nous est pas parvenu. Ilest possible, à en juger par le stylede la construction, qure ce soit un deces artistes arabes que les vainqueurssurent retenir en Sicile par la crainteou parles présens. L’entrée du temple

est ornée d’un porche élégant, soutenupar des colonnes de marbre. De richesportes de bronze, ouvrage de BuonannodePise, représentent des passages dela Bible ; l’inscription porte la datede 1187.

Le premier objet qui frappe lavue en entrant dans l’église, est unimmense buste du Christ qui occupeune vaste niche au-dessus de l’auteld’argent massif. Cet ouvrage en mo-saïque sur un fond d’or produiL unellet imposant. Les yeux énormes sem-blent lire dans' votre âme, et vous vouscroyez face à face avec le Très-Haut.•L’incendie qui ravagea cette église en1811 a un peu endommagé ce précieuxtravail. Dix-huit magnifiques colonnesde granit partagent l’église en troisnefs et soutiennent les arcs en ogivesqui portent la couverture. Les chapi-teaux , tirés de monumens antiques,ne sont pas toujours en rapport avecles fûts. Huit sont d’ordre corinthien ;-les volutes sont remplacées par descornes d’abondance, ce qui pourraitfaire croire qu’ils viennent d’un an-cien temple dédié à Gérés. Le pa-vé est composé de compartimensen marbre de couleur, et de figuresd’hommes, d’animaux ou de plantes.Les murs sont décorés, comme la cha-pelle du palais royal, de marbre dansle bas et de mosaïques dans la partiesupérieure. Le chœur est revêtu deporphyre et de marbre. On conservedans cette église les cendres de Guil-laume le Mauvais, renfermées dans unsarcophage de porphyre environné desix colonnes qui supportent un daisdans le goût de l’époque. Son fils voulutnussi reposer sous ces voûtes qu’ilavait élevées. Une modeste tombe demarbre blanc lui fut érigée en i5j3 ,près de quatre siècles après sa mort,par l’archevêque Ludovic Torres.