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découvert. Là" le ganearou de la Nou-velle-Hollande et l’ibis d’Egypte par-courent les mêmes allées, et l’ananasdu Brésil croît à l’ombre du pin d’E-cosse. Le palais de la Zisa , construc-tion arabe bien conservée, est vis-à-visla villa Wilding. Le médecin et le phi-losophe ne doivent pas manquer devisiter l’établissement formé par M. Pi-sani pour le traitement des maladiesmentales. Les gens de l’art, en le pla-çant au premier rang des institutionsde ce genre, ne font que lui rendrejustice.
J’avais l’intention de quitter la Sicile aussitôt après les fêtes de sainte Rosa-lie : quelques jours me restaient en-core, j’en profitai pour visiter les en-virons de Païenne. Je commençai parla charmante vallée des Colli , abritéedu vent du nord parle monte Pellegri-no. La Favorita, résidence royale bâ-tie dans le goût chinois, s’élève sur lepenchant de la montagne. Je l’ai trou-vée bien au-dessous des louanges em-phatiques des Palermitains. La villa duprince de Belmonte se distingue parmiles nombreuses maisons de plaisancerépandues dans cette vallée, et rivaliseavec les casins ou plutôt les palais dela Bagaria , joli village à l’orient dePalerme , devenu célèbre par le goûtdépravé qui présida à la décoration dupalais du prince Palagonia , dont latête fêlée inventa plus de monstres quel’Arioste,le Dante ou Milton n’en ima-ginèrent. Il faudrait être triplementcuirassé contre le dégoût qu’inspirentces sottes compositions pour décrirece palais tel qu’il existait du temps duprince fondateur. Qu’on se figure unvaste édifice rempli de plusieurs cen-taines de statues monstrueuses, moitiéhomme, moitié poisson, quadrupèdeou oiseau, tous produits d’une imagi-nation déréglée qui rappelle ces vers ;
Immolant la nature au caprice de l’art.
Elle compose un tout de traits pris au hasard.Sur un cou de cheval place une tête humaine ,Le couvre de longs crins, déplumés ou de laine,Puis un buste de femme au sein voluptueux,S’allonge et se replie en serpent tortueux.
Horace, Épilreaux Pisons. Trad. deDARu*
Enfin, pour éviter l’embarras de dé-crire ces conceptions fiévreuses et endonner une idée au lecteur, je ne luidirai pas de laisser courir son imagina-tion , mais seulement que le pauvreprince Palagonia poussa si loin sa pas-sion pour les monstruosités, que safemme étant enceinte, il suppliait leciel de la faire accoucher d’un monstre.
Il ne fut guère moins exagéré dans samanie pour les cornes, il lui en fallaità tous prix, il les faisait ramasser par-tout, les payait au poids de l’or. Sescaves, ses galeries, ses cours, ses sa-lons, ses greniers, sa chambre à cou-cher, salle à manger, chapelle, boudoir,enfin tout en était encombré. Talmente ,me disait un vieux serviteur, vedeteche miracolo ! à Palermo non si vede-vanopiü corne!
Les princes de Butera, Valguarnera ,Trabia Jja Cattolica et d’autres sei-gneurs siciliens possèdent à la Bagariades villas dont le bon goût fait un con-traste bien frappant avec le palais dontnous venons de parler.
On peut recommander aux amateursde points de vue le couvent de Sainte-Marie de Jésus à une petite lieue de laville, l’ancien monastère de Saint-Martin, le musée , la bibliothèque ,l’escalier d’albâtre et les autres ri-chesses qu’il renferme. Les agrono-mes parcourent avec intérêt la valléede Boccadifalco , charmante résidenceoù le dernier roi François I er . s’occu-pait d’agriculture avant son avènementau trône.
Non loin de là est Montréal ouMorréalc , que j’avais réservée pour