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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALERME . 351

L’abbaye contiguë à l’église est d’unerichesse en rapport avec la magnificencede ce monument. Le cloître est tout-à-fait dans le goût mauresque, on secroirait plutôt dans une cour de l’Al-bambra ou sous les portiques d’un pa-lais des califes, que dans un séjour decénobites. De riches colonnes accou-plées soutiennent les arceaux d’un galbeélégant qui règne autour d’un jardinfrais et embaumé ( PI. 1 13).

Nommer les bénédictins, c’est rap-peler à la fois l’amour de la science etdes arts, et le souvenir des servicesrendus à l’esprit humain par les Mabil-lon, les Calmet et les Montfaucon.Lescollections formées par les pères deMontréal , la bibliothèque surtout etle médailler sont bien dignes de laréputation de leur ordre. Ils s’énor-gueillissent avec raison de posséder lechef-d’œuvre de Pietro Novello, ditle Morréalèse et surnommé le Raphaëlde Sicile . Ce tableau, principal orne-ment du grand escalier, représentesaint Benoît donnant la bénédiction àGuillaume le Bon. L’arti ste s’y est peintavec son père et sa fille, héritière deses talens.

Il était tard lorsque je me disposai àretourner à Palerme ; le noble bénédic-tin qui m’avait accompagné dans mavisite à son couvent m’offrit l’hospita-lité pour la nuit. Je l’acceptai avecplaisir, charmé de jouir du lever dusoleil qui, de cet endroit, devait êtreadmirable. Non-seulement je fus trom-pé dans mon attente, car il plut unegrande partie de la nuit et de la ma-tinée : mais, ce qui est pis encore, jerisquai de me trouver sans logement àmon retour à Palerme . Depuis quelquesjours l’affluence des étrangers était telleque les arrivans avaient la plus grandepeine du monde à se loger. En descen-dant de voiture je vis sous le vesti-N.

Luîe de mon hôtel mes malles et toutmon attirail de voyage ; je m’infor-mai de ce qui avait pu provoquerce déménagement , on me réponditqu’un Anglais arrivé dans la nuit s’é-tait emparé de l’unique chambre quej’occupais, et sans façon aucune, avaitremplacé mes bagages par les siens. Jelui rendis la pareille, et je m’attendis àsa visite.

Eu effet, bientôt je le vis entrerchez moi, me faire ses excuses et medire qu’il avait cru que l’hôte , enassurant avoir loué la chambre, tâchaitseulement de lui en imposer afin d’enexiger davantage. Nous nous mîmes àcauser. Il se rendait à Malte , et ne sa-vait, disait-il, quel parti prendre pourla traversée, n’ayant pu trouver debâtiment chargé pour cette destina-tion. Il ajoutait qu’il serait charmé derencontrer un compagnon de voyagepour partager la dépense d’une tar-tanne qu’on fréterait. C’était précisément l’occasion que je cherchais depuismon arrivée. Je lui dis que volontiersje serais delà partie, et les deux hom-mes qui, un quart-d’heure avant, se sou-haitaient aux cent diables, se quittèrenten se donnant la main. Le soir monAnglais avait terminé le marché poursoixante onces d’or. J’en devais payerquarante, ayant le droit de garder latartanne à mes ordres pendant monséjour à Malte, et de revenir à Palerme .Mon compagnon restait à la cité Va-lette , où il était employé du gouver-nement en qualité de médecin. Le dé-part fut fixé le lendemain du dernierjour des fêtes de sainte Rosalie.

J’ai souvent eu occasion de parlerdu monte Pellegrino, célèbre par laretraite d’Amilcar Barcas, et plus en-core par celle de la patrone de Pa-lerme . La fête de cette sainte est l’é-poque de l’année qu’il faut choisir pour

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