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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE

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le visiter. On lui donne dix-neuf centcinquante pieds de linuteur au-dessus,du niveau de la mer. Une route caros-sable et un chemin la scala , que l’ongravit à dos d’âne, y conduisent. Desreposoirs ou stations sont placés dedistance en distance. Une foule de pè-lerins , attirés de tous les points de laSicile et de l’Italie par leur dévotion ,couvrent la route. Les couleurs écla-tantes et la variété de leur costumerendent fort pittoresques les groupesprosternés devant les madones. Ces dé-vots ont fait changer l’ancien nom dela montagne « Erecla , escarpée» en ce-lui quelle porte aujourd’hui.

L’extérieur de l’église est de la plusgrande simplicité. L’intérieur se com-pose de deux pari «es bien distinctes;l’une, qui est à ciel découvert, contientà gauche trois cht'belles; l’autre, lesanctuaire proprement dit, est une sim-ple grotte conservée dans l’état où elleétait quand on y retrouva les restesde la sainte à l’époque de la peste de1624 (PL 114). Lemaître-autel, dédiéà la Vierge immaculée, occupe le fond;à gauche se trouve celui de sainte Ro-salie. Une statue, ouvrage de Tedeschide Florence , représente la sainte cou-chée, la tête appuyée sur une main etde l’autre tenant un crucifix dans l’at-titude où elle fut trouvée. Une robed’or d’un grand prix l’enveloppe. Onremarque près d’elle une tête de mort,une écuelle., un bourdon, un livre etune discipline pareillement en or , pré-cieux témoignage de la piété de Char-les III. Cette statue est couverte depierres précieuses et toute l’égliseresplendit des riches offrandes des dé-vots palermitains. On entre dans lapartie découverte par un vestibule dé-coré des médaillons de Charles III,Ferdinand I flt .. et de la reine Marie-Caroline d'Autriche.

Le 11 de juillet, je fus éveillé par unbruit inaccoutumé ; les salves des fortsannonçaient la fêle si impatiemmentattendue. Je sortis. Des préparatifss’achevaient de tous côtés : là c’étaientdes orchestres,ici des estrades,plusloindes tentures, partout force mangeaiîle.Deux heures avant le coucher du soleilune décharge de boîtes et d’artillerieavertit du départ du chai’ de sainteRosalie (PL ii4), qui du bord de lamer entra dans le cassaro par la portefelice, et se rendit au palais du roi entraversant toute la ville.

Une énorme conque dorée, portéesur quatre roues massives, forme labase de cette machine; un vaste or-chestre en amphithéâtre s’élève surle devant. Au-dessus et en arrière estune chapelle de quinze à vingt piedsd’élévation. Les miracles et les traitsles plus saillans de l’histoire de lasainte y sont représentés sur chaqueface. Tout autour se groupent les ver-tus qui lui méritèrent la béatitude,et des anges, c’est-à-dire de jeunesfilles et des enlans bizarrement accou-trés d’oripeaux et affublés d’ailes enplumes de couleur. Au sommet de lachapelle, des touffes de palmes doréessoutiennent un amas de nuages d’oùs’élève sainte Rosalie, vêtued’une robevirginale et entourée d’anges et de ché-rubins. Le char, de soixante pieds dehaut, s’élève jusqu’au comble des pa-lais : il s’avance, lentement traîné parune quarantaine de bœufs , au milieudes. cris d’allégresse d’une multitudeivre de plaisir. Ce spectacle, est sanscontredit d’un effet surprenant,.quoi-que produit avec rien. De mauvaisespeintures,, des dorures qui. ne tien-draient pas quinze jours, desdraperiesà trente sous l’aune,, du carton, duclinquant, des morceaux de verre, sontarrangés av.ee tant d’adresse que l’on