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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MALTE .

Lavalette renferme une bibliothè-que publique , où l’on trouve quelquesantiquités ; elle a aussi un hôpital, fon-dé parles religieux de Saint-Jean, qui,suivant une coutume usitée jusqu’auseizième siècle parmi le clergé, joi-gnaient des connaissances médicalesà l’étude du sacerdoce, et offraientaux malades le baume spirituel et lessecours temporels. Depuis que cettepieuse institution a disparu, l’hôpitalest tombé entre les mains des laïques,dont le zèle est, dit-on, moins vif, etla charité moins ardente que ceux desanciens infirmiers religieux.

Les principales villa des grands-maîtres étaient celles du Bosclietto etde Saint-Antoine. La première , flan-quée de tours aux quatre angles, al’apparence d’un château fort. L’ar-chitecture de cet édifice se ressent,comme on le voit, des occupationsbelliqueuses des fondateurs. Il est inha-bité maintenant, ce qui lui donne unephysionomie triste et mélancolique.Cependant, à l’occasion de quelquesfêtes , et durant les beaux jours del’été , les paysans viennent y danser etrendre aux environs un peu de vie etde gaieté. Dans la vallée que dominele château, s’étend un joli bosquet d’o-rangers, dont l’ombrage abrite les plai-sirs des habitans. Leur affluence estsi grande dans certaines circonstan-ces , et leur goût pour les fêtes célé-brées dans cet endroit est si vif, queles Maltaises, en se mariant,'exigent,dit-on, de leurs fiancés une promesseécrite de les conduire ponctuellementaux fêtes annuelles du Bosclietto et deSaint-Grégoire, célébrées au casai deZeitun, à quelque distance de la citéValette. Cette coutume se retrouveaussi en Italie , où le culte et les pra-tiques extérieures de la religion ont unesi puissante influence sur l’imagina-tion des habitans.

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L’aspect des campagnes autour desvilles et des villages de Malte estpoudreux ; on aperçoit çà et là quel-ques bouquets de verdure. La terrelégère qui compose le sol de l’ile pro-duit une poussière si épaisse qu’il estabsolument impossible de se prome-ner à pied ou de monter à cheval. Pourobvier à cet inconvénient, on se sertde petites voitures couvertes (PI. 118),traînées par un seul mulet, sous la con-duite d’un muletier qui va constam-ment à pied, et cela pendant des jour-nées entières du plus fatigant voyage;puisqu’ils sont plus que personneexposés à la poussière et aux rayonssolaires réfléchis de toutes parts parles roches blanches de l’île.

Cette couleur est généralement cellede toutes les pierres qu’on emploiepour bâtir, ce qui contribue, ainsique la rareté des chevaux et des voi-tures dans l’intérieur des villes, à don-ner aux rues un grand air de pro-preté. La diversité infinie de formeset d’aspect que présentent les mai-sons ; les balcons pittoresques où lesMaltaises viennent s’asseoir et pren-dre le frais ; dans les rues le costumenoir des habitans, surtout des femmes,ordinairement revêtues du faldet, ougrand voile en taffetas noir, qui con-traste avec l’éclat et la blancheur desédifices environnans ; les souvenirs quisurgissent en présence de quelques-unsde ces édifices; les canons, les drape-ries, les vaisseaux, les nègres, les Afri-cains, les Turcs, les turbans, les cime-tères, les cuirasses, brillant au milieudes croix de Malte qui les dominent en-core de toute leur puissance historique,tout cet ensemble exalte l’imagination.

Quand les chevaliérs de Saint-Jeanprirent possession de Malte, elle comp-tait à peine dix mille âmes. Depuis, sapopulation s’est élevée j usqu’à cent tren-te mille, en comprenant l’île de Gozzo.