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Marc, dont la façade légère et les dômescouverts de plomb, rappellent une mos-quée de Constantinople ou du Caire :de l’autre côté des arcades régulières etdes boutiques comme au Palais-Royal deParis . Le même contraste se trouveparmi les hommes ; ce sont des Turcs,des Grecs, des . Arméniens étendus,immobiles , prenant le café ou dessorbets sous de grandes toiles sem-blables, par l’éclat de leurs couleurs, àde véritables tentes, et fumant des par-fums dans leurs longues pipes de boisrose à bout d’ambre. Ces enfans del’Orient, quel que soit leur rang dansla vie, ont toujours 1 apparence de l’a-ristocratie de la nature; mais de telsvisiteurs sont maintenant assez rares àVenise , et si l’on voit de temps à autreun galion ou une argosil à l’ancre dansson port, ces navires ne font que rappelerfaiblement les flottes qui venaient enfoule échanger les épices de l’Arabie,ou les diamans et l’or de l’Asie et del’Afrique , contre les étoffes, les soies,les armes et les miroirs des manufac-tures vénitiennes.
On voit un nombre infini de co-lombes sur la place Saint-Marc ; ceshabitans aériens remontent aux ancienstemps de Venise . Alors il était d’usage,le jour des Rameaux , de lâcher, au-dessus de la porte principale de Saint-Marc un grand nombre d’oiseaux avecde petits rouleaux de papiers attachésà la patte, ce qui les forçait à tomber,malgré leurs efforts pour se soutenirquelque temps en l’air; le peuple se lesdisputait aussitôt avec violence. C’étaitune espèce de distribution en nature.Il arriva que quelques-uns de ces pi-geons se délivrèrent de leurs entraves,et cherchèrent un asile sur les toits del’église de.Saint-Marc et du palais Ducal,près de ces plombs redoutables où gé-
missaient des captifs humains ; ils s’ymultiplièrent rapidement, et tel futl’intérêt qu’inspirerenl ces réfugiés que,d’après le vœu général, un décret futrendu portant qu’ils seraient non-seu-lement respectés, mais nourris auxfrais de l’état. Venise a perdu sa liberté,et ces oiseaux, toujours légers et gra-cieux, semblent avoir échappé à laconquête.
Après avoir passé le grand portaildu milieu, l’église de Saint-Marc pa-rait directement en face, et l’on voitune mosquée, un temple , une cathé-drale ; car cette église pourrait êtredédiée à Mahomet , à Isis, au Christ.Ses ordres d’architecture, grec, arabes-que, ou gothique, mêlés d’une manièrebarbare, produisent cependant un sibel effet, que toute idée d’harmonie etde proportion est mise en défaut. Lesporches, les dômes., les minarets, lesdessins moresques, les arceaux gothi-ques , les colonnes grecques, sontcolorés par des incrustations d’or, or-nés de mosaïques , de pierres précieu-ses de toutes les couleurs et de toutesles régions. Les arcades arrondies quis’élèvent sur la principale entrée sontencore couvertes d’ornemens sculptés,aussi minutieux, aussi grotesques queles statues de saints et les autres fieu-
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res qui décorent les pinacles placés au-dessus. On voit, sur les premières deces arcades , les quatre chevaux de Li-sippe, dépouilles qui ont orné succes-sivement les arcs de triomphe de Rome ,de Constantinople , le portail de Saint-Marc , et la place des Tuileries àParis .
Au-dessus de la seconde arcade (quiest remplie par une grande fenêtre deglace dépolie ), Saint-Marc , patron dela cité, paraît sur un fond bleu et or,non dans son caractère de douceur apos-