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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

Marc, dont la façade légère et les dômescouverts de plomb, rappellent une mos-quée de Constantinople ou du Caire :de lautre côté des arcades régulières etdes boutiques comme au Palais-Royal deParis . Le même contraste se trouveparmi les hommes ; ce sont des Turcs,des Grecs, des . Arméniens étendus,immobiles , prenant le café ou dessorbets sous de grandes toiles sem-blables, par léclat de leurs couleurs, àde véritables tentes, et fumant des par-fums dans leurs longues pipes de boisrose à bout dambre. Ces enfans delOrient, quel que soit leur rang dansla vie, ont toujours 1 apparence de la-ristocratie de la nature; mais de telsvisiteurs sont maintenant assez rares àVenise , et si lon voit de temps à autreun galion ou une argosil à lancre dansson port, ces navires ne font que rappelerfaiblement les flottes qui venaient enfoule échanger les épices de lArabie,ou les diamans et lor de lAsie et delAfrique , contre les étoffes, les soies,les armes et les miroirs des manufac-tures vénitiennes.

On voit un nombre infini de co-lombes sur la place Saint-Marc ; ceshabitans aériens remontent aux ancienstemps de Venise . Alors il était dusage,le jour des Rameaux , de lâcher, au-dessus de la porte principale de Saint-Marc un grand nombre doiseaux avecde petits rouleaux de papiers attachésà la patte, ce qui les forçait à tomber,malgré leurs efforts pour se soutenirquelque temps en lair; le peuple se lesdisputait aussitôt avec violence. Cétaitune espèce de distribution en nature.Il arriva que quelques-uns de ces pi-geons se délivrèrent de leurs entraves,et cherchèrent un asile sur les toits deléglise de.Saint-Marc et du palais Ducal,près de ces plombs redoutables gé-

missaient des captifs humains ; ils symultiplièrent rapidement, et tel futlintérêt quinspirerenl ces réfugiés que,daprès le vœu général, un décret futrendu portant quils seraient non-seu-lement respectés, mais nourris auxfrais de létat. Venise a perdu sa liberté,et ces oiseaux, toujours légers et gra-cieux, semblent avoir échappé à laconquête.

Après avoir passé le grand portaildu milieu, léglise de Saint-Marc pa-rait directement en face, et lon voitune mosquée, un temple , une cathé-drale ; car cette église pourrait êtredédiée à Mahomet , à Isis, au Christ.Ses ordres darchitecture, grec, arabes-que, ou gothique, mêlés dune manièrebarbare, produisent cependant un sibel effet, que toute idée dharmonie etde proportion est mise en défaut. Lesporches, les dômes., les minarets, lesdessins moresques, les arceaux gothi-ques , les colonnes grecques, sontcolorés par des incrustations dor, or-nés de mosaïques , de pierres précieu-ses de toutes les couleurs et de toutesles régions. Les arcades arrondies quisélèvent sur la principale entrée sontencore couvertes dornemens sculptés,aussi minutieux, aussi grotesques queles statues de saints et les autres fieu-

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res qui décorent les pinacles placés au-dessus. On voit, sur les premières deces arcades , les quatre chevaux de Li-sippe, dépouilles qui ont orné succes-sivement les arcs de triomphe de Rome ,de Constantinople , le portail de Saint-Marc , et la place des Tuileries àParis .

Au-dessus de la seconde arcade (quiest remplie par une grande fenêtre deglace dépolie ), Saint-Marc , patron dela cité, paraît sur un fond bleu et or,non dans son caractère de douceur apos-