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firmes de la puissance de quelque consuloisif, ou l’inscription de certaines au-torités administratives et financièresde l’Autriche .
Ces palais sont privés de jardins pourla plupart, comme presque tous lespalais d’Italie , car il semble qu’en cebeau pays tout soit sacrifié à l’archi-tecture. L’agrément et la commoditésurtout y sont comptés pour peu dechose; des colonnes, des galeries, debeaux escaliers, de grands et somptueuxappartemens , voilà ce qui plaît auxItaliens ; et, pourvu que l’œil des con-naisseurs soit satisfait, ils paraissents embarrasser peu d’être commodémentet agréablement chez eux. Tout en cepays est pour la vue ; on s’inquiète peudu confortable.
Mais l’eau qui baigne ces palais leurdonne une apparence de submersion etd’humidité qui produit un effet désa-gréable aux yeux de celui qui n’y estpoint habitué. En outre le silence quirègne sur ces canaux, et l’absence detout bruit de voitures et de chevauxdans cette grande ville, font éprouvera l’étranger une sensation non moinssingulière : Venise semble habitée parle dieu du silence.
Voici en quels termes M. Valéryexplique cet abandon des palais deVenise , délaissés aujourd’hui par leursvénérables patriciens. « Cet abandon,dit-il, avait commencé dès le derniersiècle avec la décadence de la répu-blique, alors que les patriciens dé-générés préféraient se loger dans uncasino voisin de la place Saint-Marc ,au lieu d’habiter les anciens palais deleurs pères, trop grands pour leur pe-titesse. Le jeu, le célibat, et l’espèced’égoïsme social qu’ils produisent ,avaient aflàibli les mœurs de la noblessevénitienne : quelles vertus publiquespouvait-on attendre du sénateur qui,
revêtu de sa toge et des pompeux in-signes de sa dignité, avait, en personne,été croupier de pharaon? Ils renon-cèrent, dit-on, unaniment à ce privilègelucratif, lorsque les jeux furent abolis,quelque temps avant la chute de la ré-publique ; mais il est probable que lemal était fait, et qu’il était trop tardpour revenir à des sentimens plus gra-ves et plus élevés. Les jeux de Venise ,prétendent ‘les défenseurs de son an-cien régime, servaient à développer laforce morale; ils étaient renommés pourl’impassibilité presque stoïque avec la-quelle on perdait ou on gagnait les plusénormes sommes. Cette espèce de cou-rage qui fait risquer sa fortune sur unecarte, peut indiquer de la fermeté chezles individus, mais elle doit être la per-te d’une société, et l’habitude de la foiau hasard est surtout funeste en politi-que. Quant au célibat, réprimé et pu-ni chez les Romains, il était alors à Ve nise comme un des privilèges de l’aîné,de l’homme d’esprit ou de l’ambitieuxde chaque famille, et le mariage deve-nait une des charges du cadet ou de ce-lui qui donnait le moins d’espérance.C’était l’opposé de ce qui se pratiquaitdans les grandes maisons des états mo-narchiques ; mais ces divers célibats ,qui n’étaient ni le célibat sacré de lareligion ni le célibat philosophiquede l’étude, se rapprochaient beaucoupde celui dont le libertinage est le prin-cipe ». N’ésitons pas sur ces détailsaffligeans, et occupons-nous de dési-gner au lecteur les divers monumensdevant lesquels s’arrête notre gondole.La nous apparaît le pont de marbredé Rialto (PI. 2i4), édifice marchand,garni de boutiques dans le genre decelles du Pont-Neuf à Paris . Ce pontrappelle l’origine, les fêtes et la prospé-rité de Venise ;ici, c’est-à-dire sur lapointe de terre qui est presque en face