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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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VENISE .

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firmes de la puissance de quelque consuloisif, ou linscription de certaines au-torités administratives et financièresde lAutriche .

Ces palais sont privés de jardins pourla plupart, comme presque tous lespalais dItalie , car il semble quen cebeau pays tout soit sacrifié à larchi-tecture. Lagrément et la commoditésurtout y sont comptés pour peu dechose; des colonnes, des galeries, debeaux escaliers, de grands et somptueuxappartemens , voilà ce qui plaît auxItaliens ; et, pourvu que lœil des con-naisseurs soit satisfait, ils paraissents embarrasser peu dêtre commodémentet agréablement chez eux. Tout en cepays est pour la vue ; on sinquiète peudu confortable.

Mais leau qui baigne ces palais leurdonne une apparence de submersion etdhumidité qui produit un effet désa-gréable aux yeux de celui qui ny estpoint habitué. En outre le silence quirègne sur ces canaux, et labsence detout bruit de voitures et de chevauxdans cette grande ville, font éprouvera létranger une sensation non moinssingulière : Venise semble habitée parle dieu du silence.

Voici en quels termes M. Valéryexplique cet abandon des palais deVenise , délaissés aujourdhui par leursvénérables patriciens. « Cet abandon,dit-il, avait commencé dès le derniersiècle avec la décadence de la répu-blique, alors que les patriciens dé-générés préféraient se loger dans uncasino voisin de la place Saint-Marc ,au lieu dhabiter les anciens palais deleurs pères, trop grands pour leur pe-titesse. Le jeu, le célibat, et lespècedégoïsme social quils produisent ,avaient aflàibli les mœurs de la noblessevénitienne : quelles vertus publiquespouvait-on attendre du sénateur qui,

revêtu de sa toge et des pompeux in-signes de sa dignité, avait, en personne,été croupier de pharaon? Ils renon-cèrent, dit-on, unaniment à ce privilègelucratif, lorsque les jeux furent abolis,quelque temps avant la chute de la ré-publique ; mais il est probable que lemal était fait, et quil était trop tardpour revenir à des sentimens plus gra-ves et plus élevés. Les jeux de Venise ,prétendentles défenseurs de son an-cien régime, servaient à développer laforce morale; ils étaient renommés pourlimpassibilité presque stoïque avec la-quelle on perdait ou on gagnait les plusénormes sommes. Cette espèce de cou-rage qui fait risquer sa fortune sur unecarte, peut indiquer de la fermeté chezles individus, mais elle doit être la per-te dune société, et lhabitude de la foiau hasard est surtout funeste en politi-que. Quant au célibat, réprimé et pu-ni chez les Romains, il était alors à Ve­ nise comme un des privilèges de laîné,de lhomme desprit ou de lambitieuxde chaque famille, et le mariage deve-nait une des charges du cadet ou de ce-lui qui donnait le moins despérance.Cétait lopposé de ce qui se pratiquaitdans les grandes maisons des états mo-narchiques ; mais ces divers célibats ,qui nétaient ni le célibat sacré de lareligion ni le célibat philosophiquede létude, se rapprochaient beaucoupde celui dont le libertinage est le prin-cipe ». Nésitons pas sur ces détailsaffligeans, et occupons-nous de dési-gner au lecteur les divers monumensdevant lesquels sarrête notre gondole.La nous apparaît le pont de marbre Rialto (PI. 2i4), édifice marchand,garni de boutiques dans le genre decelles du Pont-Neuf à Paris . Ce pontrappelle lorigine, les fêtes et la prospé-rité de Venise ;ici, cest-à-dire sur lapointe de terre qui est presque en face