Buch 
[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
Entstehung
Seite
32
JPEG-Download
 

3a LITALIE .

de Saint-Marc, sélève la dogatia diMare (PL 220). Cestdece mot rlogana'que nous avons tiré celui de douane,lorsque nous faisions venir en France des Toscans et des Lombards pour éta-blir des fermes et inventer des impôts;ce mot vient dedoga, qui signifiaitautre-fois un tonneau, parce quela plupartdesmarchandises se mettaient dans des ton-neaux. Cette douane présente une bellecolonnade en marbre, qui supporte unetour, au-dessus de laquelle on voit ungrand globe de bronze doré soutenupar plusieurs figures ; sur ce globe ona place une figuré de la F or tune, quitourne en forme de girouette ; cet em-blème sapplique heureusement auxhasards et aux incertitudes du com-merce.

Les églises de Venise sont nombreu-ses, et même aujourdhui encore,magnifiques. Les plus importantes sontcelles de Saint-Sébastien, qui possèdele tombeau de Paul Véronèse ; Saint-Georges-Majeur, une des merveillesde Palladio ; Saint-Luc, lArétin atrouvé un tombeau ; Saint-Gervais etSaint-Protais , temples grecs, consacrésà lOreste et au Pilade des chrétiens,ainsi que les a surnommés M. de Châ-teaubriand; les Frati, lon croit quele Titien fut enterré; la Salute (PI.21g), qui, malgré la multitude dor-nemensdont elle est surchargée, est ad-mirable par les tableaux des diversesépoques du Titien ; léglise et la con-frérie de Saint-Roch , merveilles delart, dues aux pestes de Venise ( cefléau provenait des rapports nombreuxde la ville maritime avec lOrient, alorsque son commerceflorissait). Cétaientlesbeaux jours de Venise . Nous ne fini-rions ja mais si nous voulions accompa-gner lénumération de toutes ces églisesdune histoire détaillée. Le plus ancienédifice de cegenre est Santa-Maria délia

Carit 'a , dont la première constructiondate du douzième siècle. Elle devaitson ancienne célébrité à sa festa et auxindulgences que lui accorda le papeAlexandre, après quil y eut trouvé unrefuge contre la persécution de Barbe-rousse. La fête de Sainte-Marie de laCharité, honorée de la présence dudoge et de sa suite, a continué detrecélébrée avec splendeur jusquen 1796,année fatale à tant dautres fêtes anti-ques.

Mais notre gondole vogue toujours ,et nous voici en face du palais Foscari(PI. 221 ). Cet antique édifice est enruine, mais son aspect majestueux, dé-solé , convient aux souvenirs quil rap-pelle : on sent quil a être le séjourde cette famille malheureuse, déchuedu pouvoir, punie par la prison, lexilet la mort, et qui semble, comme celledes Stuarts , une famille vraiment aris-tocratique.

Lord Byron occupait le palais Moce-nigo, sur le grand canal. Jai beaucoupentendu parler du séjour que ce grandpoëte avait fait à Venise pendant plu-sieurs années, et des scènes qui se pas-sèrent au palais Mocenigo ; jai vuavec regret que la considération nétaitpas toujours compagne de la gloire. Lavie de Venise , cette vie de silence, deplaisir, de veilles et de bibliothèque,devait dailleurs convenir à un poëte.

Venise , la Città dOro, «la VilledOr » ainsi que lappelle Pétrarque ,contient encore quelques autres beauxpalais, habités par les illustres descen-dans des premiers Vénitiens , les Pisa-gi , les Grimaldi , les Micheli , lesGiustiniani, etc. Chacun de ces édifi-ces possède des chefs-dœuvre de pein-ture. Partout on y. voit les ouvragesdes maîtres de.lart, des Cimabue , des^ Giotto , des Mantegna , des Murillo,