de Saint-Marc, s’élève la dogatia diMare (PL 220). C’estdece mot rlogana'que nous avons tiré celui de douane,lorsque nous faisions venir en France des Toscans et des Lombards pour éta-blir des fermes et inventer des impôts;ce mot vient dedoga, qui signifiaitautre-fois un tonneau, parce quela plupartdesmarchandises se mettaient dans des ton-neaux. Cette douane présente une bellecolonnade en marbre, qui supporte unetour, au-dessus de laquelle on voit ungrand globe de bronze doré soutenupar plusieurs figures ; sur ce globe ona place une figuré de la F or tune, quitourne en forme de girouette ; cet em-blème s’applique heureusement auxhasards et aux incertitudes du com-merce.
Les églises de Venise sont nombreu-ses, et même aujourd’hui encore,magnifiques. Les plus importantes sontcelles de Saint-Sébastien, qui possèdele tombeau de Paul Véronèse ; Saint-Georges-Majeur, une des merveillesde Palladio ; Saint-Luc, où l’Arétin atrouvé un tombeau ; Saint-Gervais etSaint-Protais , temples grecs, consacrésà l’Oreste et au Pilade des chrétiens,ainsi que les a surnommés M. de Châ-teaubriand; les Frati, où l’on croit quele Titien fut enterré; la Salute (PI.21g), qui, malgré la multitude d’or-nemensdont elle est surchargée, est ad-mirable par les tableaux des diversesépoques du Titien ; l’église et la con-frérie de Saint-Roch , merveilles del’art, dues aux pestes de Venise ( cefléau provenait des rapports nombreuxde la ville maritime avec l’Orient, alorsque son commerceflorissait). C’étaient làlesbeaux jours de Venise . Nous ne fini-rions ja mais si nous voulions accompa-gner l’énumération de toutes ces églisesd’une histoire détaillée. Le plus ancienédifice de cegenre est Santa-Maria délia
Carit 'a , dont la première constructiondate du douzième siècle. Elle devaitson ancienne célébrité à sa festa et auxindulgences que lui accorda le papeAlexandre, après qu’il y eut trouvé unrefuge contre la persécution de Barbe-rousse. La fête de Sainte-Marie de laCharité, honorée de la présence dudoge et de sa suite, a continué detrecélébrée avec splendeur jusqu’en 1796,année fatale à tant d’autres fêtes anti-ques.
Mais notre gondole vogue toujours ,et nous voici en face du palais Foscari(PI. 221 ). Cet antique édifice est enruine, mais son aspect majestueux, dé-solé , convient aux souvenirs qu’il rap-pelle : on sent qu’il a dû être le séjourde cette famille malheureuse, déchuedu pouvoir, punie par la prison, l’exilet la mort, et qui semble, comme celledes Stuarts , une famille vraiment aris-tocratique.
Lord Byron occupait le palais Moce-nigo, sur le grand canal. J’ai beaucoupentendu parler du séjour que ce grandpoëte avait fait à Venise pendant plu-sieurs années, et des scènes qui se pas-sèrent au palais Mocenigo ; j’ai vuavec regret que la considération n’étaitpas toujours compagne de la gloire. Lavie de Venise , cette vie de silence, deplaisir, de veilles et de bibliothèque,devait d’ailleurs convenir à un poëte.
Venise , la Città d’Oro, «la Villed’Or » ainsi que l’appelle Pétrarque ,contient encore quelques autres beauxpalais, habités par les illustres descen-dans des premiers Vénitiens , les Pisa-gi , les Grimaldi , les Micheli , lesGiustiniani, etc. Chacun de ces édifi-ces possède des chefs-d’œuvre de pein-ture. Partout on y. voit les ouvragesdes maîtres de.l’art, des Cimabue , des^ Giotto , des Mantegna , des Murillo,