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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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DE VENISE

San-Micheli a tout fait. On lui doit mê-me de superbes remparts, chefs-dœu-vre darchitecture militaire , et dont ladémolition fut une des conditions dutraité de Lunéville. On peut juger parles débris du bastion dEspagne , parcelui delle Boccare , encore intact, dela solidité de ces fortifications.

La bibliothèque du chapitre na puéchapper au pillage littéraire de cesderniers temps ; plusieurs manuscritset rares éditions nont point reparu de-puis, et la science a beaucoup perduàtoutes ces acquisitions violentes. Malgréce vandalisme, Y érone est célèbre par lesgens de lettres quelle a produits. Plinele naturaliste, Catulle , Yitruve,Corné­ lius Népos , EmiliusMacer, etbeaucoupdautres sont comptés parmi ses ancienscitoyens. On met au nombre des moder-nes, Fracastoro , mathématicien, méde-cin et poëte distingué. Fracastoio nestplus quun nom, el cependantilfut undes premiers hommes de son siècle. Savie honorabl e e t pu re aj outeencore à lad,miration quinspirent ses talens. Géné-reux, sensible, secourable, cestàlncaffi,colline aux environs de Vérone , quiljouissait des vrais biens de lâme, leslettres et lamitié. Cest que, pen-dant une peste qui ravageait la ville,il composa ce poëme si chaste, dont letitre lest beaucoup moins (la Syphilis),cet ouvrage charmant, lon trouveune sensibilité véritable et une émo-tion exquise de lâme, à la fois éprisedes beautés de la nature et passionnéepourle bien du pays. On croirait enten-dre comme un écho lointain , maissonore, des chants du cygne de'Man-toue. Certes, un pareil jugement pa-raîtra extraordinaire à ceux qui, surla foi dun titre trompeur, croirontne trouver dans le poëme de Fracas­ toro que des descriptions relatives à unmal immonde !

A MILAN .

Les environs de Vérone ont donnénaissance à Jules-César Scaliger , cethomme extraordinaire, dont on disaitquil ny avait point eu de plus grandphilosophe depuis Aristote , pas deplus grand poêle depuis Virgile , pasde plus grand médecin depuis Hippo­ crate . Les arts ont aussi de nobles re-présentons à Vérone . Cette ville citeavec orgueil les noms des deux Ricci,de 1 Oibetto et de Sartori; mais à latete de tous ces artistes il faut placerPaul Véronèse , devenu si célèbre parla fertilité de son imagination, par lavérité de ses couleurs, et par le beaunaturel de ses expressions. Venise pos-sède de lui une Apothéose , qui toute-fois ne fit pas autant dhonneur à Paul que les différentes Cènes quon doit àson pinceau. La plus célèbre est cellequon appelle les Noces de Cana % donton a fait un grand nombre de copies.Chose extraoidinaire ! cette vaste com-position qui contient plus de centtrente figures, ne fut payée que quatrecents francs de notre monnaie '.Assuré-ment, à ne juger que par ce fait, lesiècle vivait Paul Véronèse ne futpoint celui de lâge dor. Le caractèrede cet artiste était doux, aimable,libéral. Nous ne saurions mieux termi-ner ce qui le concerne quen prenantentre mille un des traits qui prouventla délicatesse dont il était doué. Onlaccueillit un jour avec bonté dansune ville située près de Venise ; ilpassa quelque temps au sein duneaimable famille. Lorsquil fut parti, lehasard conduisit le maître de la mai-son dans la chambrequil avait occupée.Quel ne fut pas létonnement du pro-priétaire en a percevant un beau tableaureprésentant la famille de Darius ! Onapprit bientôt que cétait un cadeau dupeintre délicat et reconnaissant. Cetou-vrage, quoique fait à la hâte, puisque