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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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LITALIE .

Yéronèse navait pu lui consacrer quequelques heures prises à 1 insu detout le monde, pendant son séjour à lavilla , étaitplein de charme et de talent.

Avant de quitter Vérone , consa-crons quelques instans à visiter sespalais; le plus beau est celui que fitconstruire Louis Canossa. Les rois etles empereurs habitèrent cet édifice ,du haut duquel la vue domine toute lapompe de iAdige . Le palais Ridolfi estsingulièrement curieux, à cause de sacollection de portraits et de costumesdu moyen âge. Quant au palais Bévi-lacqua, il a perdu le précieux musée,qui, pendant deux siècles, fit sa répu-tation.

Nous ne passerons pas auprès dumarché aux herbes, sans remarquerune colonne quil suffisait autrefois auxdébiteurs davoir touché pour être àlabri des poursuites de leurs créan-ciers; cétait un frein étrange, et quiprouve à sa manière lintention de pré-venir les rigueurs de la contrainte parcorps, si redoutable chez les peupleslibres.

Dans le quartier de la ville , appeléV^eronetta, on voit aussi quelquesmonumens anciens et modernes ; entreautres un grand portique (PI. 227), ap-pel è porta B or sari,où. se trouve une

inscription qui date du temps de lempe-reur Gallien . Les jardinsdu palaisGius- ti sétendent aussi de ce côté: onyjouitdun beau coup dœil ; non-seulementon découvre toute la ville, mais en-core une immense étendue de paysjusquaux montagnes des Alpes , parmilesquelles domine le Monte Baldo ,surnommé le jardin des Alpes .

Ce fut sous 1 influence dune impres-sion qui n était pas moins vive quecelle que javais éprouvée au premieraspect de Vérone , que je méloignai decette ville intéressante. En effet, elle

réunit de beaux monumens de toutesles époques de lantiquité, du moyenâge et de la renaissance. Aux pein-tres , elle offre de belles collections ; auxpaysagistes , des environs poétiques ;elle fournit même son tribut aux scien-ces naturelles. On connaît, en effet,la terre verte, les poissons pétrifiés, etles dalles de pierre blanche du terri-toire de Vérone . Enfin , ce quartiergénéral autrichien, pour le royaumeLombard, produit encore leffet dunebelle capitale.

Avant de nous rapprocher de louestde lItalie , jetons un coup dœil sur lescontrées que nous laissons au sud-estde la Vénétie propre. se trouveune vallée appartenant aux Alpes ,dites anciennement Rhétiennes , etquon nomme depuis sept ou huit siè-cles le Tyrol, du nom dun châteaudemeuraient autrefois les maîtres deces contrées montueuses. La rive gau-che de lAdige , qui est restée à lamaison dAutriche par les traités deCampo-Formio et de Lunéville , tientimmédiatement au pays vénitien , etlui est dun plus grand avantage quauduché de Milan , dont elle se trouvaitséparée par une grande partie duVéro-nais, par le Bressan et par le Berga-masque. LesTyrréniens, maîtres jadisdune grande partie de la péninsule,chassés des rives du par les Gaulois,se réfugièrent daùs les Alpes , sur lesrives delAdige , se mêlèrent avec lesanciens liabitans de ces Alpes , et encontractèrent la férocité et la barbarie.Cest lidée quen donne Tite-Live , enparlant deux à une époque fort anté-rieure à la guerre quon leur fit sousAuguste . Cette idée est assez conformeà celle quHorace exprima dans deuxde ses odes les plus sublimes. Mais ily a bien de lapparence que les poèteset les historiens ne parlaient que des