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Yéronèse n’avait pu lui consacrer quequelques heures prises à 1 insu detout le monde, pendant son séjour à la■villa , étaitplein de charme et de talent.
Avant de quitter Vérone , consa-crons quelques instans à visiter sespalais; le plus beau est celui que fitconstruire Louis Canossa. Les rois etles empereurs habitèrent cet édifice ,du haut duquel la vue domine toute lapompe de i’Adige . Le palais Ridolfi estsingulièrement curieux, à cause de sacollection de portraits et de costumesdu moyen âge. Quant au palais Bévi-lacqua, il a perdu le précieux musée,qui, pendant deux siècles, fit sa répu-tation.
Nous ne passerons pas auprès dumarché aux herbes, sans remarquerune colonne qu’il suffisait autrefois auxdébiteurs d’avoir touché pour être àl’abri des poursuites de leurs créan-ciers; c’était un frein étrange, et quiprouve à sa manière l’intention de pré-venir les rigueurs de la contrainte parcorps, si redoutable chez les peupleslibres.
Dans le quartier de la ville , appeléV^eronetta, on voit aussi quelquesmonumens anciens et modernes ; entreautres un grand portique (PI. 227), ap-pel è porta dé B or sari,où. se trouve une
inscription qui date du temps de l’empe-reur Gallien . Les jardinsdu palaisGius-■ ti s’étendent aussi de ce côté: onyjouitd’un beau coup d’œil ; non-seulementon découvre toute la ville, mais en-core une immense étendue de paysjusqu’aux montagnes des Alpes , parmilesquelles domine le Monte Baldo ,surnommé le jardin des Alpes .
Ce fut sous 1 influence d’une impres-sion qui n était pas moins vive quecelle que j’avais éprouvée au premieraspect de Vérone , que je m’éloignai decette ville intéressante. En effet, elle
réunit de beaux monumens de toutesles époques de l’antiquité, du moyenâge et de la renaissance. Aux pein-tres , elle offre de belles collections ; auxpaysagistes , des environs poétiques ;elle fournit même son tribut aux scien-ces naturelles. On connaît, en effet,la terre verte, les poissons pétrifiés, etles dalles de pierre blanche du terri-toire de Vérone . Enfin , ce quartiergénéral autrichien, pour le royaumeLombard, produit encore l’effet d’unebelle capitale.
Avant de nous rapprocher de l’ouestde l’Italie , jetons un coup d’œil sur lescontrées que nous laissons au sud-estde la Vénétie propre. Là se trouveune vallée appartenant aux Alpes ,dites anciennement Rhétiennes , etqu’on nomme depuis sept ou huit siè-cles le Tyrol, du nom d’un château oùdemeuraient autrefois les maîtres deces contrées montueuses. La rive gau-che de l’Adige , qui est restée à lamaison d’Autriche par les traités deCampo-Formio et de Lunéville , tientimmédiatement au pays vénitien , etlui est d’un plus grand avantage qu’auduché de Milan , dont elle se trouvaitséparée par une grande partie duVéro-nais, par le Bressan et par le Berga-masque. LesTyrréniens, maîtres jadisd’une grande partie de la péninsule,chassés des rives du Pô par les Gaulois,se réfugièrent daùs les Alpes , sur lesrives del’Adige , se mêlèrent avec lesanciens liabitans de ces Alpes , et encontractèrent la férocité et la barbarie.C’est l’idée qu’en donne Tite-Live , enparlant d’eux à une époque fort anté-rieure à la guerre qu’on leur fit sousAuguste . Cette idée est assez conformeà celle qu’Horace exprima dans deuxde ses odes les plus sublimes. Mais ily a bien de l’apparence que les poèteset les historiens ne parlaient que des