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[3] (1836) Venise, Milan, royaume Lombardo-Venitien et états voisins, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Piémont, Sardaigne, Simplon, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Hyp. Hostein ; et revue par Alexandre Duchesne. Toscane, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par Saint-German Leduc
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UE VENISE

sirs, le Mantouan ne paraît pas avoirtoujours été fort bien accueilli par lesfemmes. Il fulmina contre elles, sanscloute par esprit de vengeance, une sa-tire bien moins poétique, mais bienplusvirulentequecelledeBoileau. Géo-graphie , fable, histoire, religion, leMantouan a tout abordé, toutmis en œu-vre, presque toujours sans goût et sansmesure, quelquefois cependant avecesprit et avec grâce. il représentela Vierge jouant une ridicule églogueavec un berger païen. Ici une cor-neille et une poule deau se livrent àdes méditations pastorales tout-à-faittouchantes. Tantôt le poëte sélèveavec force contre les abus du clergé deson temps, et contre les croyances gros-sières de ses contemporains; tantôt ilreconnaît lenchanteur Merlin pour unvrai prophète ; il va même jusquà ad-mettrelhistoire fabuleusedela papesseJeanne , ainsi quon peut le voir dansles vers suivans .

Hic pendebat adhùc sexum mentita virilem,Fœmina cui triplici Ghrygiam diademate mitram,Extollebat apex, et pontificaüs adulter.

(Mantua , Eglooct. )

Voici comment Florimond , vieuxpoëte français , a traduit ce passagedans son Antipapesse:

Je vy en ung gibet cette fine femelleQui, travestie en homme, et feignant un saint zèle,

Jusqu au siégé papal , par ruse était montée :

Or,avait sur son chef, cette femme effrontée,

Le triple diadcme , et son pailliard étaitAuprès d elle pendu , qui son mal délestait,

Léglise de Saint-André , un de spremiers et un des plus purs ouvragesde la renaissance , possède de noblesmausolées. Le premier qui frappe lesyeux est celui du marquis JéromeAndreasi et de sa femme HyppoliteGonzague : plus loin on voit le tom-beau deMantegna, placé dans la cha-pelle du même nom. André Manteena

A MILAN . 5 9

peut être considéré comme le restaura-teur de la peinture en Italie apreslinvasion des barbares. Il naquit àPadoue, mais cest à Mantoue qu il sefixa avec sa famille , sous les auspicesdu noble et généreux marquis Louisde Gonzague .

La relique la plus vénérée de saintAndré est le célébré sang de Jésus-Christ , conservé dans une' double fiolede forme cylindrique, dont le travaila été faussement attribué-à BenvenutoCellini .

Je rapporterai lhistoire de ce resteprécieux, telle quelle sest conservéeparmi les habitans de Mantoue . Aunombre des soldats qui furent envoyéspar Pilate pour rompre les jambes auxtrois crucifiés , il y en eut un, appeléLongin pan les pères et les docteurs,mais dont le nom ne se trouvepoint dans lEvangile : ce soldat recon-nut que Jésus était mort, et quainsila fracture serait en pure perte ; pourmieux se convaincre que la victimeavait cessé bien réellement dexister, illui perça le côté avec sa lance , il sortitde la blessure un sang mêlé deau , dontquelques gouttes atteignirent par ha-sard les yeux du Bomain , qui avaitordinairement la vue trouble : aussitôtil recouvra lusage de cet organe danstoute sa perfection. Touché de ce mi-racle , Longin recueillit dans un vasetout le sang qui était à terre , et pritaussi léponge imprégnée de fiel et devinaigre; il garda précieusement cestrésors, rechercha les instructions desapôtres, et reçut avec eux le Saint-Es-prit et le don des langues le jour de laPentecôte. Longin quitta Jérusalem avec 1 éponge , la lance et le précieuxsang : il laissa la lance à Antioche ;,ensuite il sembarqua pour lIsaurie ,sa patrie, et la volonté de Dieu le fitaborder sur une plage de lAdria-