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Tome premier.
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AUTOUR DU MONDE.

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plage qui a vers son centre la ville du Cap, etqui va finir à la Croupe-du-Lion. Une forêt demats marquait le mouillage, et, sur un plan plusélevé, la montagne de la Table traçait dans unciel nuageux sa longue ligne horizontale.

. CHAPITRE VIII.

CAP DE BONNE—ESPERANCE .

Le Corporal Trim mouilla dans lable-Bay, aquelques encablures des autres navires. La tem-pête durait toujours; elle silflaitdans les mâtspar rafales intermittentes , et, quoique la mer luttombée, un débarquement immédiat avait sesdangers. Cependant telle était notre joie d’avoiréeliappé à des lames furieuses, si grand notredésir de toucher terre, que nous sollicitâmescomme une grâce d’aller coucher ce soir-Là auCap. Le capitaine y consentit. On amena la yole,qui fut année de quatre avirons, et nous par-tîmes au nombre de cinq, deux officiers du sloopet trois passagers. Dans le premier moment, ongouverna vers la ville qui blanchissait au loin ;mais le vent était si directement contraire qu’ilfallut bientôt y renoncer. Nous étions d’ailleursa une telle distance du débarcadère, que nos ra-meurs se seraient épuisés avant d’y parvenir.Cet obstacle ne nous rebuta point. L'officier quitenait ta barre change aseulcmentde route , et,fuyant devant la bourrasque, nous arrivâmesdans une petite calanque située au N. O. de larade, où nous prîmes pied. C’était un lieu sauvage, âpre et rocailleux; nous le saluâmes pour-tant comme une terre promise. Devant nous quel-ques huttes éparses indiquaient un village de Hot-tentots. En effet, quelques minutes après notredébarquement, deux de ces naturels , homme etfemme, parurent sur leur porte. L’homme n’a-

couvre tout leur corps, mais n’atteint pas le blancdes yeux qui est pur. Leur tête est petite : leurvisage, fort large d’en haut, finit en pointe; ilsont les pommettes des joues très-proéminentes,les yeux en dedans, le nez plat, les lèvres épais-ses , les dents très-blanches, la main et le piedpetits, les cheveux frisés cl laineux. Les hommes ,n’ont presque point de barbe ; et, quoi qu’on aitdit, les femmes paraissent sujettes à la difformitéqu’ont signalée divers voyageurs et qui estconnue sous le nom de tablier. Quelques-uns deces traits rapprochent les Hottentots de la racemongole; Grandpré cl Harrow leur ont reconnuce caractère, et le dernier en a conclu, un peutrop promptement peut-être, que cette partieméridionale de l’Afrique était peuplée de des-cendans d’une colonie chinoise.

Dès que nous eûmes mis pied à terre, nousfûmes entourés d’urte vingtaine de naturels,qui vinrent nous offrir de la viande de buffle,du lait caillé, et une espèce de figue qui croîtsur les bords des chemins. Nous ne pouvions pasprolonger notre séjour sous ces huttes; car lejour était avancé, et nous avions près de quatrelieues à faire sur un terrain pierreux avant d’ar-river à la ville du Cap. Moyennant quelques pe-tites pièces d’argent, l’un des naturels s’offritcomme guide, et nous partîmes , malgré le ventqui nous coupait le visage et nous fouettait avecun sable pénétrant, mêlé de petits cailloux. Aurevers de la Croupe-du-Lion, nous entrâmespourtant dans un vallon abrité et couvert d’unevégétation vigoureuse. Le Protea aux feuilles ar-gentées y abondait ; il semblait défier la tempêteavec ses branches touffues et métalliques : la tu-lipe du Cap tapissait les pentes du rocher, quel-ques bruyères s’échappaient de ses fissures, età sa base croissait la jolie composée connue des

Vait pour vêtemens qu’un manteau fait de peaux ! botanistes sous le nom de Stcebe gnaphaloid.es*de mouton cousues ensemble, et un pagne Le long de la route s’échelonnaient quelques fauxentoile qui lui couvrait l’abdomen; un autre I aloôs (Agave vivipara) chargés de souïmangaspagne lui entourait le cou, et un bonnet de peau * noirs qui voltigeaient sur leurs branches et ve-ornait sa tête. Sa pique à la main, il semblait liaient aspirer le suc de leurs corolles,nous examiner avec plus de curiosité que de dé- ' Enfin nous arrivâmes à la ville du Cap, oïlfiance. Quant à la femme, son manteau était nous attendait l’hospitalité la plus franche. Undrapé avec une sorte d’élégance, et son couvre- I de nos officiers y avait un parent établi, liono-

clief affectait des formes plus prétentieuses. Surson sein nu et huileux pendaient plusieurs rangsde

verroterie, et le pagne qui lui ceignait lesfeins s’arrondissait sur ses hanches saillantes ,puis retombait drapé en pointe sur chacune deses cuisses (Pi.. VI—3). Les Hottentots, habitansoriginaires de toute celte région, paraissent uneface distincte à la fois des Nègres et des Cafrcs.Luc couleur brune foncée ou d’un jaune brun

T. I,

- - - y avait un part

râble négociant dont le.s capitaines américainsde relâche dans Table -Bay visitaient tous lademeure. Une fois entrés dans cette maison,on ne voulut plus nous laisser loger ailleurs ; etle soir même nous fûmes admis au thé de fa-mille-. Quelques voisins invités, graves Hollan-dais suivis de leurs femmes et de leurs filles,compléteront la réunion. Les hommes se grou-pèrent à part, les plus âgés pour fumer la pipe

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