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Tome premier.
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50 VOYAGE PITTORESQUE

et causer de leurs spéculations ; les plus jeunespour exalter les prouesses de leurs chevaux ouraconter leurs exploits de chasse. Quant à moi,je restai fidèle au petit cercle de dames, et je neme lassai pas d’admirer leurs yeux bleus, leurteint rose, leurs blondes et soyeuses chevelures.Parmi les colons primitifs, s’est perpétué le plusbeau type de notre Europe septentrionale. Lesjeunes filles, de seize à vingt ans, sont de ra-vissantes créatures ; mariées, elles perdent entournure et en grâce ce qu’elles gagnent en em-bonpoint.

Le lendemain, je quittai seul le toit de monhôte pour parcourir la ville. Toutes les ruessont coupées à angles droits, et bordées de mai-sons si blanches, si propres au dehors, qu’onles dirait toutes fraîchement bâties. Les toits sontplats et forment terrasse : chaque logis a en ou-tre un vaste perron sur lequel les dames se réu-nissent le soir en grande toilette. En marchantdevant moi et au hasard, j’arrivai au Champ-de-Bataille, vaste emplacement entouré d’unedouble allée de pins. En face est la caserne,véritable palais où le soldat britannique esttraité avec un luxe colonial. Dans une des ruesvoisines, je vis un de ces longs et pesans cha-riots qui servent aux transports des fermes en-vironnantes. Dix bœufs le traînaient, et le con-ducteur, perché sur ses marchandises, dirigeait,à l’aide d’un long fouet, ces robustes bêtes deirait (Pl. VL—'2). D’une rue à l’autre je par-vins au Grand-Marché, où stationnaient plus decent charrettes chargées de provisions. Toutesavaient payé un droit à l’entrée de la ville etdevaient en payer un second sur les denrées.Les étals de bouchers foisonnaient dans cettehalle; ons’apcrcei^it que la colonie était anglaise .Dans le cours de la matinée, j’eus encore letemps de voir le jardin de la Compagnie, qui estdéchu de sa vieille célébrité; l’hotcl-de-ville, lepalais-de-justice, la salle de spectacle, la biblio-thèque vide de livres et plus encore de lec-teurs; enfin les temples protestans, qui sont lesédifices les mieux tenus et les plus fréquentésde la ville. Dans le principal, on peut remarquerune foule d’écussons en relief et en peinture,attachés aux colonnes. Etonné, je voulus savoirce que signifiaient Ces emblèmes héraldiquesdans un tel heu : on m’expliqua qu’au décès dechaque habitant, on suspendait ses armoirieset son épée rouillée à une colonne du temple.Aussi était-ce sur tous ces murs un luxe de tro-phées, de cottes de mailles, de faisceaux, de cas-ques; emblèmes au moins étranges chez un peu-ple de marchands.

Fondée en 1G52 par Van-Riebeck, la ville h 11Cap fut d’abord peuplée de mauvais sujets exilé 8de Hollande, de soldats qui avaient obtenu let> rcongé, de matelots dégagés du service. Al’ép 0 'que où la révocation de l’édit de Nantes chassade France les protestans qui l’habitaient, u nnoyau de ces proscrits vint s’établir au Cap, ° uils fondèrent dans l’intérieur une espèce d®,canton français qu’on nomma Fransche-Ilod•Labillardière les y visita en 1792; et, à ec t,cépoque, leurs noms seuls attestaient leur ot' 1 'gine; ils s’appelaient encore De Villiers, Hug 0 ’Lombard, Faure, Duplessis, Du Buisson, etc.»mais c’était là tout. Langue, mœurs, souvenir s ’tout avait pris chez eux la tendance hollandais®'Une vieille femme de quatre-vingts ans savafseule encore un peu de français . Depuis cett®époque, le Cap a de nouveau changé de maîtreSiet tôt ou tard sans doute l’influence de la dont 1 'nation anglaise y fera prévaloir les mœurs etles habitudes de la Grande-Bretagne. Déjà, *l’heure qu’il est, le commerce y a changé d®mains : trois ou quatre négocians anglais en foi’ 1le monopole.

La colonie du Cap renferme une populationde 40,000 blancs et 50,000 esclaves, tant nié'tis que Hottentots. La ville du Cap a de 12 815,000 habitans. Les blancs descendent do 5Anglais, des Allemands, des Français , ma' 5principalement des Hollandais. Les division 5topographiques changent avec les progrès d®la population et de la culture. Le district h 11Cap est le moins étendu. Au N. est celui d®Tulbagh; à l’E. le district populeux de Stcllcd'boscli ; au midi, la Hollande Hottentote fertd®en blé et en vins; enfin, dans le N.E., IeGraîd'Reynet, dont on a détaché la colonie anglais ®d’Albany, et le district d’Uitenhague avec 1’®'tablissement hernute de Bethelsdorp. C’® stdans ce dernier canton qu’habitent des c°'Ions hollandais , tous pécheurs et chasseur» >forte et belle race qui s’y conserve avec les pi® 5majestueuses formes. Les femmes y sont écl®'tantes de fraîcheur. Près de ces colons vient d®s’élever une ferme anglaise , fondée par le go 11 ’verneur pour leur enseigner les perfectionn®'mens agricoles. Quant aux frères moraves, l® tlfgrand point de mire est de civiliser les peupl®'des hottentotes qui les entourent ; mais les i> rcursions des Cafres ont jusqu’ici paralysé leu® sefforts. Tous les environs du Cap sont semés d®fermes isolées qui pourvoient aux approvisio' 1 ’nemens de la ville.

■ Dans mes premières excursions je voulus vo 1 ®la montagne de la Table, dont la célébrité ieS