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Tome premier.
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AUTOUR DU MONDE.

a Ux colons la juridiction anglaise ; ils ont fondéentre l’Inde et le Cap un point de relâche et detavitaillemcnt. Que peuvent-ils souhaiter eplus ? Aux vaincus maintenant quelques conso-lations de colère ; au captif le plaisir de gron ciet de mordre sa chaîne. Cela sert aux nouveauxmaîtres et les dispense d’ètre justes. Il y a al, n motif d’excuse pour le despotisme fisca , quiSe fait payer en belles piastres sa tolérance poUs rancunes françaises. . ., •

•le n’étais pas étranger à Port-Louis, j J aval

«“ami, un Languedocien qui, û*,

Phis 1817, y avait organisé un tram daflaircs u

‘‘■atives. Verger, c’est son nom, m accuei

Pat un cri de surprise, et courut dans mes bras,île-

°u et

jovial garçon, avec ses trente années

aûe nomade, ruiné en France par des fii-P° ris , il avait recommencé sa fortune à Port--mus. Il s ’y était installé au quartier du Ilem-joli 1 ' une maison délicieuse, dont une

lTlu lâtresse faisait les honneurs. Sa Clara1 ," .^armante; il l’avait prise par caprice; il

av ait

! pris la va'eur

.P'çé.

t'onservée par amour. Entre eux ce lien

d’un mariage légal; les pré-( G °loniaux n’admettent rien au-delà. Blan-de U rcs que autant qu’une Européenne , gran-^^^r^^^'P^ddement faite, elle s’était créé en'oi ? c l u clques ressources d’éducation. Ellela 't du piano, dessinait, causait littérature. r<), uans comme le pourrait faire une Pari-S|yr Uie. 1

e ’u’installai dans la maison de mon ami; on••où • IUl:l l,rl P'^dlon au fond du jardin, un

a mes <

s, )i t —‘-a ordres, et une Malabare pour prendreUii de nia garderobe. Un sultan n’eût pas été

in. 011 ' tr aité. La maîtresse de la maison alla même

J ' Sf lu’à

d

a m’envoyer son palanquin, espèce de li-S :ir nic de coussins, où l’on peut s’alonger|q. Jor,ïl ir au chanL des nègres qui la portent.il ( , ! ela is encore trop Européen pour user de ce,l * ur raffinement du sybaritismecréole. D’ail-

ll; Ur s

staC Vou î a i s voir a mon aise,

Vat e l<)ll ' ler a m on gré; et mes allures d’obser-d e ^ r Sc seraient peu accommodées de ce modela . ns port, quand même je n’aurais pas eu deéu,, T u g n ance à me sentir voiture sur des

b a eSd ’ hommes -

ex c 0n . s U mois où nous étions, la chaleur est^mes't' 0 ^ ^*U-de-France, et il fallut renoncerUa 0t) mbits de drap. Pour les premiers jours,^mis** 1 * Se c Uargea de ma toilette. Vestes, pan-c Utix ’ ^'Uts de percale blanche, renouvelésUütr e ° U . tr °* s f°* s par jour ; large chapeau deCréoig ^ 11S ’ cravale flottante, tel était l’uniforme’ Propre, commode, élégant. Je m’y fis

marcher ou

sans peine : on eût juré, quand je sortis avecmon hôte, que j’habitais la colonie depuis lon-gues années.

Port-Louis se divise en ville proprementdite et en quartiers ou camps, Le camp malabareest peuplé d’indiens; le camp libre de mulâ-tresses. De tous les monumens de la ville, lesseuls qu’on puisse remarquer sont la caserneconstruite par les Français et l’aqueduc qui con-duit les eaux, par-dessus un ravin profond, de-puis la grande rivière jusqu’à la ville, ouvrageen pierre et en brique que l’on doit au gou-verneur Labourdonnais. Le château du gou-vernement est destine a s en aller en pièces parun beau jour de tempête : bâti en fer-à-elicval,formé de charpentes qui chaque jour sc disjoi-gnent, humide, incommode, mal meublé, c’estle plus détestable séjour qu’on puisse imposerà un fonctionnaire. Aussi le général Colleville,alors administrateur de la colonie au nom desAnglais , demeurait-il de préférence dans sa char-mante villa du Réduit, habitation fraîche et om-bragée, avec des parterres de fleurs, des casca-des, des boulingrins et des quinconces.

Dans la même journée nous pûmes voir toutela ville. Notre première course fut pour le quar-tier qu’un incendie dévora en 181G : c’était leplus beau, le plus riche de Port-Louis . Lps ma-gasins les mieux approvisionnés, les plus bellesétudes de notaires, les hôtels les plus somptueuxot une magnifique bibliothèque publique, touts’abîma dans une nuit. Au jour il n’en restait plusque quelques murailles noircies. Malgré le se-cours des pompes, l’affluence des colons, le dé-vouement des noirs, on ne put rien sauver. Uneseule maison de commerce, M. Bonhomme, per-dit 30,000 barriques de vin; des cargaisons deriz et de sucre, des dépôts de soieries d’Europe et de châles de l’Inde , des niasses d’indigo etde thé, sc réduisirent à quelques monticules decendres. Aujourd’hui encore le dommage est àpeine réparé; et la rue qui longe le rivage est laseule qui ait repris un air de fête et d’opulence.Ses petites maisons, à un seul étage, peintes dedifférentes couleurs, avec leurs treillis verts etleurs bouquets de bois noir ou de cocotiers,forment encore un des plus jolis alignemens quel’on puisse voir. Plus loin, et toujours au bordde l’ean, se groupent des demeures de plusgrande apparence , plantées d’avenues et pour-vues de jardins. Ce sont, pour la plupart, deslieux de délassement et de retraite, où le négo-ciant vient respirer vers le soir les brises dularge et se reposer du tracas des affaires.

Du quartier brûlé, mon hôte me conduisit au