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Tome premier.
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grande irrégularité, non pas quant au polygone,mais quant aux fronts, qui sont presque tousdifférens les uns des autres. Quelques bastionsont des flancs retirés, d’autres non : les flancs deceux du nord sont casemates. Tous les ouvra-ges sont revêtus en briques ; le chemin -couvertest palissadé, les places d’armes sont spacieuses.Le côté de la terre n’a pourtant qu’une simplemuraille et un fossé. Autrefois la Ville-Blanchetenait toute dans l’enceinte du fort: on y voyaitles maisons et les magasins de la Compagnie, leslogemens du gouverneur et les comptoirs desnégocians européens . Mais depuis que la supré-matie britannique s’est consolidée dans l’Inde ,tout ce monde s’est senti à l’étroit dans la lignefortifiée . La chaleur produite par la réverbéra-tion , l’encombrement, la poussière, ont paruinsupportables à une population que la fortuneavait rendue plus difficile. Les comptoirs et lescaisses de paiement ont bien conservé leur do-micile dans le fort ; mais , hors de ses remparts,les créoles ont fait construire dévastés et fraîcheshabitations, dans lesquelles ils se retirent aprèsl’heure des affaires, et où se tiennent constam-ment leurs familles. Le gouverneur lui-mêmeoccupe aujourd’hui un palais spacieux, dontla colonnade se prolonge jusqu’à la portede la mer. Au nord des murs de la forteressecommence la Ville-Noire, qu’habitent les Hin-dous, les négocians arméniens et portugais , etquelques familles européennes .

Malgré sa fabrication active de mouchoirs etde toiles, Madras aux yeux de la Grande-Bre-tagne est plutôt un poste militaire qu’une échellecommerciale. Soixante régimens composent lecorps armé .qui garde cette présidence. Sur cenombre une partie occupe le fort Saint - George ;une autre, casernée à peu de distance de la ville,y veille sur les parcs d’artillerie ; le reste, for-mant encore un effectif de vingt mille hommes(environ, séjourne à Bangalore, ville du Mysore ,située à soixante lieues dans l’intérieur , citémontagneuse et saine, où conduisent de bellesToutes, et qui sert de résidence pendant le grosdes chaleurs aux premières autorités de Madras.

Ces soixante régimens ne sont pas tous,comme on le pense, de personnel européen.La plus grande partie consiste en bataillonscipayes, nom générique sous lequel on désignetoute la milice indigène, à la solde des Anglais .Sur deux cent mille soldats qui constituentl’armée indienne, on compte à peine vingt-cinqmille blancs, que déciment toujours le climatet les molles habitudes de la vie coloniale ; lesautres sont des Cipayes, Les Cipayes, disciplinés

VOYAGE PITTORESQUE

à l’anglaise, ont un uniforme et touchentsolde. La solde est de deux pagodes et demie pmois. L’uniforme est rouge comme l’uniforbritannique. Les cavaliers ont des reversjau»et des paremens blancs sans collet ; dés h a ^_rouges avec des boutons en métal blanc qui P çtent le numéro du régiment et les initiales 1(native Cavalry ). Un bonnet de carton entod’un turban bleu forme leur coiffure;armes sont le sabre courbe, la carabine elpistolets. Les fantassins ont l’habit rougebrandebourgs blancs, la ceinture bleue etpantalon tombant jusqu’aux genoux; on Ü t5 ,leurs boutons les initiales N 1 (native Infan^V _Le fusil et la baïonnette sont les armes de 1

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fanterie. Chaque régiment de cavalerie coU’P

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cinq cents hommes; chaque bataillon d’iu*terie huit cents, divisés en huit compag 11dont une de grenadiers et une de tiraille 1 * 1 *On choisit parmi les naturels des capitaines , 0 ,lieutenans, des sous-officiers et des capor all *jles officiers de cavalerie sont pris surtout p af ,les Européens , ou parmi les Maures plus ha» 1que les autres à manier un cheval ; les offi c ‘ ,d’infanterie se choisissent dans les Hihd^,des plus hautes castes , et surtout dans cdes Rajalipoutres qui naissent tous soldats-On ne saurait se faire une idée des sénormes que coûte à la Compagnie l’entre 11 ^des moindres corps de cavalerie. Chaque ch e '^,outre celui qui le monte , doit avoir deux 1*^mes de service • l’un, le cavallaire, est chat» ,•panser le cheval, de faire cuire et de lui do JJson coulon (espèce de lentille), tandis que l’ aU fl'herbaire, n’a d’autre souci que celui de 1

cher son herbe qu’il faut arracher brin à ** u

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Comme le cavalier, lesont ordinairement mariés ; voilà six ind 1 '

cavallaire et l’h 6 *

par cheval, sans compter les enfans qui su

lient. Sur un pareil attirail pour le sirops . [dat, qu’on juge des embarras qui marche 111

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suite d’un officier. Il faut à chacun d’euX Ÿchevaux de selle, calèches, cuisih e !

une armée (

quin, chevaux de selle, calèches, cuish lC ’Dix mille combattaus dansimpliquent une valetaille de cinquantehommes. yé

Les Cipayes de Madras sont réputés P 0 ' JÏ ( , i ,K'agilité et pour leur bravoure ; ceux du

pour leur taille et pour leur vigueur.

bataillons hindous sont ceux des Lascar®’ j>/chés d’habitude aux corps du génie et d ^ jilillerie, et servant aussi comme équip^j/marine. Ces Lascars dont le nom entraiD®’ jti»l’Inde , une idée d’abjection et d’ihfé r * ^i)sont d’assez bous matelots pour la na> &