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VOYAGE PITTORESQUE
tration et de sagacité , un front saillant et décou-vert, des sourcils velus qui tombaient sur sespaupières.' Les deux jeunes filles, miss Aima etHarriett, l’une âgée de vingt ans, Paulre de dix-sept, étaietit deux suaves et fraîches créatures,d’une carnation rose et blanche qui contrastaitavec le ciel indien et avec le teint bronzé de leurentourage. J’étais ravi; tomber ainsi, moi pèle-rin nomade, au milieu de t/jut ce faste asiatique ,de ces jouissances recherchées , de ce luxe desnababs ; vivre sous le même toit que ces angesd’Europe , si beaux quoique dépaysés ; trouver,comme une oasis sur ma route , une amitié naïveet adolescente, les soins d’hôtes pareils, leuraffection , et mieux peut-être, tout cela remplis-sait alors mon ame et la livrait épanouie auxplus beaux rêves d’avenir. Un cordial accueil,où respiraient la franchise et l’abandon , achevade m’illusionner. Le soir, je me croyais de lafamille. J’avais un appartement et un nombreuxdomestique à mes ordres. Aux vastes croiséesqui aéraient ma chambre s’adaptaient des nattesfaites avec les racines du kouskous (Andropogonmuricatus) qui, maintenues humides, donnentde la fraîcheur à l’atmosphère et exhalent unparfum agréable. Outre cette précaution, duhaut des lambris descendaient des pumkas, éven-taiis gigantesques formés d’une toile tendue surun cadre léger. Ces machines , mises en mouve-ment par un domestique, déterminent une agi-tation constante dans l’air qui circule.
Le lendemain, je laissai Wilmot à ses épan-chemens de famille, et je courus la capitale avecle sircar de la maison, Hindou fort instruit, quisavait également bien le bengali, l’anglais et lefrançais . En avançant sur l’esplanade, le pre-mier objet qui frappa ma vue fut une légiond’oiseaux d’une taille gigantesque, qui se pro-menaient sur les tertres ou restaient perchés surles glacis de la citadelle. C’est une espèce decigogne (ardca argala) que l’on nomme dans lepays hurgda (mangeur d’os), ou adjudant àcause de la gravité particulière de sa démarche.La hauteur de cet oiseau va jusqu’à cinq pieds.Son bec triangulaire, pointu, a 18 pouces delongueur et devient rude au toucher par l’exfo-liation de sa substance; ses yeux petits sontd’un beau bleu clair; au lieu de. plumes, sa tèteet son col portent des poils rares et noirs ; lapoitrine, le ventre, le haut des ailes et quelquesplumes de la queue sont gris; le reste est d’unbleu foncé; ses pattes blanches sont longues etsingulièrement déliées. Mais ce qui le distinguede tous les au tics oiseaux, c’est une poche mem-braneuse cylindrique qui pend de la base du
col, tandis que la partie supérieure paraît coi» 11 ’^un goitre entre les épaules. L’animal peu 1 eflfier ou diminuer ce sac à volonté. Dans le P 1mier cas, il se développe jusqu’à une long» 4, 'de 18 pouces sur 4 de diamètre. L’utilité desingulier appendice n’a pas encore été •»définie. On croit généralement que c’est I e 11gasin où les os, qui font une grande partiela nourriture de l’oiseau, sont macérés et c °°servés. Toutefois des observations assez cS aLcontredisent cette donnée populaire.
Les adjudans marchent dans les rues etles places de Calcutta d’une manière dig» eprocessionnelle. Loin d’avoir peur de la f» u jils ne se dérangent pas pour elle, et vie» I,e ts’embarrasser dans les jambes des houn» cS ^des chevaux. Leur séjour de prédilection es 1
fort William, où les débris de l’abattoir 1,11 ■
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taire leur fournissent une proie sûre et q 11dienne. Chaque jour, à une heure , ils se poten masse devant les casernes , et se disputegrands coups de bec les os énormes quejettent les soldats. Quelquefois les loustics
garnison imaginent contre eux des plaisante 1 ^plus ou moins permises, plus ou moins »* ,centes. Récemment un os chargé de poud»( epourvu d’une fusée allumée avait été Vmilieu de la troupe famélique. Un malhc» readjudant le dévora et sauta en l’air com» lC ^fourneau de minë. On punit à l’anglaise l’au tede la plaisanterie ; il passa aux verges. 4 fHors des heures du repas, ces oiseaux ^tiennent immobiles sur les glacis du fortliam avec cet air de stupide apathie quitérisc les individus de la même famille. ll s 1 ftent là une demi-journée entière, les u» s ^une jambe, les autres sur deux, ou bien étc ,jtsur le ventre ou sur le flanc.
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nés. Depuis que la Compagnie des Indes^ ^
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tralisé sur ce point son administration p°et commerciale, la ville a pris un déve!'Opp c,, ^ )C sfabuleux. Là où plusieurs milliers d’ho»' ^| Cvivans se souviennent d’avoir vu un nl ' st;I qjci'‘village hindou, bâti en jonc, perdu au 1111
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de marécages, s’étend aujourd’hui une ca "^ } r
de plus de 600,000 âmes. Des monumc» s j'pchitecture indigène s’y sont élevés à cote fdifices européens. La Ville-Noire, ou piihindou, se trouve dans la partie occident 1 * ^n’y voit guère, en fait de monumens, q u ^ v;1 rpagodes et des mosquées d’un assez »' agoût, au milieu de rues sales et tortueuse*^ ^seules constructions à citer consistent
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