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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

chevaux une passion qui va jusqu’à la folie ; ila fait les guerres les plus meurtrières et les plusdispendieuses pour saisir, dans un Etat voisin,un cheval qu’on refusait de lui donner ou delui vendre. 11 est d’une bravoure extrême, qua-lité assez rare parmi les princes de l’Orient ; etquoiqu’il ait toujours réussi dans ses entreprisesmilitaires , c’est par des traités et des négocia-tions perfides, que de simple gentilhomme decampagne, il est devenu le roi absolu de tout lePunjaub, du Kachmyr, etc., mieux obéi de sessujets que ne l’étaient les empereurs mongols autemps de leur plus grande puissance. »

Runjet-Sing est donc un potentat qui traited’égal à égal avec le gouverneur - général del’Inde . Lord Bentinck le ménage, parce qu’uneguerre contre ce prince serait chanceuse sansavoir la perspective d’êlre utile. Dans ses voya-ges vers l’Hymalaya, le lord anglais ne manquejamais d’envoyer une ambassade à Ilunjet quilui rend politesse pour politesse, diplomatiepour diplomatie.

Ainsi, d’un côté, la Grande-Bretagne a suiviun système d’observation armée vis-à-vis desMaratles; de l’autre, une ligne d’inoffensiveréserve vis-à-vis des Seyks; mais, vers cesdernières années, un ennemi nouveau, un voi-sin plus redoutable encore s’est révélé dansl’empereur des Birmans. Celui-là, ni les né-gociations , ni les menaces n’ont pu le réduire ;il a fallu en venir à l’argument du canon.Celte guerre demande à être racontée avecquelques détails ; elle figurera dans un deschapilres qui vont suivre.

Voilà quels élémens de résistance armée laCompagnie anglaise a eu à vaincre depuis unsiècle. Jusqu’ici, elle s’en est tirée avec bon-heur ; Les llajahpouts, les Maratles, les Seyks,les Birmans , ont été vaincus ou neutralisés.Les positions qu’elle ne pouvait emporter deface, elle a su les tourner avec adresse; elle abrusqué à propos ou ménagé avec tact. Maiscette paix qu’elle a conquise n’est qu’une halte ;la puissance anglaise n’est pas assise dans l’Inde :elle y est campée ; elle n’a pas d’avenir.

En effet, à ne voir d’abord la situation quesous l’aspect européen, on pourrait sg deman-der qui est le conquérant et le maître sur lesbords du Gange . Est-ce l’Angleterre ou bienla Compagnie anglaise? Jusqu’à présent c’estla Compagnie qui a pour elle le fait et le droit.C’est à ses frais que l’Inde a été soumise ; cesont ses agens qui l’ont organisée. Elle y a crééune marine, mis sur pied une force militaire ,constitué im immense personnel d’employés

civils ; elle en a fait un gouvernement à P aI *’° jptte»

un gouvernement avec ses revenus et sa u»avec ses forteresses et ses camps, avec sesfluences locales et ses alliances limitrophes >a en un mot réalisé un empire marchand <*un empire royal.

Ceci était bien et pouvait marcher tant <1

chaque renouvellement du privilège , les CO

munes passaient condamnation sur des fai ts j (

complis , et se bornaient à désintéresser le

souverain de la nation par un vote d’h 1 ' e

turc . Mais voici que chaque jour l’opini 011 ,^,

forme et s’éclaire sur l’avenir du monstrueux

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fice élevé sur l’exclusion, la violence et lepôle. Avec des chiffres sous les yeux, onche 1 ’ c ^

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à juger l’œuvre par scs fruits ; on demandebilans de la Compagnie quelles sont sessources actuelles ; aux statistiques commérer .à quels résultats aboutissent les erremens sUl '^,

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aux dénombremens des populations, si c e ;

terne a été pour elles un bienfait ou une r . ( ,j.à l’état de la contrée, si l’administration p rl ^légice a poussé l’Inde dans une voie de p r0 ?, Clou de rétrogradation, d’opulence ou de i n ' sCl | }Les faits, il faut le dire, sont tous coll *' I « 1 |iiCompagnie, non pour elle. L’exagération ‘ , j(système prohibitif, l’abus d’odieuses fiscal* 11 ;^le luxe indolent de ses employés civils et ^taires, l’énormité de leurs emolumens, la sll P |.fétation d’un personnel oisif, poussent gr a ^lement les directeurs vers la plus éclatante ^queroute. Chacun le prévoit et personne 11 ^le dire. Dans peu d’anu'^s, quand ces cau se5 pdépérissement se seront aggravées encof e ’^,question du renouvellement de la Charte se ^ e (-sentera devant les Communes épurées pat - I anière réforme électorale. Là le débat s’eng a £ r- - coinp

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d’abord sur une question vitale pour la 1gnie, celle du monopole des thés de IaCln ne ’ fC cforme le plus bel appendice de son coin n 'indien. Quand même le vote du Parlement ^Userait encore la situation anormale du roy a |Canglo-indien, elle en détacherait touj° u ^Lecommerce des ports anglais avec la Chin c > .sape déjà la libre concurrence des EtatS'E^tEh bien ! cette réforme seule sera u 11 ‘ lt l>de mort pour la Compagnie anglaise.quatre-vingts ans qu’elle subsiste, près de P f( j,à diverses reprises , elle dut la vie au ^ aS ' tl ,i< !et non à sa constitution; car telle est

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d’un système commercial basé sur l’exd 115qu’il ne dure et ne se soutient que par de® ( j.dilions qui sont en dehors de sa sphère ^vité. Ainsi, dans les premiers temps» 1quête et les trésors des rois vaincus, les cp a) 0