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VOYAGE PITTORESQUE
condamné, l’emporte chez lui comme un trophée,la place sur le devant de sa case, et dépose avecsoin dans un bocal la cervelle qui a, suivant lesnaturels, des vertus magiques. On ne touchepoint aux intestins, mais on se dispute, commemorceaux friands, le cœur, la paume des mainset la plante des pieds. La chair du criminel estmangée, tantôt crue, tantôt grillée, mars tou-jours sur place. 11 y a là des citrons, du sel etdu poivre pour l’assaisonner, quelquefois duriz ; mais jamais de liqueur, ni de vin de pal-mier; seulement plusieurs convives apportentdes bambous creux, au moyen desquels ils as-pirent le sang du supplicié. Les hommes seulsassistent à cette scène de cannibales, la chairhumaine étant défendue aux femmes qui nepeuvent en manger qu’en cachette.
Les Battas préfèrent, dit-on, la chair humaineà toute autre chair; mais, malgré ce goût, il estsans exemple, d’après sir Stamford Raffles ,qu’ils cherchent à se satisfaire hors des cas où laloi le permet. 11 y a plus : c’est que, dans ces oc-casions mêmes, ils ne procèdent ni par passion,ni par esprit de vengeance, mais avec une gra-vité, un calme, un sang-froid incroyables. Cetteassertion toutefois est contredite par le récitplus moderne de M. Anderson qui affirme quele rajah de Tanah-Javva, l’un des plus puissanschefs de cette contrée, ne pouvait plus supporterd’autre nourriture que la chair humaine. Quandelle lui manquait, il expédiait dans la campagneune bande d’esclaves qui tuaient un homme auhasard et lui rapportaient son cadavre. Du restele calme habituel des Battas fait place à de fré-nétiques fureurs, quand il s’agit de manger desprisonniers de guerre. Ils vont même parfoisjusqu’à déterrer un corps. Jadis la coutumevoulait que l’on mangeât les vieillards quand ilsdevenaient trop vieux pour travailler. Ces vic-times , résignées à leur sort, choisissaient unebranche horizontale et s’y suspendaient tran-quillement par les mains, tandis que leurs fa-milles et leurs voisins dansaient autour d’eux enchantant : « Quand le fruit sera mûr, il tom-bera! » Ces immolations avaient lieu ordinaire-ment dans la saison des citrons, et à l’époque oùle poivre et le sel abondaient aussi. Dès queles victimes se laissaient choir, les assislans sejetaient sur elles et les dévoraient. Cette cou-tume est tombée en désuétude : c’est un pasvers l’aboliton graduelle de l’anthropophagie,quoique aujourd’hui encore, et en temps depaix, cent malheureux soient mangés annuel-lement par les Battas.
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récent. « Il y a peu d’années, dit-il, unaccusé d’avoir séduit la femme de son vûl ' ^fut exécuté, suivant la loi, non loin de TapPnouîy. Le résident anglais fut invité à assJS ,au repas et refusa ; mais son secrétaire etofficier européen acceptèrent. Ils trouvèrent ,lieu désigné une grande foule et le cVira \^ vattaché à un arbre, les mains en croix. L enistre de la justice , qui était un chef d’un ctain rang, s’avança avec un grand coute® 1 ^la main, qu’il brandit en s’approchant d evictime ; il était accompagné d’un homm e P^,tant un plat, où était contenue une prépara ^culinaire, sauce composée de jus de citron > tpoivre et de sel, que les indigènes nonU* 1 ^,samboul. Ledit ministre de la justice app^^imari outragé dans l’honneur de sa femme, e \
demanda quel morceau il préférait ? —-reille droite, » répondit-il ; et l’oreillefut aussitôt détachée de la tête d’un seul c 1
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qui.
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puis remise au mari , ,--
l’homme au samboul , la trempa dans la & ^et la dévora ; le reste des assistans se jeta a j,.sur le corps, chacun découpant et mang ea ? ^morceau le plus à sa guise. Après avoir d e P^|,une bonne partie de l’homme adultère»qu’un lui plongea un poignard dans le cû ^,mais ce fut par égard pour les deux étranf^ ^car ce n’est nullement l’usage de don®coup de grâce. » 5 jii'
Les coutumes des Battas offrent d’autr eî ].igularités. Avant de contracter un maria»future se montre toute nue dans un ban 1 0 iifiancé, qui discute ensuite le prix d’a c,1 ‘^j,|ijoujour. Les nouveaux époux goûtent en s ^de deux sortes de riz, et le père de la 1,1 j/étend sur le couple un morceau d’él off e ' 0 j|pdétails de leurs croyances ne sont p aS ^ Vétranges ; trois grands dieux gouveri 1 ®* \(monde, le dieu du ciel, Ballara-CoV* 0dieu de la terre, M an g alla-Botilang, I e ^ s 11 '
airs, Sorie-Pada. Un géant porte la te ’ ,qc^sa tète : un jour, fatigué, ilia secoua, et ^ {e d'sortit de son lit, et les continens s’écro 11 ^fallut que le Créateur jetât d’en b a ^montagne, noyau de nouvelles terres : jj)‘ 1
céleste vint l’habiter, et de ses trois 1riés à leurs trois sœurs, naquit un au 11humain. c e ^.
Le vêtement des Battas diffère p eU ^ p0‘des Rcjangs ; c’est toujours le P anU \ ia i)^ ,Ctombant à mi-jambe, la veste auxcourtes ou longues , l’écliarpe en ,,inture pour retenir le cris, et j,cS
roulé autour de la tête (Pl. XXII '<
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