Band 
Tome premier.
Seite
190
JPEG-Download
 

190

VOYAGE PITTORESQUE

bien distinct de celui des populations qui ont étédécrites ; elle se compose d’hommes plus grands,plus beaux, plus vigoureux et d’un teint plusbrun: on suppose que c’est un mélange de Battas,de Malais et de Maures indiens. Ces naturels pro-fessent tous le mahométisme; plus industrieux,plus intelligens que leurs voisins, ils se sontcréé des ressources qui n’existent pas dans lesautres parties de l’île. Leur marine marchandecompte de nombreux bâlimens, montés par dehardis navigateurs ; leurs manufactures de cotonet de soie, leurs fabriques d’armes ont quelquerenom dans les pays malais. Les monnaies sontrares dans le pays, et la principale valeur d’é-change est la poudre d’or qu’on, tient renfer-mée dans des vessies. L’un des poids en usageest le buncal qui pèse une once et trois gros.

Le sol d’Açhem est légér et fertile ; ses pro-duits sont ceux des cantons les plus favorisés.Le gouvernemeut est héréditaire ; le sultan,maître presque absolu, se fait garder par uncorps de cent Cipayes qu’il tire de la côte de.Coromandel. Le seul pouvoir intermédiaireentre le sultan et le peuple, est un grandconseil qui s’assemble dans les occasions solen-.nelles. Quand un navire européen arrive dansle port d’Acliem , l’autorisation d’un débarque-ment ne lui est accordée que lorsqu’il a envoyéau roi les cadeaux d’u-sage. Si le commandanta le titre d’ambassadeur, à l’instant même ondépêche les éléphans royaux qui doivent letransporter lui et son message. Le cortège s’ar-rête à quelques toises de la salle d’audience :l’ambassadeur salue de là, ôte ses souliers,entre et s’assied sur un tapis. Il y a peu d’an-nées , le trône était d’ivoire et d’écailles de tor-tue; quand des reines l’ocCupaient, un rideaude gaze permettait de les entendre en empê-chant de les voir. Les jours de fête solennelle,le roi se rend à la grande mosquée monté surun éléphant caparaçonné, et suivi de ses gardesarmés à l’européenne.

Le pays d’Achem est divisé cri trois districtstrès-populeux ; la seule taxe annuelle que leshabitans parent au foi est une mesure de rizque chaque propriétaire porte lui-même à lacour ; et encore est-ce là plutôt un hommagequ’un tribut, car le roi y répond toujours parun cadeau à peu près équivalent. Les seuls re-venus positifs de la couronne achinaise consis-tent dans les droits d’entrée et de sortie desmarchandises. Les navires étrangers supportentpresque seuls celte charge , et les caboteurs te-lingas paient jusqu’à quinze pour cent sur lavaleur de leurs importations.

tJ* 5 '

La justice s’exerce à Achem d’une facoOrigoureuse. Les plus petits vols sou 1 P ^comme des crimes : tantôt on suspend I e $pable à un arbre avec un canon ou un P ^très-lourd à ses pieds ; tantôt on lui coup ^doigt, une main, une jambe, suivant ladu cas. Une foule de malheureux ainsi U 1 ^ jcirculent dans les rues d’Achem ou s&^ e ^bord des navires malais. Leurs voleurs de» , e „,chemin sont brûlés , puis exposés surL’adultère est puni à Achem presque auss 1 ^rement que chez les Battas. On livre le cC,ll Vaux parens de l’offensé, qui forment un ^serré autour de lui. Alors on lui do» ,jé ^arme, avec laquelle il doit cherchera s iun passage au travers de ses exécuteurs > ÿ?parvient, il est désormais à l’abri de tout® ¥ $suite; mais , d’ordinaire, il est mis en p* eC $mémé moment. On l’enterre alors coU 1 ’ 1 ^enterrerait un bison, sans formalités etnérailles. Avec des lois si dures pour

les Vf

on pourrait croire que les Achinais ont aU ^cette moralité qui naît de la crainte du Jt

V

ment. Il n’en est rien : aucune nationglobe n’a des mœurs plus relâchées, tan 1 "

> V

peu de fond à faire sur des vertus imp° sla loi et commandées par la peur. { [t*

Le territoire de Sumatra , bouleverse P jÿinvasions et par la conquête, a souvenf . jldans ses divisions secondaires. Aujourn yfaut scinder l’île en deux parts, l’une i°

dante, l’autre hollandaise.

La partie indépendante comprend

mes d*Achem et de Siak, et le pays des pcLe royaume d’Achem, dont le terri i i l

»

cule de plus en plus vers l’extrémitéi’de, a pour capitale Achem, située à ‘

Cette ville est presque enveloppée d’ 11110 ^) 9 'de cocotiers, de bambous, d’ananas, d ffniers, au milieu de laquelle passe un e ^ -JPcouverte de bateaux. Dans cette forêt soiri

huit mille maisons, tantôt éparses, lantofj^! 11pées par petits quartiers ; le tout te jg ) }voilé par de grands massifs d’arbres, ^

rade on n’y soupçonnerait jamaisd’une ville. Les coteaux des environs, 1en symétrique amphithéâtre , offrent p 1 ^milliers de fabriques, huttes en barob° 1 ' s ’ ( l i lquées, usines, qui se détachent sur uîl , ffa 0 eS ' fchamps cultivés et de plantations TCv ^ oè s ^ CLe sultan habite un palais ceint d’u 11

tr

d’une muraille armée de quelques g r ° s ^ a iOn estime encore à 30,000 âmes la P°Pf e pif 5d’Achem. Après cette ville, il ne * eS yà nommer que Tclosancaouay sur la C ° L °