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VÔŸAGË ËtfTORESQÜË
on pouvait traiter de rêves et d’utopies les axiô- 'mes de la science économique; mais que répon-dre à une expérience? qu’opposer à des chif-fres? à une progression évidente comme le fluxde la mer? Comment combattre un argumentstatistique qui prend de la force à vue d’œil,qui prouve dix fois plus aujourd’hui qu’en1827, et qui en 1840 prouvera cent fois plusencore ? Il faut se résigner ou jouer de ruse.Sans doute les monopoleurs ne périront passans chercher à se défendre ; ils trouverontquelques embûches, quelque guet-apens contrela colonie chino-malaise ; mais de toutes les ma-nières, et quand même sa prospérité s’énerveraitsous leurs mains, le précédent nous reste ac-quis à toujours ; la pratique en fait de libertécommerciale a justifié la théorie.
CHAPITRE XXIV.
ROYAUME BE SIAM. '—> BANCK.OCI1.
A Sincapour commençait pour mon itinérairele chapitre des éventualités. Devant moi, danstoutes les directions, à chaque aire du compas,s’offraient des pays que je voulais et que jedevais voir. Archipel ou continent, Malaisie ouAsie, Java, Bornéo, les Philippines, la Chine ,le Tonquin, la Cochinchine, Siam , c’était àchoisir au milieu de tant de terres promises.Je n’osais me décider ; j’hésitais quand le hasardprit l’initiative ; il me servit mieux que ma vo-lonté. Un jour que j’allais rendre visite au rési-dent anglais , je trouvai dans son salon un étran-ger, un homme dans la vigueur de Page , maisportant sur sa figure un reflet indicible derêveuse misantropie. Des cheveux d’un beaublond, déjà clairsemés, venaient couvrir destempes légèrement creuses ; ses yeux bleusavaient encore de la finesse et de l’éclat quandils s’animaient, mais, au temps de repos, leurexpression n’était que douce et pensive ; sestraits avaient de la noblesse et de la régularité :son teint halé par les voyages avait eu sans douteautrefois la pureté et la blancheur des plusbeaux teints du Nord. Au premier aspect cctensemble maîtrisait sans ‘attirer ; l’attitude étaitsardonique et dédaigneuse, le sourire froid,la parole réservée et fière, bien que toujourspolie. Bien ne sentait pourtant en lui ni le■ fat, ni le grand seigneur; on y voyait plutôtl’homme insoucieux de liaisons banales , le phi-losophe à la vie pleine et tourmentée, assezriche en souvenirs pour se passer d’expérien-ces nouvelles, peut-être même un second Juiferrant qui cherchait en roulant sur ce globe à
fuir une pensée fataîé et opiniâtre. Touttein^ghait de cela ; les lignes profondes et prec°sur le front, les trois plis convergeant au cde l’œil, d’un œil que la méditation semblait a ' jretiré jusqu’au cerveau ; puis des façons 4trahissaient une existence antérieure touteluxe et de haut ton ; des manières élégante 9recherchées , au lieu de cette franche rudeshabituelle aux marins et aux voyageurs. , jjt :
Dès que je vis cet homme, je me sentis enti <vers lui. On nous présenta l’un à l’autre, et l Gtretien s’engagea. Il fut contraint d’abord >rémonieux, insignifiant; mais peu à peu, a ÿsure que nous touchions des cordes qui ^étaient communes, l’unisson s’établissait 0,1 ^nous ; la réserve s’en allait ; l’abandon P re ^ f !le pas sur la défiance. Avec mes allures ou''® 1 ^et naïves j’eus bientôt vaincu le sarcasme 9 Ëp.matique de l’étranger. On eût dit que, pla cC j|puis long-temps à un point de vue pessimi 9 ^lui semblait neuf de trouver un voyag el ' r pprocédait par la visée contraire, décou ^quelque charme dans tout ce qu’il voyait, ^ ^chant du bien même dans le mal. Soit <ï u , f j|tcontraste le piquât, soit que ma bonne f o1gagné, après deux heures d’entretien, sa P^.j, :guerre d’observation finit. Il me tendit l a« Pardon , Monsieur, de mes puérilités ; v <1'vous permettre au baron Norberg de se cvos amis? » Il me raconta ensuite comment ^ >seigneur de la cour de Suède , il était aP^,.quarante ans, après bien des chagrins s0{ * icl0 iï'au dernier degré du blasement et duAlors la pensée des voyages lui était ^comme épreuve et comme remède. Dep^* 5 , jfl 1tre années, il courait le monde ; il était ari^ju 1 *'Suède au Bengale, par terre, traversantsie et la Perse, cent fois exposé àcent fois par son étoile. « Du Bengale a $1'pour, ajouta-t-il, j’ai fait le métier de ca t q 1 ’ 1en battant toute la côte péninsulaire ; l [ a „ ^j’en fasse autant pour la mer demourais d’envie de m’offrir pour sonconip^jiji’de route ; il s’en aperçut sans doute, et L
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avec une coquetterie charmante : « C e * te
core mon étoile m’a servi ; un Chinois »■ ’ pprête à partir , sa belle et bonne jonq u ° ’j s jjj 1 'morceau de bois qui porte six mille P^°j^ V 9 ’,fait affaire avec lui ; nous mettons à'demain pour le golfe de Siam , «° ua |p ^Banckock, Poulo-Condor, le Kambo^J^pi^
chinchine, les Philippines , avant
— ■ • '-ruiné’* 1 . f 1/