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VOYAGE PITTORESQUE
dres, on résolut de les entendre, sauf à se teniren garde contre eux. Le 8 avril 1821, M. Cravv-furd et ses secrétaires d’ambassade se rendi-rent au palais dans des hamacs couverts de tapisbrodés et portés par deux hommes de la maisondu roi. Une foule immense couvrait les avenuespar lesquelles ils devaient passer; deux haies desoldats étaient impuissantes à contenir ces flotsde curieux. A la porte du palais ils descendirentde litière et furent obligés de se dessaisir deleurs armes : devant la salle d’audience, l’usageexigea plus encore ; il fallut que les envoyés deS. M. britannique quittassent leurs souliers.Alors on les salua d’une assourdissante musi-que, composée de gongs, de tambours, de flûteset de flageolets. Ils étaient entrés à peine quele roi parut. A son aspect, cette foule de courti-sans salua son maître, en levant par trois foisles mains jointes au-dessus de la tête, et en seprosternant ensuite par trois fois de manière àce que le front touchât la terre. Les envoyésanglais se résignèrent à la première partie de cesalut; on les tint quittes de la seconde.
d La salle d’audience, ajouta don Silveira, estun vaste parallélogramme de 80 pieds de longsur 40 de large. Deux rangs de pilastres en boisconduisent de la porte d’entrée au trône, le-quel est sur un plan plus élevé que le reste. Lesparois et le plafond sont peints en rouge, lescorniches sont ornées de belles dorures, et desétoiles sont figurées sur les lambris. Le trône,doré aussi et voilé à demi par des rideaux bro-dés d’or, ressemble à une chaire ou plutôt àune niche de madone. C’est là que le monarques’assit avec un bâton d’or à la main : à sa gaucheétaient les présens que le gouverneur-généraldu Bengale envoyait à S. M. siamoise. Quandun secrétaire en eut lu la liste , une espèce d’in-terrogatoire commença entre le roi et les am-)assadeurs anglais , par l’intermédiaire de deuxfuchemans. Les questions les plus importantesi furent de la nature de celles-ci : « Qui vous en-voie? Le roi d’Angleterre sait-il que vous êtes, venu vers moi ? Le gouverneur-général du Ben-gale est-il frère du roi d’Angleterre? Qui estle plus âgé du roi d’Angleterre ou du gouver-neur-général ? Où irez-vous en quittant Siam ?Irez-vous à Touranne ? Visiterez-vous Hué ?etc., etc. » Enfin S. M., après avoir épuisé lecatalogue de ses questions , conclut ainsi :« Je suis heureux de voir un envoyé du gou-verneur de l’Inde . Ce que vous avez encore àme dire, communiquez-le à mon ministre, Suri-wung-Kosa. Quant à nous, ce qui peut nousêtre agréable de votre part, c’est que vous nous
fournissiez des armes : voilà tout ce dontavons besoin.» Lorsque ces mots eurent ete°un choc singulier, un bruit aigre et dise 01 ^retentit dans la salle d’audience. Le ri<i catltira sur le roi, et les courtisans se jetèi' eIltnouveau la face contre terre. u |
» Voilà tout ce que l’ambassade anglaise ° idu potentat siamois. Plus tard M. Cra' v ^ j
obtint, il est vrai, un traité du ministre d eS ■
faires étrangères
mais avec ces
chefs de 1
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orientale toutes stipulations sont vaines ; 1price ; d’un dignitaire , le despotisme d’ 1111 j„jployé annulent souvent les conventions
péniblement débattues. »
A la suite de cet entretien, nous so* -avec le résident pour explorer la ville- k e
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rît'*’
lais du roi étant presque à la porte de d 01 ^(
veira, nous y allâmes d’abord. Auprès d ü 1
d’enceinte , un curieux spectacle nous
dait : c’était le Prah-Klang, le premier #
qui, monté sur un magnifique éléph^^tr
rendait à la résidence royale. A ses côte 5 '.^
vant et derrière lui, galopaient des caV<1 ^ii‘
et marchaient des fantassins. Ces gafd eS j t jj 1
corps avec leur costume moitié européen) ^ ^(
asiatique, avaient la tournure la plus gr° te ’
du monde. Leur uniforme consistait en ^
taucorps de méchant drap écarlate b° u
sur le devant ; en culottes larges et fl ot , ‘ c / j
qui n’aliaient qu’au genou : leur tête é
verte d’un singulier chapeau à larges fi 0 * ji 1
terminé en pain de sucre, coiffure P e J 1, . e ii' c
vernis et faite de cuir de rhinocéros à I' e P ^fi*
du sabre. Leurs armes les plus commune 5 e f
de longues piques : quelques-uns avaie ot J/*
tant des fusils sans baïonnette , parf° lS M
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sans baguette. Tout ce cortège allait
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teau , qui se voyait près de là, avec 5 ^formant comme des découpures de p° l ;
et montant par assises jusqu’au pied à 11guille toute annelée (Pl. XXVI—1)- j gji ^
Après le palais, nous vîmes les temp ^o 11 'plus beau d’entre eux était celui <T' e tl iif rChiat, le prince actuel, avait fait c °^ eS o^j fmagnifique pagode bouddhique, plein etueux sanctuaires et d’habitations o1 ^ ijjjpour ses talapoins. Le culte de B° u ^ P |1 .de Fo étant commun aux Siamois, amans et aux Chingulais, la forme d eS ^ [e sreligieux, comme aussi les usages ets’y rattachent, sont à peu près les nie ^ o( fc 5 ^ces localités diverses. Après les P a » e \i ^Kandy et de Rangoun , il me resta - jjiilsurprises à éprouver en ce genre ; auss 1 gipic de Banckock n’attira mon atten 1