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VOYAGE PITTORESQUE
lui-même et mystérieusement une bouteille, àl’étiquette moisie , sur laquelle on pouvait lireencore s V in de Frontignan . C’était une misé-rable boisson , énervée par l’âge et gâtée par leclimat. En revanche, Norberg envoya le lende-main à notre excellent hôte dix bouteilles d’unmerveilleux Constance qui nous a sans doute de-puis rappelés souvent à la mémoire du bon prélat.
Il était neuf heures du soir quand nous prî-mes congé de lui : contre la coutume, la villeétait encore vivante et peuplée surtout dans lesquartiers riverains. L’aspect du fleuve nousdonna le mot de l’énigme : les Chinois fêtaientUn anniversaire. Le long des boutiques flottan-tes qui bordent le Meinan, des guirlandes delanternes en papier huilé et peint jetaient dansl’eau leurs reflets colorés et chatovans. Lesjonques de la rivière, la nôtre comprise, étaientilluminées dans le même style : le pourtour desbastingages, le gréement, la mâture, tout res-plendissait de feux bariolés, pendant qu'à droiteet à gauche des orchestres bruyans entonnaientdes airs nationaux à grand renfort de gongs etde tambours. Nous regagnâmes ainsi notrecabine aux sons de la musique, et aux lueursde rillumination.
Dans les deux jours qui suivirent, nous nequittâmes pas la jonque. Norberg, un peu souf-frant, avait besoin de repos; moi, j’étais bienaise de me recueillir pour classer ce que i’avaispu observer et voir. Je désirais étudier l’his-toire et la géographie de la contrée siamoise;son histoire qui, sous Louis XIV , prit une cou-leur toute française, sa géographie si peu con-nue qu’on ne s’accorde pas même encore sur lesvéritables limites de cet empire.
CHAPITRE XXV.
BANCICOCK. — HISTOIRE ET GEOGRAPHIE DU ROYAUMEDE SIAM.
Comme une foule d’autres noms, le nom deSiam a dérouté jusqu’ici la science des élymolo-gistes. Les Siamois s’appellent dans leur langueT’hai; les Birmans les connaissent sous le nomde Shan, les Chinois et les Malais, sous celui deSeam. L’ancienne capitale Sio-Thya sembleavoir une appellation d’origine mythologique etdérivée de Sri-Ay ’idhin , nom sanscrit du royaumedu Dieu et roi hindou Rama, si célèbre dans lalégende siamoise. De là viennent sans doute lesprofondes altérations que ce nom de capitalesubit dans diverses cartes, où on la nomme tourà tour Siam, Yuthia, Odia et Judia. La Lou-hère divise les Siamois en deux nations, les
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T’haï-Yaï et les T’haï-Noê, ou les grands e ^
petits ; les premiers composant les Siam 0 *® P
prement dits, et connus comme tels des b ^
péens; les autres formant un peuplé plus®* 1 »j
et moins bien caractérisé. Cette asserli 0 ** t
été encore ni prouvée, ni détruite : seul®** f
on sait que le peuple de Laos s’appellé *
Yaï en dialecte siamois. p
L’histoire authentique de ce peuple ** e p
monte guère au-delà de quelques sied 6 ®^
cherchant plus loin, tout ce que l’on 11 Je
c’est qu’en l’an 638 de notre ère ’ Ct S °taii ,i1 ’
règne du nommé Krek, la religion de G 0 ** jfi
le Bouddhisme , fut importée de Ceylan . ph
pays siamois. De cette période jusqu’à n°®J e ti
soixante princes ont gouverné cet emp** e ’ tJ ii
en 1187, le trente-troisième résidait à L a * <#
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ville située sur les frontières du Laos » P a j e (V 1environ de latitude. Depuis lors, la cap* ta s ptransférée à Sio-Thya, sur les rives du '* ^par le trente-septième monarque qui *vers 1350.
En 1502, la version locale fait place à ^sion européenne. Dès cette date, Siamaux débats indiens : un de ses rois hasa^ Jt,
démonstration avortée contre la princip® p t \vMalacca, et, en 1511, des relations s’or§ Bl .{o&entre ce comptoir portugais et les p 0 ’ ,j -siamoises de la presqu’île. Un siècle et 0 ^ $passent ensuite en révolutions intérieur®®^invasions étrangères , et ce n’est guère fl $la fin du dix-septième siècle que c e ®reprennent quelque vie et quelque * ntel $C’était alors l’époque où la propagé 1 ' et Kgieuse entretenait au loin d’intrépid 6 ’® pi>vens évangélistes. La société des Missi 0 ^ p' 1çaises se trouvait à peine fondée que ^ ^ecclésiastiques , hommes de talent etsance, partaient pour Siam avec la Pachever l’œuvre commencée par d esfranciscains et dominicains de Goa. ^ ^apôtres étaient Lamothe-Lambert,
Beryte ; Pallu , évêque d’Héliop°l*®lendi, évêque de Metelîopolis. Ils s’®* 1 * • e i ^rent tour à tour à Marseille , prire* 11Syrie et se vouèrent aux périls $
nage par terre, au travers du contra®tique. Leur voyage dura deux ans» pf » 1 1serent les deserts arabiques, ladoustan, la presqu’île de Malacca et af ^Siam le premier en 1662, les autr e ®^ cCplus tard. A cette époque régnait J
le cinquante-deuxième roi, Tchaou- ^
prit novateur et intelligent, pin® a Aeses sujets, et décidé à faire l’expérieP