Ni
AUTOUR DU MONDE.
209
a î>rè° US 110Us étions remis en route vers le fleuve,IiqII av ° lr visité les ruines de deux forts, l’unck„ ^ ais > l’autre français , et déjà nous tou-
**0^5 ' i, _ «* ' J
5c Co 1 embarcadère, quand un homme nouss °*i en’ visiblement un Siamois , mais
s hune demi-indigène, demi-européen, lui
aitv >on s
l evê,
aspect si grotesque, que nous ne9 u e penser de lui. « Je suis un envoyégojj j^ ec l Ue catholique, nous dit-il dans un jar-deg. ^^Hfîable ; voulez-vous me suivre auprèsÜou ran deur? » Quoique la forme de l’invita-a’ç üs ^ a Personne du maître des cérémoniesHé s Sent 1- ien d’engageant, nous fûmes cliar-V E ° ccas ' oa s’offrît de voir les resteshssion célèbre, et ses modernes titulai-
ré,
- 1(J l >ei1 de minutes nous nous trouvâmesl’évêque, vieillard septuagénaire,es prit et de tête, natif d’Avignon , mais^ e P u * s P 1 '^ de quarante années tantôtl e ltl(; iiiae, tantôt dans le royaume de Siam,
. êo °î ïl ^ la i t M. Sozopolis ; il était de l’ordre? e d’év' Ucains ’ et successeur de cette longuee ' e( lues que la cour de Rome maintenait
V 6 pay:
hti
ait,
s depuis l’an 1659. Son autorité s’é-a i$ ç t . 1 tous les catholiques du royaume sia-{j a 'te s ^ a péninsule malaise. Trois mille néo-.'Stiç Peu près formaient le troupeau de ce^isçgji^teur. La ville de Banckock comptaits ^ et S CS - de S0U ressort : Sainte-Croix, Saiute-A^thé i ainle -Assomption. Cette dernière était*^t (fi, Fa ^ e ’ 01 sa pauvre maison qu’il quali-, ^ vi, 110,11 tl’évêché lui servait d’altenance.
\ * ^6 rl>. . ^
| ^ itïip . compatriote fit sur le bon prêtrerenonce à décrire. « Par-”t|\ l E>e so; leUl '’ nic disait-il; oh ! de grâce, parlez !
v Qts fr* d entendre une voix française , des'W . ^eais. TV,.., ._
« -
NÏm™ dix
Nl t ^ tal fra
b> ü
Dans ma vie pérégrinante , j'at
quinze années sans que l’i-ppât mon oreille. Notre Avignon rs debout, avec son château sur laSes rues étroites, ses murailles sansio|' ta 'he? I1 »? t ' re Ultone? et notre église métro
ai aime hien mes ouailles, Monsieur;
l eq r a . â
^ Sq^ 6 1>la y te, ma science évangélique ;t(, > je , eillr de la patrie m’est aussi bien(li ( Ser nit ç^ 1 . 8 y renoncer pour eux ; l’oublierXl S Cl ' trop. » Je répondis au préla't
^Ch ltra *netq ^ ^ Us ’ i e avec unc chaleur,Vf^. 1 ’tiQq ^ ‘fui le touchèrent ; connaissantN$ 5 ’ s * Uii n Vl ^ n ° u » j’entrai dans des détails siÉVg j> as Utl eu x , qu’il en versait des larmes ;
^ es localités, étant venu
Ur
*hfo
aux
qui s’y rattachent, jeje parlais encore à un au-Ue ne fut qu’au bout de plu-
sieurs minutes , que je m’aperçus d’un chan-gement de physionomie et d’attitude. La sur-prise avait fait place à l’émotion ; M. Sozo-polis m’écoutait comme si je lui eusse racontéun roman. En effet, depuis que l’ecclésiastiqueavait quitté la France , et sou départ datait de1787, aucune de nos révolutions contemporai-nes n’était arrivée jusqu’à lui. En mission dansle Tibet, dans le Laos , ou dans la Cochin-chine intérieure, il n’était descendu que toutrécemment à Banckock : j’étais le premier compa-triote qu’il voyait. Qu’on se figure un homme,un Français , un évêque, ignorant jusqu'au nomde Napoléon ! Norberg crut d’abord que c’étaitun jeu , ou une absence d’esprit de la part duprêtre ; mais sa bonhomie et sa candeur eurentbien tôt désarmé nos défiances. Quoique l’évêqucde Siam eût entendu vaguement parler de ré-volte populaire, de changemens survenus enFrance , ces rumeurs arrivées jusqu’à lui par lesrécits des indigènes ne lui avaient pas parudignes d’une créance absolue. Quand je lui ra-contai sommairement notre histoire depuis qua-rante années, nous vîmes se reproduire tour àtour sur cette figure vénérable des impressionsd’étonnement, de terreur et de pitié.
A mon tour, je voulus savoir sa vie aventu-reuse et ses courses pénibles au cœur de l’Asieorientale , cherchant au milieu du récit de lamission religieuse à constater quelques résultatsd’observations purement profanes. L’évêquefut assez franc pour nous avouer que presquetoutes ses tentatives de prosélytisme avaient étéinfructueuses. « Les talapoins gouvernent cescontrées, nous disait-il avec amertume ; ils y ren-dent les hommes aveugles à la lumière, ils leurbouchent les oreilles pour la parole de Dieu . Leurmorale relâchée et facile convient aux habitudesindolentes des naturels, et, quand on leur parlede nos saintes pratiques , ils répondent quec’est là un chemin trop rude et trop péniblepour monter au ciel. Du reste les Siamois sontfiers et vains comme leurs prêtres : ils se regar-dent comme le peuple par excellence ; se croientsupérieurs à tous les autres dans les arts commedans les sciences , et repoussent la prédicationévangélique moins par antipathie que par or-gueil national. La vanité de Satan est dans leurscœurs. »
Celte longue conversation avec l’éveque nousavait conduits jusqu’au soir ; et, désireux de laprolonger encore, le prélat nous força de par-tager un souper assez modeste, composé devolaille, de riz et de confitures chinoises. Pourcompléter le régal, M. Sozopolis alla chercher
27