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VOYAGE PITTORESQUE
de M. Crawfürd. Le plénipotentiaire du gou-verneur-général du Bengale , le représentant dela puissance britannique, fut éconduit, maiséconduit avec tant de grâce , refusé au milieu detant d’égards, après tant de cérémonies et defêtes, qu’il fut impossible de s’en formaliser.
A Saigong, par exemple, où l’ambassadeuravait cru devoir relâcher pour y voir le gou-verneur de la Cochinchine méridionale, Chao-Kun, l’un des plus influens dignitaires de l’em-pire; à Saigong tout fut mis en œuvre pouramuser les loisirs des envoyés anglais . Apeine le gouverneur eut-il reçu l’avis de leurarrivée à Kandyu, qu’il leur envoya deux bar-ques de quarante rameurs , vêtus d’uniformesrouges à manches jaunes et la tète couverte decasques ornés de plumes. Aux approches deSaigong , ils trouvèrent sur la rive cinq élé-phans qui devaient les conduire au palais. Là legouverneur les reçut en audience. G’élait uneunuque, cassé, impotent, mais vieilli dans lapratique des affaires. Après bien des pourpar-lers préliminaires à l’aide de mandarins, il envint à accorder que la lettre dont l’envoyé étaitporteur venait du gouverneur-général de l’Inde .Quand cette concession fut faite , il commentala démarche diplomatique sous tous ses aspects,et résuma ce long travail par une apostrophe àM. Crawfürd. « Comment, dit-il, le gouverneur-général a-t-il pu adresser une lettre à l’empe-reur de Cochinchine ? Les rois écrivent seulsaux rois. » Il ne sortit plus de là ; il persista àtrouver que c’était une hardiesse inouie. Cepen-dant, à force d’instances , il se relâcha de sesrigueurs et se prêta à ce qu’une copie de la let-tre du gouverneur-général, bien et duementlégalisée , fût envoyée ouverte à Hué , capitalede l’empire. Comme il apprit en même tempsque l’objet principal de la négociation étaitd’une nature commerciale, il insinua que cen’était pas la peine de venir si loin pour si peu,que l’empereur protégeait tous les commerces,et que les navires de toutes les nations pou-vaient aborder librement dans les ports de laCochinchine .
Au milieu de ces entraves cérémonieuses etde ces desespérantes formalités, les mandarins etle gouverneur accablaient l’ambassade d’égardset de politesses , inventaient des fêtes pour elleet les initiaient eux-memes aux mœurs, auxusages, aux lois de la contrée. Le gouverneurreçut M. Crawfürd en audience solennelle ; puisil voulut, bon gré mal gré, le faire assister aucombat d’un tigre contre un éléphant.
a Dans une prairie d’un demi-mille carré, dit
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M. Crawfürd en racontant ce spectacle, en }rangé sur différentes lignes quarante-ci 11 ^cinquante éléphans , accompagnés ch aCl,rl | fi jleur mahout ou cornac. Le gouverneu r > ^mandarins et une suite nombreuse de »Pétaient assis dans une enceinte partie 0 ' 1 ^ 1 ^tandis que la foule des spectateurs occup^jjcôté opposé. Le tigre, lié par une forte ,qui entourait ses reins, était attaché à Ù 11teau placé au centre de la prairie. Nousnûmes bientôt que le combat serait inég a .effet, on avait arraché les griffes de cetet ses lèvres cousues ensemble ne lui p eItaient pas d’ouvrir la gueule. Lorsqu’ 0 ’ 1 c jidétaché la corde qui le retenait, il essa) ’
bondissant, de franchir les
barrières j
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voyant l’inutilité de ses efforts, il se couc jjtterre , jusqu’à ce que l’approche d’up él c P jjqui s’avançait vers lui avec ses longues L ^
le força de se relever pour faire face auSon attitude belliqueuse et ses horribles >,semens épouvantèrent l’ennemi qui prit I a ^Le tigre le poursuivit, et, lui appliqua jijC'pattes de devant sur le dos, le contraig 11 ’ 1célérer sa retraite. Le mahout réussità ramener l’élépliant à la charge, et ce - lt<î ,,t ^attaqua avec une si violente furie, pf e,li ^tigre en dessous au moyen de ses défense 5 ’ ^
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le lança à une distance de trente piedsresta étendu sur le gazon comme s’ileûtél^yiil n’avait pourtant reçu aucune blessure e JS'car, à une seconde attaque, il se rem 11fense, et s’étant élancé à la tète de l’él^Pil appuya ses pattes de derrière sur sa 1(0 'Celui-ci fut blessé si cruellement qu’aue 0 ’ dnace , aucune excitation ne purent le raau combat; il franchit tous les obstacles efuit. A la vue de ce mouvementl’assistance se scandalisa ; on cria que 1 e ”avait mal rempli ses fonctions, et I ediable, amené devant le gouverneur, ^ ( o^ ]liées derrière le dos, reçut cent coup*pour expier les terreurs de sa monture- (
» Alors un second éléphant se P r ° se ' £g , \taqua à son tour, puis fit place à ^ o l1 '^
pendant, à mesure que les assauts se ^laient, le malheureux tigre faisait ^ tf”résistance. Chaque fois ses antag° ,;ilS c ci"^valent le moyen de le saisir et de leloin ; et chacune de ces secousses ep r gt> 1
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dueliement la victime. Enfin, quarui n , p (le dernier soupir, un éléphant s’apP r ° C foi^ tlaça de sa trompe, le balança plusieuf*le projeta à une distance de trente p aS ’la dernière scène de ce drame.