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VOYAGE PITTORESQUE
pèce d’appendice fourchu s’élevait au sommetde la tête (Pl. XXIX—2), Ces deux dignitairesn’avaient la physionomie ni bien noble , ni bienrégulière; mais, en revanche, on pouvait y lireline expression de ruse méfiante chez l’un,cruelle chez l’autre.
Quand notre interlocuteur nous eut annon-cés , nous vîmes pourtant ces deux figures pren-dre une teinte de bienveillance cérémonieuse.Autant que nous pûmes le deviner, car la con-versation avait lieu en cochiuchinois, nous ob-tînmes la faveur d’assister au festin que don-naient ce jour-là leurs excellences.
Avant l’heure cù il commença, notre cicéronevoulut nous faire visiter les attenances du palais ;il nous conduisit d’abord à une espèce de corps-de-garde où se tenait un piquet de troupes in-digènes pour l’honneur et la sûreté des man-darins. Ces miliciens étaient armés de fusils àbaïonnette et à chien, exécutés sur l’étalon desnôtres ; ils portaient comme les Siamois lechapeau conique de cuir de rhinocéros , sur-monté d’un plumet rouge et jaune : leur uni-forme , espèce de blouse bleue sur des braiesbouffantes, était traversé par une buffleterie quisoutenait la giberne et la poire à poudre(Pl. XXX— 2). Le costume des artilleurs s’é-cartait de celui des simples miliciens en ce sensque le chapeau conique était sans plumet, larobe plus longue et plus flottante, et qu’au lieudu mousquet ils avaient la longue pique, en-jolivée de quelques soies jaunes et rouges(Pl. XXX — 2).
Du corps-de-garde nous passâmes dans unclos entouré de haies vives, au milieu duquel s’é-levait une pyramide qui se terminait par un cha-piteau quadrangulaire (Pl. XXVII — 3). C’étaitun tombeau bâti en briques et en pierres : il lo-geait le corps du dernier mandarin , magistratregretté, à qui la piété publique avait érigé cemonument.
A peu de distance de là, blanchissait, à traversle feuillage , l’écurie des éléphans ; cette écurie• l tait un vaste hangar entouré de gros mursde terre et couvert avec des feuilles de bana-nier. Dix compartiinens intérieurs, séparés parde fortes poutres, indiquaient le nombre despensionnaires du lieu. Chacune des places ainsidistribuées formait un talus avec un renfle-ment qui servait à l’animal à la fois commeoreiller et comme point d’appui pour se rele-ver. Celte écurie ne nous parut ni grande, n ibien tenue; le sol était raboteux et malpropreà l’intérieur; au dehors une mare infecte sem-blait servir d’abreuvoir aux éléphans. Les ar-
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bres dépouillés de feuillage, souffranS, t* a
gris, mutilés, portaient l’empreinte d’une de ^
talion quotidienne. Un seul monumentgracieux reposait le regard : c’était une es] ^de kiosque où les mandarins chinois ve,ia | ) | C squelquefois s’asseoir , pendant que les o° , (animaux prenaient leurs ébats dans la P(Pl. XXX 1) s
Notre guide nous raconta de merveu* ^choses des éléphans de la Cochinchine , l eS ^beaux peut-être, les plus intelligens qui s °au monde.
« Dans l’état sauvage, nous disait-il, ceSmaux sont un grand fléau pour ces con tfl
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ls vaguent dans les campagnes, rasent les 1,1 ^sons, saccagent les vergers, et détruis** 1 * 1 ■,
une nuit les travaux de toute une année 1111
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dans l’état domestique, ce sont nos plu 5 ()j .auxiliaires, propres à tout usage, pour I e |iport des hommes et des marchandises, P 0 ^parade et pour la guerre. Voyez à quell e ^ils parviennent, 12, 13 , quelquefois lA P^;Ce corps est court, ramassé, sans éle{»‘mais, quand il faut faire preuve d’agih te ^ ,jCforce , l’éléphant a dés ressources inouïeS'craint pas le tigre dans les bois ; il le p r ^ Vlil l’attaque, et le terrasse presque toujoU rS j e |j» Ceux-ci, ajoutait le Bordelais, son 1 ^mince espèce; c’est à Hué-Fou qu’il f aUt ti)l ii Éiadmirer les éléphans de guerre, véritable 5 jir
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mouvantes qui rappellent les guerresdre et les luttes poétiques de l’ancien ^
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Aujourd’hui on ne les emploie guèretransport des bagages et de l’artilleri e > çpavant l’introduction des armes à feu, ^chiuchinois se mettaient en campa? 110 ^leurs éléphans ; et ces nobles bêtes c ° ü * e Ksur des bataillons armés avec un cour»:’roïque et réfléchi. , Ja 1 ’ 5
» Outre les diverses méthodes usil’Inde et à Ceylan pour la chasse des e J y0'les Cochiuchinois en emploient d’auti ^succès. Tantôt, reconnaissant à certai» eS Jji*l’arbre contre lequel l’animal s’app l ’i e P {la nuit, ils le scient presque entière***® pf^le pied, et, quand le soir l’éléphant vie* 1 *^ t |#dre son poste, il perd l’équilibre s° uS $qui cède , tombe et se voit surpris p ar ( Jr ,I, rseur. Alors, lié entre deux femelles <I 11 * Qfi fntent à coups de trempe, il chenuu e ^ (imal gré vers l’écurie qui doit lui ser' ^yd (son. Tantôt, tombé dans une fosse ,iéde brancha ges et de feuilles, le P aC ^ u jsCt ,1<: ^/)dompLé par le jeûne et obéit par C P. ^Alors commence pour le captif une