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VOYAGE PITTORESQUE
doux connue une ballade écossaise , et alors lavoix de ces femmes s’élevait à uu fausset trem-blotant qui n’était pas dépourvu de grâce.Comme la musique en Orient ne marche jamaissans la danse, à chaque reprise des chœurs, lestrois actrices cochinchinoises formaient despasses avec leurs mains et leurs pieds , se po-saient de manière à faire ressortir leurs taillessveltes, combinaient des groupes, se quittaient,se reprenaient, sans que leurs mouvemens ju-rassent une seule fois avec la mesure musicale.
En Cochinchine comme en Chine , ou ne per-çoit aucun prix à l’entrée des théâtres ; l’indus-trie des acteurs s’exploite de deux manières :ou par une espèce de forfait pour une représen-tation dans les domiciles particuliers, ou par unspectacle public sous des hangars dont l’entréeest gratuite : dans ce dernier cas, le salaire descomédiens est laissé à la générosité des specta-teurs , qui jettent sur la scène des pièces demenue monnaie. Comme cette méthode reçut cejour-là même son application, Norberg, enchantédes trois héroïnes de l’opéra eoehmchinois, vou-lut la pratiquer en grand seigneur; il lança quel-ques piastres au milieu des comparses, et faillitprovoquer une émeute de coulisses. Le conflit nes’appaisa que par l’intervention des miliciensau chapeau conique.
C’était assez de fêtes en un jour. Nous rega-gnâmes la jonque , décidés à traverser le len-demain l’isthme étroit qui se prolonge entreTouranne et Fai-Fo. En effet, l’aube pointait àpeine que déjà nous posions le pied sur un ter-rain sablonneux et bien cultivé. Les villagesqui bordent la route avaient un aspect de pro-preté et d’aisance qui provenait sans douteplutôt de la nature du sol que de l’activité deshabitans. Des rizières , des plants de pistachierset de mûriers alternaient avec des champs plusvastes de maïs. L’éducation des vers à soie nousparut être l’une des industries de la contrée;des paniers remplis de cocons se voyaient detemps à autre au seuil de quelques portes.Notre course au milieu des chemins fatigansdura près de cinq heures, au bout desquellesFai-Fo se montra sur notre droite, au fondd’une anse peu profonde. Fai-Fo est un comp-toir chinois qui n’a qu’une seule rue, longue àpeu près d’un quart de lieue ; sa populationpermanente ne s’élève guère qu’à 5,000 habi-tans ; mais, dans la saison des jonques, ce chiffrese double par l’affluence des équipages étrangers.Le sucre et le cinnamome y sont les deux articlesIcourans de l’exportation cochinchinoise.
Les maisons chinoises de Fai-Fo bâties en
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chaux et en briques, et revêtues ensemblent faire honte aux misérables c- .de Touranne. Fai-Fo a plusieurs templ eSnous visitâmes : le plus beau d’entre eu*dédié à la déesse chinoise qui préside au cmerce et à la navigation. Il a été bâti,siècle à peu près , aux frais d’un négocia 111nois qui fit venir de Canton des matéria 11 ;'^des ouvriers. Dans l’intérieur du sanctu* 1 ^un vase immense en 1er, haut de huit p iÊ
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est placé devant un autel, tandis qu aU ^ t e td’une fontaine placée sur le derrière ^jouent une trentaine de tortues de terre. ^ ^aussi à Fai-Fo que nous trouvâmes l’un de 5 P Jjbeaux temples bouddhistes qui soit d» 1 ’ 5 ^,Cochinchine : on y voit une statue de
dlm, qui par la figure et le costume ^du Bouddha chingulais, birman et sianio 15 '^,traits tartares ont fait place, dans cetteaux traits hindous. Cela prouverait-il q lie À'a réellement eu plusieurs Bouddhas, Il0lîJ j ÿ |s'
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nérique appliqué à tous les pontifesteurs; ou bien n’y faut-il voir qu’un fait P
nant des fabricateurs d’idoles, qui, h 111ont reproduit le type hindou , et chi* 10type tartare? j ; /
Fai-Fo n’est pas la capitale de la provi 11 ^^laquelle elle est située. Le gouverneur , jtdans une place fortifiée , F u-Chiam. 4 ^trouve à quelques milles de distance. Pf ^de la province est Chain; elle s’étend J l jla ligne des montagnes qui bordent le ^" |$la baie de Touranne : sa population est eà 50,000 âmes. . ^ 0 , ^
Au retour de cette excursion à F al j t J Éguide chinois qui nous accompagnait 0 ^
nous conduire à l’une des merveilles de ‘trée, aux Montagnes de Marbre , nom s °° oC l) Éf!ambitieux donné à quelques blocs de 1 c 0 ^situés sur le point d’attache de l’isthm e ®. c(1 ^tinent. Nous acceptâmes, et, vers le 111 gf^\jour, surgirent à nos yeux, du sein d ji' fSsablonneuse , cinq masses de marbre ;semblaient à des aiguilles de pyramid eSties. Pour arriver au plus grand de c eS t d 3 !^il fallait fouler un terrain aride, iCi^i
plusieurs endroits d’une poussière bl al1 r 0 js (lante et dure, qui ne provenait pas 10 pla porphyrisation de ces montagnesvolcanisées. Vues de leur base, ces n jse présentaient comme une masse °. s $
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nous gravîmes le roc jusqu’à ce q l ’ cpratiqués dans une large anfracti' 0
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