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VOYAGE PITTORESQUE
veraiu , qui y menait une vie de solitude et de'recueillement.
Pour retourner à bord de la jonque , nousprîmes une pirogue qui stationnait dans l’un'des canaux formés par la rivière de Touraune.'Assis sur des nattes, nous voyions de là se dé-rouler à nos yeux une campagne riche et biencultivée : ici fuyait un champ de cannes à sucre,jà une plantation de maïs, ailleurs un vergerde pistachiers, plus loin une verte et ondoyanterizière. Autour d’habitations qui respiraientl’aisance, des bananiers, des citronniers et des'orangers mariaient leurs fleurs et leurs fruits •l’ananas croissait près de l’arbre qui porte lelombou, fruit rare réservé presque toujours pourles tables royales. Le lombou, qui a la grosseurd’une noix, pend par grappes et ne se mangeque frais : sa peau dure et jaunâtre renfermeune substance blanche, d’un goût délicieux ,comparable à celui du mangoustan. On dit que,pour veiller à ce que ce fruit exquis ne manquejamais aux desserts du souverain, des manda-rins sont chargés d’aller à la tête de quelquessoldats marquer les arbres qui le portent.Dès que l’estampille impériale a été apposée, lepropriétaire n’a non-seulement aucun droit àune indemnité, mais encore il est déclaré res-ponsable jusqu’à la récolte.
Les arbres qui bordaient les canaux que nousparcourions laissaient voir parfois à leur som-met quelques oiseaux-mouches aux ailes de feu,pendant que des légions de singes s’échappaientbruyamment des taillis pour aller se percherplus loin sur une aiguil e de roc. Toute cettecôte semble être le pays des singes , tant ils ypullulent. L’espèce la plus commune a la robed’un gris brillant et la culotte marron.
A quelque distance de là , nous rentrâmesdans la rivière, et, quelques heures après, lapirogue franchissait la barre et faisait routevers notre transport chinois. En longeant lesdunes de la rade, une croix de bois , presquebaignée par le flot, vint frapper notre attention.Nous voulûmes en approcher, et un nom pres-que effacé nous apprit que c’était la tombe dudernier capitaine-général des Philippines , Mar-tinez. Victime d’intrigues de cour , après unevie de dévouement et de longs services , Mar-tinez était mort dans la traversée de Manille enEurope ; il avait laissé à Touranne sa dépouillemortelle. Qui le sait ! peut-être cet homme, enfaisant de grandes actions , avait-il rêvé unepompe funèbre et un splendide mausolée!
Quand nous arrivâmes à bord de la jonque,il était presque nuit ; mais en deux jours nous
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avions vu à peu près tout ce qu’offrai eI1 ^, {curieux le petit poste cochïnchinois et la co 11environnante.
CHAPITRE XXVIII.
APH IÉ '
L’origine desCochinchinois, souvent d cu y
dans les livres, reste encore un fait à con 9et à prouver : toutefois l’hypothèse lationnelle est celle de Barrow , qui en f a,t f »colonie de Chinois obligés de s’exp atrl jjel’époque de l’invasion des Tartares. A l’apP^d*ce dire, il n’invoque pas l’étymologie vici e t j,Cochiiichine, Kotchin-djinna (Chine de 1 oll yappellation de racine japonaise , et passe® £ j,le langage européen ; mais il cite les cou ÿles mœurs, l’écriture , les opinions relifPj.^Cet les cérémonies des Cochinchinois , 111 j êen quels points elles touchent et pourfl 3 y!
d’autres points elles s’éloignent des p ra
territoire disputé.
Ce ne fut pas en effet sans coinb at EgJ 1 ’fuyards purent s’installer dans leur P yê'tuelle. Ils y trouvèrent une peupnombreuse , guerrière comme cefl e
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" w 0 ^ (■Maures ont vaincue dans les Philippine 6 ' [Fdigènes que l’on appelait Moyes défendhsol avec l’énergie du désespoir;
pendant de longues années ; et quanpar la guerre, décimés, écrasés en det alrent obligés d’abandonner le littoralveaux venus , réfugiés sur des chain gS 4 (J
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sibles, devenus féroces à l’égal des ny (les peuplent, ils se perpétuèrent c< ^
épouvantail et un danger chaque j° ^sans. Naguère encore, ces tribus 3
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analogues de la Chine . Barrow explique eI Scomment ces peuplades fugitives ont p^’yleur vie nomade , perdre quelques-unstraits originaires, soit par suite d’une d e » jsration de leur part, soit par le fait d’un P r ° gcftréalisé dans leur patrie primitive.que les traits du visage n’aient plus l e t _J^type
la langue le même vocabulaire cdeux peuples, soit que les habitudes de P^ychinoise jurent avec la hideuse et systér* 13 ^yilsaleté du Cochinchinois , ou bien cnc° re yy ait des distances profondes dans I e9 ^^domestiques, dans le rôle des femmes 'yles lois, dans les préjugés, dans les tra 3 yil ne faut y voir d’après lui que le résid ta yvitable d’une migration forcée, d’unavec les races malaises, d’une existence 69 ii>'et militante, d’un établissement péniU e