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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

le peuple va dans les pagodes adorer Bouddha.Ces pagodes sont loin d’égaler en magnificencecelles de l’Asie occidentale ; les prêtres sontmoins respectés et beaucoup plus rares. On voitque le culte s’éloigne de son foyer. Il y a mêmeparmi les classes inférieures des pratiques stu-pides et indéfinissables; elles adorent de bonset des mauvais génies, comme en Chine , etbrûlent en leur honneur des papiers dorés. Laseule croyance populaire qui élève l’ame est leculte rendu aux mânes des pareils. Le gouver-nement protège cet usage comme un élément demoralisation et de tranquillité.

L’empire anamitique comprenant près dequinze degrés de latitude , le climat y varie sui-vant les zones et leurs accidens. Dans le Kam-bodje et le Tonquin , pays plats et ouverts, lessaisons se règlent comme celles du Bengale ; lasaison pluvieuse commence en juin pour finir enseptembre. Dans la Cochinchine , au contraire,les montagnes, courant nord et sud, arrêtentles nuages brumeux de la mousson du S. O., etintervertissent l’ordre des saisons ; la pluie com-mence en octobre pour finir en mars.

Les produits du sol se modifient suivant leslatitudes, mais les plus abondans et les plusproductifs sont le riz, le maïs, l’igname et lanoix de coco. L’arek, le bétel et le tabac, dontl’usage est général dans la contrée, donnent debelles récoltes. Les fruits les plus estimés sontl’orange et le lichi. La carme à sucre, dont laculture afait des progrès rapides, fournit40,000pikouls pour l’exportation. L’indigo vert oudina-xaag qui ferait à lui seul la richesse d’unpays , le coton , la cannelle , le thé , le poivrenoir , le cardamome , le cinnamome réussissent àsouhait. Les plantations de mûriers blancs ontdéveloppé l’éducation des vers à soie et la fa-brication de quelques étoffes inférieures à cellesde la Chine . Les naturels tirent une bonne nour-riture de quelques plantes salines, telles que lasalicorne, la bacale maritime et la sablinc ; ilsmangent aussi quelques fucacées. Outre le pois-son , leur aliment le plus habituel, ils recherchentdivers mollusques, et surtout les holothuries,connues par les Malais sous le nom de tripans,et par les Portugais sous le nom de bichos domar, mets fort, estimé des peuplades malaises.Les nids de salanganes, ce luxe des Apicius chi-nois, abondent sur toute cette côte anfrac-tueuse.

Les montagnes , outre quelques mines de fer,d’or et d’argent, ont encore leurs belles et pro-fondes forêts, principale richesse du pays. C’est làque l’on trouve les bois de rose, de fer, d’ébène, do

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sapan, de sandal, les bois d’aigle et de cala 111 i„sce dernier surtout, le plus précieux et I echer de tous. C’est dans le Biuh-Kiang fl ue ( p 0 ille bel arbre nommé Aloexylnm verni 11l’on tire cette concrétion résineuse et • ^jstique appelée calambac ou en cochn> eKinan. On fait du papier avec l’écorce 1 ^

arbre. Les forêts fournissent encore des

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tances précieusesélaborée par des fourmis sur leet la gomme de sang-dragon, tirée de parbres, et surtout du Dracœna ferTC a ’ $l’arbre à suif, dont l’huile épaisse et bl' il,jCcoule en chandelles de belle apparence-

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telles que la gomm® •

Croton lac^J ÿ (f

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La zoologie de la Cochinchine co»'P jp

d’espèces qui ne lui soient communespays indiens. Les animaux sauvages y bV-

marquablcs par leur force et par leur " ^

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L’éléphant y atteint une taille colossaley est si dangereux et si redouté que f ti 1affecté une prime de quinze piastres P° itigre mort; le rhinocéros , le léopard *j lC ,/

le cerf, peuplent ces forêts et y régnent-

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maux sont en général l’objet d’uneprofonde parmi les naturels ; ils vont i ne ‘

nn’a nllrilmAT- nnp rtf» rprlnc n le®' .d'

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tances. Ainsi les os de tigre mis en po utvant eux, donnent du courage ; l ad’éléphant de l’intelligence, et la cendre jjf

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nés de cerf de l’agilité. Parmi les aid 11 *mestiques, on compte en Cochinchine '

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le buffle et le cheval. Les cochons, l a ' t jSles canards et les oies, abondent dansbassîs-cours. . (C

La langue la plus usitée dans l’emP ;milique est un idiome monosyllabi<î uC ,* 0 ü f \semble beaucoup au chinois. Sec etd’inflexions, armé de notes guttural®* ’ „f^nonciation le rend presque insaisissable P t ^étranger. Ce n’est d’ailleurs, à propre' 111er, qu’un patois , car dans le Tonqu' n .’ e s ldans la Cochinchine , la langue littclangue chinoise. t éA e ^ i 1

Quelques lignes sur le commerce e * j,lela Cochinchine compléteront cet en* |faits et d’aperçus. 11 ,,

Si Gya-Long eût vécu plus long' teI ^, 5 ^

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doute qu’il ne se fût établi des éch aDabreux et utiles entre les ports deet nos villes maritimes. Mais la p°li u< î rde son successeur, ses défiances P llC U ]csystème de fiscalité ruineuse, ont le' fi - ^^ché cocliinchinois aux armateurs ^ ^

d’Angleterre et du Bengale. Quelq lieS jjt/peine, presque tous de relâche, vie