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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

nous nous engagions dans les bouches duPassig,rivière de Manille, et à la nuit close nous jetionsl’ancre devant l’entrepôt de la douane, vaste ethaut édifice dans lequel se déposent toutes lescargaisons d’entrée (Pl. XXXI— 1).

Le lendemain seulement, nous obtînmes lapermission de débarquer. Une chaloupe du paysnous porta sur le môle de Manille , où Norbergtrouva une petite maison assez sale et fort malmeublée, dont nous devînmes locataires à rai-son de quatre piastres par jour. Improvisant enquelques heures son train et sa domesticité, lebaron eut un cuisinier, un portier , un cocher,un socatero ou palefrenier; il eut une birlochê,voiture du pays, et une espèce de palanquinpour les courses moins longues. On aurait dit,à le voir combiner ainsi pour son usage tous lesraffinemens de la vif» créole , qu’il s’installait àdemeure dans la colonie, tandis que nous avionsà peine quelques jours à y passer. Sans doute, àl’aspect de cette cité demi-européenne, et prèsde se trouver' en contact avec la morgue espa-gnole , le grand seigneur suédois avait senti seréveiller en lui l’instinct aristocratique ; il n’avaitvoulu abdiquer ni son rang, ni sa fortune enface des hidalgos manillais.

Ces préliminaires étaient à peine réglés, quele baron m’entraîna vers notre voiture, a Al-lons voir la ville, me dit-il; ici du moins.on esten pays civilisé.» L’ordre fut donné de marcherau pas dan3 les rues, et chaque fois qu’un objetse présentait digne de curiosité , nous mettionspied à terre pour l’examiner en détail. Au pre-mier coup-d’œil, Manille nous parut assez bienbâtie ; ses rues étaient larges et tirées au cor-deau; ses maisons régulières, quoique d’un stylepitoyable.

Nous visitâmes d’abord l’enceinte des rem-parts. Elle formait un système de défense suffi-sant au-delà pour contenir la population indi-gène, mais incapable de résister au canon euro-péen. Ce n’est pas que depuis la prise de la villeen 17G2, par une escadre anglaise, les Espa-gnols n’aient essayé de se garantir dorénavantd’un semblable coup de main; plusieurs ou-vrages nouveaux ont été dans ce but ajoutésaux redoutes anciennes; on a creusé un fosséautour de la citadelle ; on a agrandi l’arsenal, etdécuplé la garnison espagnole; mais l’esprit sta-tionnaire et apathique des colons se reposecomme fatigué de cet effort; jusqu’à malen-contre nouvelle, il ne se fera plus rien. Lestroupes blanches de Manille consistent en 14ou 1,500 hommes ; aujourd’hui elles ont seulesle privilège d habiter les casernes de la citadelle.

Les bataillons indigènes, qui comptent p

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5,000 hommes sous les armes , viennent ^récemment confinés dans les faubourgs» tde la ligne des ouvrages. De là des jalon 51des haines.

Non loin des casernes de la ville fortifiée s ele palais du capitaine-général, auquel nou 5 ^nâmes un coup-d’œil. C’est un édificemais lourd, massif et bas. Admis à vîsd crtérieur, nous y vîmes des p’èces immense 5 P ^que démeublées ; des apparlemens décores ^goût, garnis de friperies, indignes en 11plus haut dignitaire de l’île. Notre introd , ^nous dit que d’ordinaire le capitainc-g^jjitPiicca-Forle, malade de ses blessures ,dans une maison de plaisance des en"' 1 } tDepuis lors il a été remplacé dans ce p° 5don Ilenrique. ^(1

Yu du dehors, ce palais se liait à u» eplace , dont il formait le quatrième côté, ^jfeposite figurait l’hôtel-de-ville, bâtiment ^ jiiapparence, et sur chacune des autresparallélogramme s’étendait une rangé etâtions. Tout cet ensemble était grave»vieilli et désert : on eût dit une personne 1 ,^ e e!de l’antique noblesse espagnole, toute r 3 ’compassée. Vil 3

Les maisons que nous vîmes n’avaicU t ^ ^étage : leur partie inférieure est en pi cfr tC ii f ’forment un massif de vingt pieds demais au-dessus commence un système d ^pente, à jeu libre et élastique, seule r cS ^ 5du pays contre d’horribles tremble* 11 ^ jje 3terre. L’entrée de ces logemens n’est g u { ' e ftenue, mais autour de l’étage supé ^ ^® uI J»^t^^ ,une galerie, semblable aux verandahs d okiosque quadrangulaire garni de j ; d° cCde nattes somptueuses. C’est à l'omb^^s ®appendices aérés que les créoles, l j0 ' j,-e 51 ( :

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femmes, viennent, après la sieste, s ’ tilc " v . 0 iif ldes coussins et oublier les heures enleurs cigarres. yJ .

De la place du palais, notre condu ctemena aux églises. C’était l’heure ^ U j f5 J’y,divin, et nous entrâmes dans l’ ulie ^grandes, celle de San-Francisco .

0

lecture, cet édifice était une pauvretion. Une nef longue et étroite abo'Jt 1hSl t>édifice terminé en fronton; un

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assises octogones que surmontait unemait l’une des ailes du monument- ^ af ie à 3 ^flancs était un porche destiné sans d 0 ( ÿi e ^tei les fidèles (Pl. XXXI — 2). mnSdu temple, la foule (c’était un && ffgroupait autour d’une chaire. Un 111